mercredi, octobre 15, 2008

Mes impressions post-électorales.

Comme plusieurs d’entre vous, je ne suis satisfait qu’à demi des résultats électoraux. Oui, j’avais prévu revoir un gouvernement conservateur minoritaire mais pas ainsi, renforcé de plusieurs sièges en Ontario et en Colombie-Britannique. Au long de cette soirée, assis devant mes télés (celle de la cuisine et du salon, dépendamment de la réception variable avec les antennes, même pour Radio-Canada…), j’ai vécu quelques émotions, plus souvent négatives que positives.

Tout d’abord, je dois quand même présenter mon point de vue. J’ai voté pour la sixième fois pour le Bloc québécois, depuis que j’ai le droit de vote. Indépendantiste, je n’ai jamais pu me situer dans un pays comme le Canada autrement qu’opposé au fédéralisme tel que pratiqué depuis la Confédération. Du plus loin que je me souvienne, outre la peine que j’ai eu lors de la défaite référendaire de 1980 (j’avais neuf ans), le rapatriement de la Constitution opéré par le gouvernement Trudeau en 1982 a définitivement exclu de mon esprit cette possibilité de me voir en tant que Canadien. L’histoire m’a ensuite appris que cette lutte d’émancipation de ma nation s’inscrit sur la longue durée et que l’adversaire, le gouvernement canadien et ses valets francophones, fait tout en sont pouvoir pour l’écraser. C’est aussi simple que cela.

Dans le contexte où la question nationale n’a pas été tellement évoquée durant cette campagne électorale, mon vote était déjà acquis au Bloc. Comme bien des camarades de Québec solidaire, j’ai été tenté de voter pour le Nouveau parti démocratique (NPD), son programme a des éléments intéressants, mais en somme, le parti est définitivement voué à la centralisation des pouvoirs et l’assujettissement des provinces à des normes nationales définies par l’État central. D’autres ont voté pour le Parti communiste du Canada (PCC), ou encore le Parti marxiste-léniniste du Canada (PMLC). Je reproche au premier son programme figé d’une époque révolue, plus près de la pose que d’un militantisme véritable; quant au second, il s’agit d’un parti politique dont le dogmatisme l’a définitivement relégué à la marge. Je sais que ma critique est courte, mais il a peu à dire de ces partis, tant ils n’ont qu’une présence plus que négligeable sur la scène politique.

J’ai donc voté pour le Bloc et son candidat dans mon comté, Réal Ménard, un homme que j’estime et qui travaille fort pour ses concitoyens. Je l’écris sans tomber dans l’automatisme apparent de la formule, ce politicien mérite son siège, beaucoup plus que d’autres…

…parce que sincèrement, certains élus ne méritent pas du tout leur élection. Non pas que je conteste le fait qu’ils ont été choisi par la majorité des votants de leur comté, mais franchement, ça me fait toujours une drôle d’impression, de savoir qu’un tel a été élu :

Justin Trudeau (Parti libéral) : les gens du comté de Papineau, habitués d’envoyer des libéraux au Parlement, avaient choisi d’envoyer en 2006 madame Viviane Barbot, une ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec. Le choix était intelligent, d’autant plus qu’ils se débarrassaient d’un politicien arrogant et prétentieux, en la personne de Pierre Pettigrew. Peut être qu’ils s’ennuyaient du genre de député-poseur peu habitué à leur quotidien, ils ont donc envoyé un type, le « fils de ». Un individu dont les journaux au Canada anglais ont fait un genre de « prince », comme son père l’a fait en s’affublant d’accoutrements ridicules. Dans le cas du fils, sa petite gueule de star bien « pipole » suffit. Mes habitent qui habitent le comté n’en reviennent pas, si je me fie sur leurs réactions lues sur le site Facebook. Il reste maintenant à savoir s’il apprendra à se la fermer, cette belle petite gueule, pour éviter à son chef (ou à l’éventuel successeur, m’est avis que l’actuel va probablement prendre la porte rapidement…) de se retrouver dans le trouble.

Maxime Bernier (Parti conservateur) : c’était prévisible, les Beaucerons l’ont réélu, leur grand champion. Le politicien le plus insignifiant qu’il m’a été permis de voir au Canada depuis André « le gros » Ouellet va retourner dans une officine très rapidement, du fait de sa large majorité. Quand je l’ai entendu répéter son mantra libertarien à la télévision, au lieu de répondre à la question du journaliste de Radio-Canada, soit « je vais défendre la responsabilité individuelle et la liberté individuelle », je me suis dit qu’on va pas s’ennuyer avec lui. Dans cette période où l’économie chancelante vient de démentir les convictions de ce grand prétentieux, on va bien rire, lorsqu’il tentera de défendre les projets de déréglementations qu’il garde quelque part, dans ses boîtes. Quant aux gens de la Beauce, ce n’est pas surprenant de les voir voter pour ce type. Il n’y a pas plus américanisée au Québec que cette région, fière de son pragmatisme anti-intellectuel et sa soumission à ses entrepreneurs locaux. Le paradis de la PME et des petits chefs…

Envers la Beauce, j’ai imaginé la pire vision, pour ses habitants : deux gars qui s’embrassent en plein centre-ville de Saint-George. Ouf! L’émeute garantie, dans cette région uniformisée au maximum. J’exagère et je beurre épais… mais de longue date, cette région est pour moi la plus refermée sur elle-même, avec une vision rétrograde du monde. Au CEGEP, à Lévis-Lauzon, les Beaucerons vivaient en vase clos, ne se mêlaient pas beaucoup aux autres jeunes des autres régions et avaient une idée fixe : en finir au plus vite avec les études, se trouver une job payante dans leur région, pas loin de papa-maman et de leur gang, pour se caser rapidement. Parce que du travail, il en a dans cette région, du moins pour l’instant…

André Arthur (indépendant) : Portneuf, une région où j’ai passé une grande partie de mon enfance, a choisi à nouveau d’envoyer comme député le pire démagogue que nous avons connu au Québec. Il est quand même juste de rappeler la faible majorité que cet individu a obtenu cette fois-ci, peut être parce qu’il ne fait pas le travail que ces électeurs lui ont demandé. En effet, l’homme au nœud papillon, qui cumule également l’emploi de chauffeur d’autobus et de grand gueule, hormis la commission où les conservateurs (son amitié avec Maxime Bernier l’a sans doute aidé) l’ont nommé, ne fout absolument rien avec son emploi de député. Pire, il s’en est vanté. Peu visible à la Chambre des Commune, où il doit se confondre avec les rideau, il a déjà indiqué qu’il animerait une émission à TQS, où son public d’aigris et de frustrés pourra l’entendre dire ses diffamation et sa haine de la démocratie.

Quand même, je n’ai pas retenu que du négatif. Hier soir, j’ai bien apprécié le fait que les gens de Vaudreuil-Dorion ont choisi Meili Faille du Bloc québécois, plutôt que Michael Fortier, le ministre autoproclamé « de Montréal » dans le cabinet Harper. Après l’avoir vu promener sa caravane avec le panneau des « coûts » du Bloc, une insulte aux électeurs québécois, qu’il ne s’étonne pas de se retrouver toujours sans siège… d’autant plus qu’il a démissionné du Sénat! Idem pour la réélection de Thomas Mulcair, un politicien capable et fort de ses convictions. Ça va peut être en faire sourciller quelques uns, mais je ne suis pas mécontent de la réélection de Denis Coderre. Une autre défaite bien appréciée est celle de Luc Harvey, un des députés conservateurs de la région de Québec, celui-là même qui s’est fait traiter d’imbécile dimanche dernier par Gilles Duceppe. Cet désormais ex-député n’était utile que comme backbencher, ce boulot consistant à gueuler n’importe quoi envers les députés de l’opposition. Sa défaite est bien méritée. Dommage que sa collègue Josée Verner ne l’a pas suivie…

Et puis après…

Il est encore trop tôt pour imaginer des scénarios, dans le contexte de la réélection d’un gouvernement Harper minoritaire. La seule avancée que je fait, c’est que rien ne va changer. Stephen Harper nous a déjà habitué à en prendre large, même en pareille situation. Peut être n’osera-t-il pas aller de l’avant avec des projets de loi trop controversés, malgré la faiblesse de l’autre parti « naturel » de gouvernement.

Il paraît que finalement, nous n’auront pas d’élection cette automne au Québec. Maudite bonne nouvelle! Deux élections de suite, ça aurait été trop pour les électeurs québécois. Dans le contexte de la très faible participation au scrutin, le geste du gouvernement Charest aurait été très imprudent de sa part, même si on le dit gagnant. Et les élections américaines vont prendre toute la place, désormais…


lundi, octobre 13, 2008

Comment ai-je pu les avoir écouté jusqu’au bout?

En deux jours, je suis tombé sur deux exemples bien de chez nous, de cette sous culture de fond de poubelle qui sert de source d'arguments à un nombre malheureusement trop grand d'individus. Ça tombe bien, on est en période électorale et il semblerait que ces interventions devaient servir à supporter le Parti conservateur. Du moins des aspects de leurs politiques.
Le premier extrait est une partie d'une émission du matin de CJMF, une station concurrente de CHOI de Québec, là où a sévi Jeff Filllion. C'est par hasard, sur le blogue de Lawrence que j'ai trouvé cet extrait, il en revenait pas lui non plus. J'avoue que je ne m'attendais pas à une intervention de cette sorte de la part d'un animateur de radio, Sylvain Bouchard, même si celui-ci se fait une émule de Fillion, histoire de se constituer un auditoire important et les profits qui s'en suivent, du moins à Québec...



Sylvain Bouchard, un fasciste qui s'ignore?

L'autre provient d'un type plus connu, Jean-François Plante. Animateur de radio sur Internet, ancien candidat adéquiste qui a été obligé de se retirer, lors des dernières élections, suite à ses commentaires désobligeants envers les victimes de la tuerie de Polytechnique (il prétendait que le souvenir de cet événement sert un complot féministe, quelque chose du genre...) et toujours membre de la commission politique de l'Union nationale créditiste (ADQ). Sans aucun doute, c'est aussi un partisan conservateur, échaudé par le fameux sketch de Michel Rivard, avec Stéphane Rousseau et Benoît Brière. Il s'est senti investi d'une mission, soit de répondre aux « artiss ». Comme vous pourrez l'entendre, sa vision est limitée à celle du marché. Je lui ai laissé un commentaire, pour lui indiquer comment son rôle de bouffon est indispensable... surtout pour nous aider à prouver lorsque des idiots fascistes de sa trempe sont moins visibles, il nous en faut un comme lui pour conserver notre vigilance...

jeudi, octobre 09, 2008

Les économistes, des scientifiques?

L’économie s’est fait passer pour une science pure, mathématique, sur laquelle on pouvait aller jusqu’à prédire les choix des êtres humains, . Sur le site de l’Institut de la Vérité économique révélée (IEDM), c’est le genre de fadaises que l’ont retrouve, sous des dénominations pompeuses de « recherches » et « analyses », comme cette preuve par l’économie sur les choix amoureux, essentiellement motivés par les instincts de profitabilité et mues sous l’inévitable logique du marché, qualifiée de « naturelle ». La brillante recherche de l’actuel président du Conseil du Patronat du Québec, Michel Kelly-Gagnon, en dit long sur l’état d’esprit des ayatollahs de l’économisme, quand c’est le temps de prouver leur infaillibilité. Cet autre texte de Kelly-Gagnon en dit long sur son inénarrable propension à écrire de sinistres imbécilités. Il aurait mieux fallu qu’il étudie l’économie... En effet, cet avocat patronal n’est rien de plus qu’un de ces nombreux idéologues néolibéraux ayant servi longuement à mentir et tromper tout le monde, sur la justesse de leurs analyses…

…et ils n’ont même pas été foutu de voir venir la crise boursière actuelle.

Je me demande si le « grand » Gary Becker, ce prix « Nobel d’économie » qui prétendait pouvoir étendre l’analyse économique à toutes les activités humaines, ne devrait pas se cacher sous un tapis, en attendant que la crise passe. C’est bien beau d’appliquer la grille d’analyse néolibérale à toute forme d’étude, encore faut-il avoir la capacité de prévenir l’éclatement des bulles spéculatives et prévenir les chutes boursières, les mêmes qui affligent non seulement les institutions financières, mais par le fait même des millions d’épargnants à travers le monde. La suprême prétention de Becker et de ses disciples à tout déterminer par l’économie devrait être désignée comme une des causes de cette chute.

En effet, comment expliquer autrement la confiance aveugle et illimitée envers la science économique, devenue pratiquement la seule science humaine, brandie impérieusement par ces économistes des quotidiens, du genre de Claude Picher de la Presse? Des années de conditionnement par de graves types cravatés, sérieux et bien mis, qui viennent vous dire les vérités économiques du genre « déréglementation à tout crin », « privatisation », « efficience naturelle du marché » et autres solutions rétrogrades devenues des « idées pour enrichir le Québec » (comme l’indique l’en-tête de l’IEDM…), ont amené bon nombre d’épargnant à espérer une retraite dorée, en faisant confiance à l’ascension sans fin des courbes de croissance dans le contexte néolibérale. Pour les moins sophistiqués, ils pouvaient se rabattre sur la démagogie de Nathalie Elgrably, dont les insanités publiées dans les journaux de Quebecor l’ont promue au Fraser Institute. N’empêche, je les voir d’avance en train de démontrer, avec toute l’imbécilité dont ils peuvent, que ce sont encore une fois les « entraves » de l’État et la « réglementation étouffante » qui ont permis cette crise…

Pour d’autres, plus perspicace et moins attachés au dogme, ils vont admettre la validité de l’intervention de l’État en temps de crise… comme si l’absence de réglementation n’a justement pas empêché cette sinistre farce qu’est l’éclatement de cette bulle spéculative! Je suis curieux de revoir où Alain Dubuc avait écrit, dans son grand ouvrage de la vérité révélée (« Éloge de la richesse », aux éditions Gesca...), le contraire de ce qu’il prône désormais ces temps-ci, dans son journal. Notre chantre du libéralisme à tout crin des journaux de Gesca/Power Corporation pourrait au moins avoir l’humilité de se rétracter. Je peux toujours espérer…

Pour reprendre une comparaison entendue ailleurs, les économistes du type néolibéral dont nous avons subi les grandes leçons viennent de voir la confiance du public à leur égard baisser à la hauteur des météorologues, bien sûr ceux qui se servent encore des grenouilles avec une échelle, dans un bocal…

Pour rire…

Aller voir cette superbe parodie du débat des chefs, sur le site des Recycleurs. Rigolade garantie…



mercredi, octobre 08, 2008

Si ça peut vous aider à convaincre votre beau-frère de ne pas voter pour les conservateurs…

…j’ai bien apprécié ce texte de la romancière Margaret Atwood, qui s’explique limpidement sur son choix d’appuyer… le Bloc québécois, si elle était au Québec. La dame ne manque pas d’humour et surtout, elle rappelle certains faits concernant la carrière politique pas si lointains de Stephen Harper.

Idem pour cette intervention d’un individu dont je n’ai pas tellement admiré lorsqu’il était actif en politique, le sénateur libéral Serge Joyal. Un monsieur de la haute société, avec quand même un certain franc-parler. Je me souviens qu’il avait déjà rabroué un collègue de son propre part, Donald Jonhston, en le traitant de « Rhodésien de Westmount », pour qualifier ses interventions motivées par les seuls intérêts des anglophones riches de l’ouest de l’île. Cette lettre ouverte est un vibrant plaidoyer envers les arts et une attaque directe contre les partisans acharnés des coupures dans le domaine culturel. Les qualificatifs qu’il emploi pour les décrire sont pertinents, de même que sa démonstration de la logique poussif employée par eux.

Enfin, que dire de ce court vidéo de Bob « Elvis » Gratton, ci-devant partisan de Jean Chrétien, converti au conservatisme harpérien? Le voici venu nous donner avec émotions ses arguments pour élire un gouvernement conservateur majoritaire :



jeudi, octobre 02, 2008

Le lendemain du débat.

J’avais prévu une soirée occupée, hier soir, je n’ai pas été déçu. D’une part, je voulais regarder le débat entre les chefs des cinq principaux partis sur la scène fédérale, tout en passant au scanner des vieilles photos, mon ordinateur étant dans le salon. Mon ami Frefon s’est invité chez moi, suite à sa visite chez le dentiste, afin de passer un peu de son mal sur Stephen Harper. Il n’a pas été déçu.

C’est le sujet du jour, ce sacré débat télévisé des chefs, animé cette fois-ci par Stéphane Bureau. La formule a été très différente, la table et le rapport presque personnel entre les chefs (ça été remarquables, cette interpellation par leur prénom et « l’obligation » de chacun à dire du bien de son voisin de gauche…) m’a fait passer une soirée moins ennuyante que prévu. Mieux encore, voir le chef des conservateurs recevoir les coups des quatre autres, ça m’a fait bien plaisir. Frefon, dont le mal de dent l’avait rendu irritable, sacrait sur le fait du vote majoritairement acquis aux conservateurs dans la région de Québec, Lévis et dans la Beauce. «Cibouére, ils doivent ben le voir, le Harper, quand il ne veut même pas répéter ce qu’il vient de dire en anglais, sur les artistes »… au même moment où ce dernier, revient sur l’appel à la mobilisation lancée lors du gala des Gémeaux, « les robes de gala subventionnées par le gouvernement », avec cet air de gars qui cache mal ses mauvais coups. Je lui ai rappelé que dans notre ancienne région, il n’est pas rare de rencontrer quelqu’un dont le mépris des arts va jusqu’à lui faire dire « ben si ça marche pas pour eux-autres, qu’ils se trouvent une vraie job, câliss de béesses parasites! ».

C’est en effet dans notre ancienne région que ce débat ne devrait rien changer sur les intentions de vote. Même si les sondages indiquent la sortie rapide des adéquistes hors de l’Assemblée nationale pour des raisons précises (positions jugées trop à droite, incompétence des élus, gaffes…), cela n’empêchera pas une répétition des résultats de 2006. On avait parlé à l’époque du « mystère de Québec », chose dont moi et Frefon avions une idée précise. Nous ne sommes pas partis de cette région pour rien, avec l’idée de ne plus revenir y vivre…

Notre assiduité devant le débat a été assez imparfaite, nos commentaires et mon occupation à scanner mes photos nous a fait perdre quelques échanges, mais nous avons quand même remarqué la capacité du chef libéral à se démarquer. Malgré qu’il n’aura pas une carrière politique plus longue que Paul Martin à la tête de son parti, il pourra toujours se souvenir d’avoir bien paru au moins une fois, dans cette campagne… J’ai bien aimé aussi les interventions très pertinentes de Gilles Duceppe, son calme et sa capacité d’argumenter. Il a même été étonnant de voir l’appui que se sont fait les chefs libéral et bloquiste pour contrer leur adversaire conservateur. Ce dernier nous a paru jouer sur un mode programmé d’avance, le sourire en coin indélogeable et un ton de voix d’hypnotiseur. Le problème pour lui a surtout été qu’il n’a pas répondu à la majorité des questions et qu’il n’a pas la décence de regarder ses interlocuteurs en face. Même s’il a tenté de défendre son projet d’assujettir les criminels de quatorze ans aux mêmes peine que les adultes, je ne l’ai pas trouvé pas plus convaincant. J’aimerais vous reproduire l’imitation que Frefon a fait du ton de voix de l’actuel premier ministre, mais par écrit c’est impossible…

Voir Stephen Harper se faire questionner et reprocher comme hier soir, le voir faire face à des critiques pertinentes, ça prouve que non seulement le bilan des conservateurs en deux années et quelques mois de pouvoir n’a pas été brillant, mais donner un autre mandat à ce parti semble risqué, surtout s’il est majoritaire. C’est pourquoi il serait intéressant d’avoir un gouvernement de coalition NPD-PLC, un moindre mal à mon humble avis. C’est un électeur du Bloc québécois qui vous l’écrit!




Après les Rois du bel habit, les Rois du faux toupet?












mardi, septembre 30, 2008

La chute

J’ai envie de conserver les premières pages des journaux d’aujourd’hui. Comme événement, ce n’est pas rien. Imaginez : la pire chute de l’indice Dow Jones depuis la crise de 1987 et on n’a pas tout vu. On nous annonce de façon régulière des faillites de banques et d’institutions en manques de liquidité, malgré leurs actifs. J’ai lu quelque part cette effarante nouvelle, plus de 1 200 milliards de dollars « virtuels » se sont évaporés, comme ça, avec la chute de la valeur des titres. La panique ne s’est pas encore manifestée, les solutions sont apparentes mais encore là, c’est bien un refus de ces moyens suggérés par l’administration de George W. Bush qui a entraîné l’effondrement d’hier et sa suite aujourd’hui.

Le plan de sauvetage de 700 milliards, refusé par le Congrès (et principalement par les élus républicains, ne l’oublions pas), avait pour but d’injecter de l’argent pour renflouer les innombrables créances contractées par les institutions bancaires. De même, l’État américain, en prenant en main les pertes, devient le garant de l’énorme dette contractée par tout le système de crédit. Dans le contexte des coûteuse guerres menées en Irak et en Afghanistan, il est difficile de prévoir comment ça va se terminer, cette énième épisode de crise économique, mais peut être celle-ci va sonner le glas définitif de la financiarisation de l’économie. Mais avant tout, c’est un changement de type idéologique qui doit s’opérer, car la chute des marchés financiers, c’est surtout l’échec définitif de ce qui a constitué le pivot principal du néo-libéralisme, c’est-à-dire le concept du laisser-faire en économie.

Sans aller jusqu’à comparer la situation boursière actuelle avec celle du Krach de 1929, où la surchauffe de l’économie provoquée par la spéculation a causé sa perte, on peut affirmer que la principale responsable de cette crise est la croyance au laisser-faire économique et la « main invisible » du marché. C’est par la déréglementation et l’absence de quelques règles qui auraient pu freiner la croissance de cette bulle spéculative, dont l’éclatement était quand même prévisible, que nous voyons les États-Unis pris dans l’engrenage d’une grave récession. De toute évidence, les dirigeants économiques américains n’ont rien appris des erreurs d’autrefois, a spéculation et le laisser-faire ont eu raison de leur économie, comme autrefois. Préférant le capitalisme de cette époque d’avant 1929, tel que conseillé par les grands « Prix Nobel d’économie » que furent Friedrich von Hayek et Milton Friedman, ces grands patrons se retrouvent à appeler l’aide de l’État américain, avant que tout l’édifice financier s’écroule.

Cette trop longue obstination, pour maintenir cette « religion » du laisser-faire économique comme la norme des marchés financiers, a un rebondissement des plus cocasses. Lorsque les parlementaires américains ont débattu du plan de sauvetage, il s’en est trouvé chez les républicains pour dénoncer son caractère « socialiste ». Ils faisaient probablement écho à un autre excité du Wall Street Journal et d’autres fanatiques du laisser-faire, pour parler des « États socialistes unis d’Amérique ». Encore aujourd’hui, en parcourant brièvement les sites conservateurs, j’ai lu rapidement de longues tirades contre toute forme d’intervention gouvernementale, au nom de l’auto-régulation naturelle des marchés. Quand ils en sont rendu à tenir mordicus à la chute de leur propre système, au nom de l’idéologie… Pour la petite histoire, les élus n’avaient pas cette seule objection envers le plan de l’administration Bush. Il s’est trouvé des représentants, peu importe l’affiliation, qui ont refusé d’entériner ce projet, simplement parce qu’ils l’ont trouvé invendable à leurs électeurs. Pas fous, ils se sont rappelé la date très prochaine de l’échéance électorale. En effet, comment expliquer une dépense colossale pour sauver les entreprises financières, responsables au premier plan de leur propre faillite et celle de leur système?

Il n’en reste pas moins qu’à l’heure où j’écris ces lignes, les bourses semblent récupérer des pertes de la veille, encouragées par la volonté des élus de reprendre l’étude d’un plan de sauvetage « amendé ». Nous verrons bientôt la suite. Une chose est certaine, cette crise constitue le Waterloo du néo-libéralisme.

mardi, septembre 23, 2008

Une stratégie lourde.

C’est ce matin que j’ai appris la voie privilégiée par le Parti conservateur pour contrer la criminalité juvénile. En regardant Stephen Harper faire ses déclarations, chez une famille éprouvée par la mort violente de l’un des siens, je me disais comment cette position très fortement influencée par la droite américaine va conforter les purs et durs de sa base électorale, tout en divisant ses opposants sur la nuance à apporter à un tel changement de régime. Ce côté père-la-vertu qu’a cherché Harper à reproduire hier dans le salon de cette famille est celui du politicien irréprochable, dont les idées ne peuvent être autrement que raisonnables. On s’en doute bien, cette annonce du durcissement extrême des lois contre la criminalité juvénile a créé des remous, mais Harper va en faire le symbole de ses politiques sociales. Avec son entêtement, il va chercher à démontrer les différences de perception des autres partis, pour se faire du capital politique, du type « J’assure plus, regarder mes concurrents! Pas foutu d’avoir une vision commune contre la mienne! ».

Cette campagne électorale va marquer un tournant, dans la démocratie canadienne. D’une part, le Parti conservateur a mené ses activités comme s’il s’agissait d’un produit à vendre, dans le véritable sens du terme. On voit que ses stratèges on cherché à rassembler divers électorats au demeurant disparate, autant par leurs différence sociales, culturelles que régionales, mais finalement intéressés aux même vues que défendent Stephen Harper et ses candidats. C’est la même technique employé par le Parti républicain aux États-Unis, lors des deux précédentes élections présidentielles. Sous la même étiquette, les stratèges ont réussi à séduire l’électorat chrétien évangéliste et l’amener à partager la même vision que celle des libertariens épris du capitalisme pur, le grand patronat avec les classes moyennes banlieusardes, la bourgeoisie de couleur avec les cols bleus des régions en difficulté économique. Cet amalgame a tenu assez longtemps pour permettre à l’administration Bush II à faire pratiquement ce qu’elle a voulu faire, jusqu’à la limite que les lois pouvaient lui permettent. Il en a été de même avec Brian Mulroney et les progressistes conservateurs, entre 1984 et 1993, quand son équipe a coalisé les électeurs de l’ouest et les nationalistes québécois. Harper et son équipe est en train de créer cette coalition d’électeurs, favorables à une seule ou plusieurs de leurs politiques, selon l’exemple républicain.

D’autre part, je n’ai jamais vu une campagne aussi négative et je ne me souviens pas avoir entendu autant d’électeurs écrire en mal de l’un ou de l’autre. C’est peut être l’effet déformant d’Internet, où n’importe qui peut écrire sa réflexion ou son délire un peu partout. Actuellement, mon constat est qu’un grand nombre d’électeurs s’affichant comme partisans du Parti conservateur s’en prend violemment à des adversaires désignés, allant jusqu’à se dissocier complètement d’eux. Ils ne reconnaissent en rien chez ces adversaires une quelconque communauté d’intérêt. Je le remarque surtout dans les réactions envers les artistes et ceux qui protestent contre les coupures dans les subventions à la culture. Non seulement ces partisans conservateurs appuient sans réserve ces coupures, ils vont jusqu’à exiger la fin de toute subvention à l’art, en qualifiant les artistes de parasites. Pour l’avoir lu très (trop) souvent ces derniers jours dans les pages virtuelles de la Cyberpresse et du Devoir, je me demande si ce ressac « anti-artistique » ne va pas trop loin. À l’instar de Patrick Lagacé de la Presse, qui il a qualifié de «
barbares » ceux dont les dérapages dans les commentaires de son blogue les amènent à crier leur haine contre toute forme de culture, je suis aussi inquiet. Encore aujourd’hui, Stephen Harper en rajoute, comme s’il fallait ameuter davantage les plus exaltés de ses partisans.

Comme ça s’est passé pour l’Union nationale créditiste (ADQ), la base électorale va se radicaliser, en comparaison avec les élus. Dans le contexte où le Parti conservateur risque de former un gouvernement majoritaire, il sera intéressant de voir comment se concrétisera les attentes de ces électeurs. C’est peut être à ce moment que nous verrons la réalité rattraper ce gouvernement…

Pour une pub négative…

J’ai resté un peu saisi, quand j’ai vu cette pub ce matin, sur la page de MétéoMédia…




Il faut dire que le NPD charge à fond de train contre les conservateurs de Harper, allant jusqu’à les amalgamer aux républicains appuyant encore George W. Bush… ce n’est pas moi qui va blâmer les stratèges du parti!


vendredi, septembre 19, 2008

Quand certains votent contre votre existence!

C’est peut être un effet du blues qui m’habite, quand l’automne arrive et qu’enfin je peux dormir sous mes drap. Ou encore la déception envers mes concitoyens, lorsque je lis et j’entends des commentaires imbéciles sur l’actualité politique. Finalement, c’est la seconde raison qui l’emporte. Encore heureux que je n’habite plus à Lévis, j’en serais déjà à soigner un ulcère d’estomac, en sachant que le mollusque député conservateur du coin va être facilement élu. Déjà que les électeurs de Portneuf, la région où j’ai passé mon enfance, va réélire le démagogue André Arthur.

Ces commentaires, ce sont surtout ceux de la catégorie des gens dont j’apprécie le moins la présence et surtout les opinions. Règle générale, je peux comprendre facilement les points de vue contraire aux miens, surtout s’ils sont appuyés par des faits ou des exemples. Mais quand il s’agit d’opinions forgées dans les préjugés, ça ne passe pas. Évidemment, les commentaires racistes, sexistes, homophobes, haineux, je ne les supporte plus, tant je les trouve nuls et sans objectifs autre que de nuire. Ce n’est pas de la politique quand on exprime sa volonté d’exclure une partie de la population, par ignorance ou par des craintes injustifiées. Le raciste, quand il propose de freiner l’immigration parce qu’il trouve que des « races », il y en a trop, n’a pas exprimé quelque chose de constructif, loin de là. Idem pour celui dont le droit à l’avortement devrait être supprimé, simplement parce qu’il s’appuie sur quelques faits. De même, je ne suis pas plus entiché d’entendre des extrémistes de gauche, tels que ces gens du Parti communiste révolutionnaire, dont la pureté idéologique leur commande de boycotter les élections par souci de ne pas participer à un exercice démocratique avec la bourgeoisie. C’est pourquoi ils vont qualifier les progressistes du NPD, du Parti vert ou de Québec solidaire de « gauche caviar »… c’est un peu court.

En fait, la chose la plus détestable qui réuni ces soi-disant points de vue politiques, c’est la volonté d’exclure un groupe de la société. Depuis le déclenchement des élections fédérales, je n’ai pas eu une seule journée où j’ai lu ou entendu une déclaration ou il était manifeste que l’on exprimait une idée d’exclusion. Ce n’est pas souvent dans la bouche des candidats, mais plus souvent des partisans politiques. L’opinion qui s’est fait entendre le plus depuis le 8 septembre, c’est celle qui appui les coupures dans les subventions aux arts. Que d’âneries j’ai pu entendre, de la part de gens dont le principal motif et de voter « contre ». Ainsi, ces électeurs voteront pour les conservateurs, parce qu’ils ont apprécié cette décision. Que de fiel versé contre les « béesses » que sont les artistes, perçus comme étant des riches gâtés qui en veulent toujours plus. On n’a qu’à observer les réactions, le lendemain du Gala des Gémeaux, où ces braves électeurs ne connaissent d’artistes que les vedettes de la télévision et du cinéma, venus à cet événement en tuxedo et en robe de cocktail. Quand on sait que certains comédiens ne gagnent qu’entre 15 000 et 20 000 dollars par année, les obligeant à vivre sur la brèche longtemps avant d’avoir des rôles régulièrement, ou encore les différents créateurs qui doivent cumuler plusieurs emplois pour arriver à joindre les deux bouts, je ne vois pas qui peu bien « profiter du système »…

La meilleure réplique lue récemment est un commentaire sur le blog de Patrice Lagacé. L’auteur se targue d’être une « tata du gros bon sens », cette tribu terrible dont le principal leitmotiv est d’exprimer sa hargne contre tout ce qui leur apparaît comme contraire au sens commun (être propriétaire, se croire d’une classe moyenne, avoir des enfants, habiter en banlieue, être propre, regarder la télévision, se coucher pas trop tard, aimer Céline Dion…bref n’importe quoi qualifié de « normal »). L’an dernier, on a eu droit à de magnifiques exemples de cette pensée de haute voltige, de la part des partisans de l’Union nationale créditiste (ADQ). Maintenant, il faut croire que la tribu terrible va probablement voter bruyamment pour les Tories, au nom du gros bon sens. La dénommée Supermario nous a donné cette perle, qui exprime une connaissance aigue de la politique et des affaires publics :

supermario

Le Jeudi 18 Septembre 2008

Moi je fais partie de ces tatas du gros bon sens et j’en suis fière. Je suis Québecois-canadien-français de souche et je rêve de passer à autre chose…

Les conservateurs sont peut-être les seules à l’avoir compris, bien des Québecois en ont assez des débats OUI-NON et de la gauche. Leur solution : régler le problème à la source en coupant l’aide aux artistes qui militent pour la gauche en général.

Ces gauchistes paralysent notre système, les priver de subvention est un bon moyen pour empêcher la propagande socialiste qui nous guide tout droit vers des problèmes économiques.
(C’est moi qui souligne.)

Pour ce qui est des libéraux comme Mme.Forget et M.Hamad, bien il essaie simplement de se faire passer pour des « sauveur-eniste » qui défendent les intérets de la nation. Ils veulent aller chercher le vote des brebis égarés du PQ tout simplement.

Quand je lis des commentaires semblables, je me demande toujours si j’ai manqué quelque chose. Québec solidaire est pratiquement le seul parti de gauche (il y a aussi le Parti marxiste-léniniste du Québec, mais loin derrière, très loin…), il rassemble de 3 à 8% des voix dans les sondages mais aux yeux de cette tribu, c’est ce parti qui dirige le Québec! À moins que nous sommes dans une république populaire ou socialiste et que personne me l’ait dit! Tiens, pourquoi pas, la tribu considère tous ceux en dehors de l’ADQ et du Parti conservateur, comme tous des gauchistes! Ah, si c’étais vrai!

En somme, ces gens plastronnent de voter contre tel pou tel groupe et vont jusqu’à nier un droit de parole à ces ennemis désignés, comme s’il s’agissait de créatures nuisibles. Dans l’immode film adéquiste « L’Illusion Tranquille », de Johanne Marcotte, c’est justement la stratégie recherchée : monter des citoyens en grand nombre contre « l’autre » (les syndicalistes, les gens de gauche, le Parti québécois. les souverainistes, les fonctionnaires, les sociaux-démocrates), dont on semble avoir oublié qu’il s’agit d’êtres humains et non de cancrelats*. Cette stratégie semble être utilisée encore à cette élection et elle m’apparaît symptomatique d’un grand malaise. Personnellement, je serais tenté d’y voir une résurgence d’un conflit entre classes sociales, mais il est possible qu’il s’agisse d’un échec plus important, soit l’affirmation de vouloir vivre ensemble. Cette mentalité d’assiégé affirmée haut et fort par la tribu exclusiviste m’apparaît indigne et me fait craindre les pires débordements.


*J’utilise le terme « cancrelat », car le sous-entendu historique m’apparaît très lourd de sens…

mercredi, septembre 10, 2008

Ça promet!



Beau début de campagne électorale, n’est-ce pas? L’histoire de la mauvaise caricature, utilisée par le Parti conservateur pour illustrer le mépris que ses stratèges nourrissent envers Stéphane Dion, ne va certainement pas hanter Stephen Harper très longtemps, mais quand même, j’ai bien aimé le voir s’excuser publiquement. J’ignore si celui qui a eu cette brillante idée a été viré, mais il est certain que désormais, Harper va être obligé de garder un œil sur tout le monde, y compris ses candidats. Déjà, une de ses candidates s’est retirée pour avoir dissimulé deux condamnations pour des crimes. On apprenait également la présence de la représentante de l’Opus Dei parmi les candidats conservateurs du Québec. De même, Ricardo Lopez, un ancien député conservateur de l’époque Mulroney, puis candidat de l’Alliance canadienne en 2000, se présente sous la bannière libérale dans le comté de Beauharnois-Salaberry. Si les officiers du PLC avaient été un peu plus regardants, ils auraient appris de bien belles choses sur le passé de leur candidat. Idem pour le candidat libéral dans le comté de Québec-Est, Simon Bédard. Retraité de la radio, il avait eu ces belles remarques envers les Mohawks, du l’été 1990 :

À l’époque, les commentaires de Simon Bédard avaient soulevé une controverse et certains de ses propos avaient même fait l’objet d’une étude de l’Université Laval. «Tu rentres là avec l’armée pis tu nettoies tout ça. Cinquante morts, 100 morts, 125 morts, ça vient de s’éteindre. On enterrera ça pis on continue à vivre», avait-il soutenu.

En plus, s’il est élu, il tient à achaler son chef pour arriver à ses fins. On lui souhaite bonne chance. Dans ce comté, on retrouve ce qui reste d’artiste et d’étudiants progressistes à Québec. C’est le seul comté de la ville qui n’a pas passé sous la coupe conservatrice en 2006.

Verra-t-on une répétition des « Rois de l’habit »? L’an dernier, les rares choses qui me réjouissaient durant les élections provinciales étaient les déclarations et les gaffes des candidats adéquistes, tous photographiés avec des complets presque semblables…




Je vous reviens avec d’autres histoires sur Carcass les prochains jours!





lundi, septembre 08, 2008

Voir Carcass et puis... attendre GBH qui s'en vient dimanche prochain!

Il fallait que je m’en attende, un lendemain de spectacle… je suis fatigué! Une soirée à hurler mon appréciation, comme mes centaines de camarades devant la scène du Medley, à voir nos groupes préférés. J’étais là pour Carcass, bien sûr. Mais il y avait aussi des vétérans de la scène death, de Suffocation, de même que les black métalleux de 1349 et la machine Aborted… il y avait aussi Rotten Sound, mais on a trouvé le tour d’arriver trop tard pour le show.

J’ai trouvé la formule, pour exprimer mon appréciation du spectacle. Je me suis bien vanté d’avoir vu Carcass en 1992, désormais je pourrai me targuer d’avoir été là en 2008. Nul doute, la performance du groupe a été au-delà de ce à quoi je m’attendais, malgré le fait que je suis allé voir plusieurs fois les extraits de spectacles de cette tournée sur Youtube.

Parlant de Youtube, je me doutais bien de retrouver un extrait du spectacle… ceci est l’intro et la première pièce. C’est précisément la vue que j’avais de la scène, j’étais un peu plus à l’arrière de la personne qui a pris ces images. Évidemment, c’est plutôt rare d’avoir un son de bonne qualité, dans ces circonstances où l’on utilise une petite caméra personnelle… mais quand même, Ça démontre ce que j’ai pu voir, avec mes amis.




De mon côté, j’ai tenté de prendre quelques photos mais je devrai apprendre davantage à me servir de ma caméra, avant de répéter l’aventure…






dimanche, septembre 07, 2008

À demain! Ce soir c'est le show de Carcass...

...et je vous en reparlerai, c'est certain! À+!

vendredi, septembre 05, 2008

Ah les cons!

Je tiens à poursuivre mes impressions sur le groupe Carcass mais avant, j’aimerais revenir sur cette nouvelle, apparue hier.

Il est compréhensible qu’une personnalité publique ait à cœur un projet d’envergure, de même il est tout à fait normal de disposer de sa propriété comme on l’entend, selon les règles de la collectivité. Le projet de Pierre Garand, mieux connu sous le nom de Garou, est à mon avis un projet insensé auquel il faut s’opposer. Bien qu’il s’agisse à première vue d’une esquisse et qu’il ne semble pas avoir un plan concret, il faut faire savoir à cet individu que la santé ne concerne pas une partie de la population mais son ensemble. Le chanteur semble avoir oublié que la santé n’est pas un bien consommable, disposée à être jumelée avec d’autres entreprises commerciales comme un restaurant luxueux ou un hôtel quatre étoiles. Profiter des incertitudes autour du projet du CHUM comme il l’a fait, c’est faire preuve d’une irresponsabilité sociale, dans la mesure où il sous-entend que son projet devra obligatoirement être jumelé avec la construction du nouveau centre hospitalier universitaire. Ainsi, il peut sous-entendre que son projet dépend des décisions du Ministère de la Santé et des instances administratives du CHUM, de façon à pouvoir les blâmer, si son projet apparent de jumelage est écarté. Rappelez-vous le projet du casino au Bassin Peel et les jérémiades en sa faveur. J’entends déjà les meneurs de claques pourfendent « l’immobilisme » dans la Presse et les autres journaux de Gesca et Quebecor…



Pierre Garand, mieux connu sous un autre nom


De plus, la perte d’une autre salle de spectacle en si peu de temps me dérange plus personnellement. Je ne pense pas que nous allons retrouver des milliers de défenseurs du Medley, même si on ouvre une page sur Facebook en sa faveur. Mais quand même, Garand avait acheté le Medley un peu par nostalgie mais celle-ci se tasse vite, pour le (gros) profit bien personnel. Voir érigé une autre foutue tour, pour accompagner sa clinique de riches, ça me dégoûte. Encore là, il va en avoir pour se réjouir de la perte d’une salle de spectacles où se réunissent des pouilleux et des drogués pour écouter leur musique de sauvage…

Et puis l’autre…

J’ai été un peu attristé de savoir que l’Abbé Raymond Gravel va retourner à son sacerdoce à temps plein. Voilà un homme politique dont on ne pouvait se passer à Ottawa, mais le Vatican a préféré l’entendre autrement. Il se trouve que des catholiques conservateurs, peu entichés de voir un prêtre moderne siéger à la Chambre des Commune avec des séparatistes, se sont plaint aux autorités ecclésiastiques. L’un d’entre eux est ce sinistre individu ayant organisé un congrès pro-vie en 2005 à Montréal, l’intellectuel d’extrême-droite Luc Gagnon. Sinistre, de par ses écrits dans la revue Égards, où il exprime des idées d’un autre siècle, aux côtés de personnes tout aussi peu recommandables, cet individu aux revenus de sources douteuses se permet de jeter son fiel sur ses contemporains, bien à l’abri de son appartement/bibliothèque, loin de la futilité de l’effort et de la survie de ses semblables.

J’ai les tartuffes en horreur, peut être parce que dans mon histoire récente j’ai agi comme eux. Je crois m’être rattrapé depuis mais pour la plupart, comme ce Gagnon, la seule lecture du premier chapitre de ses textes me ramène la bile aux lèvres. Quand je l’ai vu l’autre soir au Téléjournal, la mine réjouie devant le retrait de l’abbé Gravel, se vanter d’avoir prévenu Rome des agissements de ce prêtre ayant appuyé la nomination d’Henry Morgenthaler à l’Ordre du Canada, je n’ai pu m’empêcher de lâcher quelques épithètes...


Luc Gagnon, jeune réactionnaire cloîtré

Je considère Gagnon comme un tartuffe, non seulement pour ses écrits et son mode de vie calqué sur ses idoles, mais aussi sur quelques informations de première main, sur sa façon bien à lui de faire des approches à la gent féminine. Sans vouloir aller plus loin dans ce qui peut apparaître comme un ragot, je ne peut passer sous silence que la misogynie apparente du monsieur provient de ses insuccès suite à ses approches disons fort peu appropriées…

Carcass, la suite

J’ai fait une petite erreur, en plaçant la vidéo de Carcass à la fin de mon texte. J’ai ainsi devancé le fait que le groupe a fait paraître un vidéo-clip, mais seulement à l’album suivant, intitulé Necroticism- Descanting The Insalubrious. À partir de cet album s’est ajouté l’apport de Michael Amott comme second guitariste, de même Jeff Walker chante la plupart des chansons, jusqu'alors partagées en lui et Bill Steer. Cet album, à sa sortie, marque également un autre tournant. On sent que le groupe veut délaisser le côté grindcore, pour un son beaucoup plus travaillé. À l’époque, je suis resté surpris d’entendre des amis peu familiers avec la musique du groupe affirmer qu’ils aiment bien l’album, si ce n’étais de la voix grave et rauque de Walker, qui fait très bien dans le monde du death metal mais encore peu courante en dehors de la scène.

C’est vers cette période des années 1991-1992 que le band a acquis sa réputation de maturité. Les chansons sont encore construis dans un langage médical, mais on a délaissé le côté repoussant des pochettes :

Carcass a également fait paraître un mini album, Tools of the Trade, dans lequel le groupe reprend des pièces du premier album, dans une optique et un son nettement différents. On retrouvera ces pièces sur une compilation qui paraîtra à la séparation du groupe.

Il y a seize ans bientôt, je suis allé voir Carcass en spectacle pour une seule fois jusqu’à maintenant. Imaginez l’affiche : la tournée, intitulée « The Hangman’s Ball », rassemble outre Carcass, Napalm Death en tête d’affiche, Cathedral et Brutal Truth. Ce fut un des spectacles les plus mémorables de ma vie. Ça explique la fébrilité qui m’habite…

à suivre...

jeudi, septembre 04, 2008

Carcass s'en vient!

Mine de rien, l’événement de dimanche prochain au Medley va en être un d’envergure pour moi et tous les métalleux de la vieille garde des années 90, voire tous les autres! C’est probablement un moment inespéré qui va se produire, que je n’imaginais même pas dans mes rêves les plus fous. Un des groupes m’étant le plus familier, dont j’ai acheté le premier album en vinyle (c’est bien pour dire que ça date de loin!) revient d’entre les morts, pour remettre ça avec ses fans. Carcass, dont j’évoquais le passage prochain dans ma dernière chronique, est peut être un groupe dont peu de gens en dehors de la scène métal ont entendu parler. Pourtant, son influence est manifeste, surtout avec la nouvelle vague de groupe de la variante brutale du death metal, de même que les fans de grindcore, toujours aussi nombreux.

La première fois que j’en ai entendu, c’est justement à l’achat de ce premier album l’année de sa parution (en 1988…ben oui!), intitulé Reek of Putrefaction. En voyant la pochette, on s’attend effectivement à entendre du bruit : constituée de photos découpées de cadavres humains victimes d’accidents ou autre mort violente, elle n’a pas été reproduite lorsque l’album est paru en format CD, tant elle est franchement dégueulasse.




Et les titres! Alors là, comme les paroles, ils sont sortis tout droit de l’encyclopédie médicale. Des chansons au titre aussi évocateur que Manifestation of Verrucose Urethra ou encore Pungent Excruciation, avec ce son lourd et les blast beats répétitifs vont donner le ton du groupe. Pour la plupart, ce groupe sera perçu comme une plaisanterie, de par la pochette et la faiblesse de la production de l’enregistrement mais pour d’autres (dont moi), ce groupe ne pouvait faire autrement que de persister. Au sein du trio original, avec Jeff Walker (basse, vocal) et Ken Owen (batterie), on retrouve Bill Steers, qui à l’époque était également dans un de mes groupes-cultes, Napalm Death. Ce dernier m’a énormément influencé, même à leur début, mon enthousiasme pour d’autres groupes du même genre a été instantané.


Steer, Walker et Owen, il y a près de vingt ans de cela...

L’album suivant, intitulé Symphonies of Sickness, va reprendre les mêmes thèmes médico-légaux, avec une pochette aussi violente. Cette fois, on remarque une amélioration exponentielle de la production et du savoir-faire des membres du groupe. C’est aussi l’époque du premier vidéo-clip…




À suivre...

mercredi, septembre 03, 2008

De retour au boulot.

Après ces six derniers jours, qui ont constitué l’ensemble de mes vacances d’été de cette année, je reprends le collier. C’est difficile un peu, compte tenu du fait qu’hier matin je ramais sur le fleuve St-Laurent, juste devant la maison de mes parents. Mon père s’est fait un plaisir de me faire partager son nouveau passe-temps, comme on peut le voir sur cette photo…



J’ai eu beaucoup de chance. Non seulement il a fait un temps magnifique, on n’a pas eu du tout de vent et le fleuve a été aussi calme qu’un lac. On a ainsi pu profiter de ces instants rares. Mon père m’appelle pour rire « son Bidou », comme le personnage de Bidou Laloge dans les Belles Histoires des Pays d’en haut, alors on voit bien ici comment le « Père Laloge » a bien aimé faire du canot avec son Bidou…

Pendant ce temps, au sud de la frontière…

Comme plusieurs autres au Québec, je m’intéresse de près à l’élection présidentielle américaine. Durant la fin de semaine, j’ai eu le temps de lire quelques extraits du discours de Barack Obama, prononcé vendredi passé à la foule de délégués à convention du Parti démocrate. Je dois admettre mon enchantement lorsque j’ai lu des extraits, sous la plume de Jean-Simon Gagné, du journal Le Soleil. Je vous les cite :

«Depuis deux décennies (John McCain, le candidat républicain) souscrit à la même vieille philosophie discréditée, qui veut qu’on donne de plus en plus à ceux qui possèdent le plus, en espérant que leur prospérité rejaillisse sur les autres, a tonné Barack Obama(...)»

«Vous n’avez pas de travail? Ils vous souhaitent bonne chance, a-t-il ironisé. Vous n’avez pas d’assurance maladie? Ils vous disent que le marché va s’en occuper. Vous êtes nés pauvres? Alors ils vous suggèrent de chausser vos bottes pour vous sortir du trou — même quand vous n’avez pas de bottes. Débrouillez-vous tout seul.»

Je n’aurais su mieux dire, sur ce grand mensonge qu’est la théorie bien capitaliste et néolibérale selon laquelle la totale liberté des entrepreneurs pour accroître leur richesse ne peut que profiter aux plus pauvres. Un peu comme les miettes tombant d’une table surchargée de victuailles, mais dont seuls quelques-uns ont accès, mais permettent cependant que les autres puissent quand même prendre ce qu’il tombe des assiettes…

Les républicains ont eu raison de s’en prendre à Barack Obama en tant que « candidat le plus à gauche depuis longtemps ». Je ne me souviens pas d’avoir lu chez les autres candidats et présidents démocrates une si juste remarque sur les problèmes des gens ordinaires aux États-unis. Si Obama promet un changement de cap, il faudra quand même maintenir cette vision d’ensemble de ce qui ne tourne pas rond. Le nombre effarant de sans-abris, que viennent gonfler les soldats revenant d’Irak, le nombre aussi incroyable de « working poors », ceux dont le salaire demeure sous la le seuil de la pauvreté, le nombre scandaleux de personnes âgées qui travaillent à 70 ou à 75 ans, peinant à ramasser les caddies dans les stationnements, pour éviter de sombrer dans la misère…

Devant un candidat semblant comprendre ce qu’il se passe dans son pays mais a le défaut de mal comprendre les « enjeux internationaux » comme on lui a reproché (nous savons bien que l’administration Bush maîtrisait également ces dits enjeux…), John McCain et le Parti républicain on trouvé la personne idéale pour ramener les projecteurs sur eux et la faveur des électeurs potentiels. Une femme comme colistière, voilà la solution! Les électrices démocrates, déçues de ne pouvoir compter sur la présence d’Hillary Clinton aux côtés du candidat Obama, pourront se rabattre sur la présence de Sarah Palin, la gouverneure de l’Alaska. Tout un calcul! Avec cette nomination, les démocrates allaient en baver…

Depuis l’arrivée de cette illustre inconnue, on dirait que les médias se font plaisir. Enfin un véritable faux pas d’un des deux candidats. Ce n’est pas d’hier qu’un colistier de candidat à la présidence américaine apparaît comme le maillon faible de la campagne de son parti. Dans ce cas-ci, on a l’impression que les Républicains l’ont inventé, pour volontairement saboter leur campagne. Imaginez le tableau : la candidate républicaine à la vice-présidence n’est rien de moins qu’une conservatrice pure et dure, citant les Saintes Écritures et barrant l’accès à l’éducation ***uelle à l’école et se retrouve dans l’eau chaude dès les premiers instants où elle a accepté le rôle de colistière. On ne va pas s’ennuyer, cet automne…

Il est quand même remarquable de voir le Parti républicain s’embarrasser ainsi d’une candidature d’une personne aussi à droite, après avoir choisi une personnalité plutôt au centre. Madame Palin a sûrement des qualités, peut être fait-elle des discours vibrant envers son pays, mais d’après son parcours politique, il est pas mal plus tortueux que ces candidats à la vice-présidence vus précédemment. Je pense à ce Spiro Agnew, ci-devant colistier de Richard Nixon en 1972, dont le caractère ultraconservateur vouait à être perçu comme un dinosaure… non seulement il a mal paru comme VP avec Nixon (il fallait le faire!), mais il s’est fait prendre pour malversation financière et a du démissionner en cours de mandat. Peut-être verrons-nous une répétition de la candidature de Dan Quayle, en 1992? Ce dernier s’est mis à accumuler les gaffes, dont la célèbre erreur qu’il a faite dans une classe de primaire, au tableau noir, en écrivant le mot « patate » au pluriel. Quant à madame Palin, outre l’histoire de sa fille près de devenir mère adolescente, sa courte expérience à la tête de l’Alaska ne semble pas très reluisante.

Finalement, les Républicains semble tenter de rassembler cette coalition centre-droit/ extrême-droite qui leur a permis de conserver la présidence pendant les deux premiers mandats du millénaire. Cette fois-ci, il leur faudra plus que la démolition en règle des démocrates pour arriver à leurs fins, comme ils ont réussi à le faire en 2004.


En passant…

C’est officiel : nous irons voir le show de Carcass dimanche prochain! Le bonheur est à nos portes!

mardi, août 26, 2008

Mensonge par omission.

Dans l’éditorial d’Alain Dubuc de la Presse d’aujourd’hui, on y retrouve un bel exemple de manipulation des faits. L’idée générale que dépeint Dubuc, dans l’affaire de la contamination de viandes produites dans un des abattoirs de la compagnie Maple Leaf, c’est de ne pas sauter à la conclusion que l’entreprise privée doit être surveillée plus étroitement, quand il s’agit de production alimentaire. L’argument soutenant cette thèse est que les entreprises, au nom de la maximisation des profits, tentent de réduire au minimum les coûts reliés à la sécurité de la production. Personnellement, je souscris à cette thèse, malgré le fait que l'on puisse m'opposer sur le mécanisme du marché sanctionnant un manquement de rigueur de la part d’une entreprise. Dubuc continue en laissant entendre que dans le secteur public, on peut également retrouver des cas où il y a une absence de contrôle de l’hygiène peu survenir, entraînant des conséquences funestes. Il a cru bon de citer en exemple l’affaire de la contamination de certains hôpitaux par la bactérie E. Coli., causée par peu de contrôle sur la qualité du ménage. Son exemple s’est voulu plutôt fort, mais il a omis d’expliquer les raisons de l’apparition de cette bactérie dans les institutions de santé.

Dubuc et consort, au sein des médias privés, ont été les chantres de la réduction de la dette et de la restriction des dépenses gouvernementales, le déficit zéro, etc. On imagine bien que le gouvernement auquel ils ont contribué à l’élection en 2003, une fois en place, a sabré dans tous les budgets, y compris celui de la santé. Les hôpitaux on dû faire face au problème en employant les moyens immédiats en coupant dans les dépenses. Par le biais de la sous-traitance, permise désormais par l’abrogation des articles du Code du travail prévus à cet effet, l’entretien ménager dans plusieurs institutions sont désormais le lot d’employés d’agence ou de firmes privées, travaillant à des salaires bas et sans protection sociale. Ces emplois, devenus peu attrayant chez ces agences, sont occupés par des personnes ne s’attendant pas à rester très longtemps chez ces employeurs. En plus du roulement important de personnel dans ce type d’emploi, ces agences ne placent pas toujours les mêmes personnes au même endroit. De plus, dans le même contexte de la maximisation des profits, ces PME de l’entretien ménager ne sont pas des plus regardantes sur la qualité des produits utilisés pour l’entretien, quand c’est le temps d’évaluer les coûts versus les profits.

Ainsi, des employés à statut précaire, maigrement payés, appelés à se déplacer d’un lieu de travail à l’autre, n’ayant aucun incitatif à rester longtemps à l’emploi pour ces entreprises et utilisant un matériel plus ou moins adéquat pour effectuer un travail de désinfection, on s’attend à ce qu’il réalise un travail demandant davantage d’expertise… Monsieur Dubuc aurait eu à vérifier les prémisses de son exemple, car celui-ci se retourne contre sa prétention. Il aura beau soutenir la place de l’État dans un rôle régulateur sur l'économie, celui-ci vient en contradiction avec les objectifs néolibéraux des mêmes chefs d’entreprises dont il défend l’intégrité. Peut être a-t-il été ému par la déclaration du patron de Maple Leaf sur Internet, de même que les pertes de l’entreprise atteignant 20 millions de dollars. N’empêche, les morts causées par un manque de rigueur sanitaire constituent un douloureux rappel du danger apporté par la suprématie des lois du marché. Abdiquer notre sécurité, au prétexte que la mécanique de la marchandisation apporte nécessairement l’autorégulation des producteurs, ça serait le comble de l’irresponsabilité. Un renforcement des normes d’hygiène est plus que nécessaire, n’en déplaise aux jovialistes libéraux comme Dubuc et ses pairs.

samedi, août 23, 2008

Vous appelez ça de la nouvelle?

Croyant à tort que seul TVA pouvait se permettre de diffuser en long et en large toutes sortes d’informations sur Céline Dion et sa suite, je me suis trompé. Depuis les annonces de ses passages au Centre Bell et au spectacle sur les Plaines d’Abraham, Radio-Canada s’est mis de la partie. Aux informations de 18h00, les deux chaînes ont choisi cette nouvelle primordiale, tellement utile à nos vies si banales : Céline a obtenu un doctorat Honoris Causa de l’Université Laval… Qu’une chaîne privée fasse ce qu’elle veut de son réseau d’information, je m’en fous. D’ailleurs, TVA a tellement bien réussi dans ce qu’on a appelé le « human interest », cette forme incroyablement pauvre de faire de la nouvelle, à l’américaine. Mais pour l’obtention de cote d’écoute, le prix est lourd de sous-entendus pour la chaîne de télévision publique. J’imagine ce que les journalistes ont pu penser de voir leur reportage relégué au second plan. Je pense à celui concernant les trois soldats canadiens tués dans une embuscade des Talibans, l’autre sur le parfum de conflit d’intérêt entourant le passage de l’ex-ministre Couillard dans le secteur des soins de santé privés, celui sur le grave écrasement d’avion en Espagne…

On pourra toujours me rétorquer le fait d’être dans la période estivale, ou encore que cet événement de grande envergure, jumelé avec celui des Fêtes du 400e de Québec est incontournable, rien n’y fera. On est déjà entouré et bombardé de nouvelles insipides, entre autre dans les deux quotidiens gratuits offerts dans le métro. Il n’y a pas une journée où on ne saura pas quelque chose sur Paris, Amy, Lindsay ou Britney. On a beau tourner la tête, regarder ailleurs, tourner la page, on a déjà conservé dans notre partie de mémoire servant à accumuler les choses inutiles tout ce qu’on devrait savoir sur les « pipoles » du jour. Que devrais-je penser de l’attribution d’un diplôme à la Dion, à la veille de son gros show? Rien de plus que les autres potins inutiles à connaître.

Dans la dernière édition (août 2008) du Monde Diplomatique, on retrouve à la fin cet excellent coup de gueule de Pierre Jourde, où il dénonce en France ce que nous retrouvons également ici, la « machine à abrutir ». Son propos est juste et nuancé, malgré les apparences. Sa critique de cette crétinisation des esprits est aussi valable pour notre situation. Changer les noms de « Nicolas Sarkozy » par « Justin Trudeau », on a une vision d’ensemble assez similaire.

Élections à l’automne?

De toute évidence, on va être en campagne électorale à la rentrée. Stephen Harper semble avoir le goût de faire mal paraître son adversaire libéral, lui-même étant déjà assez habile pour cet exercice envers sa propre personne, par ses tergiversations et ses indécisions. Curieusement, pour un indépendantiste comme moi, je préfère voir Stéphane Dion et son parti prendre la place de ce gouvernement réactionnaire, dont le leitmotiv est moins d’administrer le pays que d’imposer les vues d’une partie de son électorat. Ses prises de positions idéologiques, telles que les coupures dans les subventions culturelles et le combat obstiné du ministre Tony Clement contre le site d’injection assisté pour toxicomane sont suffisantes pour revoir les conservateurs à l’opposition, préférablement dans le rôle de troisième parti, si possible… mais bon, on peut toujours rêver. En attendant, comme mon bureau est dans le comté électoral de Westmount/Ville-Marie, j’ai déjà un aperçu de élections depuis quelques jours. Dans ce comté, qui a probablement envoyé des libéraux au parlement canadien depuis le jours où il a été créé au XIXe siècle, il est évident de savoir qui sera le prochain député. Dion semble avoir un faible pour l’ex-astronaute Marc Garneau. Peut être fut-il excellent dans le domaine aérospatial, mais comme politicien, je n’en suis pas convaincu. Lors des élections de 2006, il avait été battu dans un comté plutôt sûr, de par ses inepties et son insignifiance. Il me semble qu’il aurait fait un bon sénateur, il a la tête de l’emploi mais bon, c’est le choix de son chef… j’ai beaucoup de chance, je vois sa tête et celle de son adversaire conservateur à tous les jours…


Il les ont les beaux slogans, non? « Servir mon pays! », « Le Québec prend des forces »… pour des individus dont la motivations ne me semble pas être la défense du bien commun, ils ne manque pas d’air!

Ah, si la candidate néo-démocrate pouvait être élue…

mercredi, août 20, 2008

Syndrome de la page blanche.

Je pourrais toujours faire porter ça sur la température, sur mes occupations, sur ma fatigue accumulée, sur le jeu Call of Duty, où je personnifie des soldats de la Seconde Guerre mondiale, etc. Je pourrais en trouver des raisons de mon silence des deux dernières semaines, mais je n’en ai pas trouvé de satisfaisante. Peut être que je n’avais rien à écrire sur l’actualité, ou sur mon quotidien. Ce n’est pourtant pas d’événements qui ont manqué : les Jeux Olympiques et leur couverture, l’émeute dans Montréal-Nord, les coupures budgétaires dans les programmes culturels, la course à la présidence américaine, la quasi-guerre entre la Russie et la Géorgie; plus près de moi, il y a eu des spectacles, dont Judas Priest et Voivod au Centre Bell mardi dernier, mes longues journées au travail, quand la moitié des collègues sont en vacances ou en fin de contrat, mes différentes sorties… ben non, je suis bêtement atteint du syndrome de la page blanche. Je l’avoue, un peu piteusement.

Des chanceux qui n’en sont pas atteints, je les envie, surtout quand ils ont les mots justes pour qualifier des situations m’étant aussi scandaleuses qu’eux-mêmes les jugent. Je pense à ces coupures aux programmes d’exportations culturelles. Alain Dubuc, une fois n’est pas coutume, a écrit un très bon papier à ce sujet. Pour en rajouter, j’ai lu quelque part un commentaire d’un lecteur d’un blog de la Presse, dont la position conservatrice étriquée l’a amené à déclarer quelque chose comme « …si ces artistes sont si bons et représentatifs, y’en n’ont pas besoin, des subventions, gardons l’argent pour notre armée qui en a besoin… ». Si on adaptait cette même vision aux entreprises québécoises comme Bombardier ou Cascade, quelle réponse on aurait obtenu de ces mêmes milieux obscurantistes?

Je me promet donc à reprendre le rythme les prochains jours, beau temps, mauvais temps. Il se passe trop de chose pour me permettre aucun commentaire.

vendredi, août 08, 2008

Mon appréciation personnelle des Jeux de Beijing...

C’est le début des interminables Jeux olympiques de Pékin (ou Beijing, si vous voulez…). Je n’ai jamais été un grand fan de ce type de jeux au départ, encore moins quand j’ai la vague impression que ces événements vont être utilisés non pas à ce qu’ils devraient être, l’amitié entre les peuples, mais plutôt à démontrer la fierté nationale d’un pays non seulement en émergence, mais sur le point de réclamer la qualification de superpuissance. Une fierté dont on pourrait à la limite démontrer certaines sympathies, mais dont personnellement je suis incapable. Je ne pourrais faire l’apologie d’un pays soi-disant communiste, dont les inégalités sociales n’ont cessé de grimper et dont l’impérialisme scandaleux pratiqué au Tibet rend ce pays indigne d’une quelconque considération. Pour une rare fois, je ne suis pas en désaccord avec le Premier ministre canadien, dont le refus d’assister aux Jeux semble avoir déplu aux dirigeants chinois (s’ils considèrent moindrement Stephen Harper…). D’ailleurs, à ce sujet, on a eu droit à une belle caricature, dans le journal Le Droit…




Pour souligner le début des Jeux de Beijing, je faire faire mon rabat-joie. Je vous offre quelques images très évocatrices…

























mardi, août 05, 2008

En attendant le show de Rancid...

Les shows défilent, ces temps-ci. Outre ceux des Francofolies dont les artistes me plaisent bien (Anonymus, Tiken Jah Fakoly, Mononc’ Serge), j’ai eu l’opportunité d’aller voir ceux de Reanimator, un excellent groupe thrash de L’Assomption, venu jouer aux Katacombes avec Aggressor, de l’Ontario. Dimanche, c’étais le passage de Testament, dont le dernier (et excellent) album m’a été offert en cadeau d’anniversaire (Merci Pascal et Marie). Le show a eu lieu dans un endroit peu familier de nous tous, métalleux de Montréal, soit l’Olympia. Le son n’a pas toujours été à la hauteur mais bon, l’essentiel est que nous avons bien apprécié la performance du groupe en vedette, de même que Cryptopsy, dont je n’avais pas vu sur scène depuis bien longtemps. Ce soir, c’est au tour de Rancid, avec un autre groupe dont la dernière fois que je l’ai vu remonte à…1991. Rien pour me rajeunir, évidemment.

En attendant, j’écris ces mots rapidement au boulot. Les Francofolies sont terminées, les bilans déposés, il ne me reste plus qu’à attendre le retour de la marchandise. Il se trouve que les employés des deux festivals de l’été montréalais utilisaient du matériel dont je vais sûrement récupérer. Le gag, c’est que mon local est déjà assez rempli comme ça… suite aux réaménagements des étages, j’ai obtenu une quantité très appréciable de cahiers à anneaux et de classeurs à courrier, sans oublier des trucs passablement inutiles qui m’ont été légués, en attendant de savoir quoi en faire.


Rancid






Sick Of It All




Encore un mot sur les jeunes libéraux…

L’hypothèse d’un montage médiatique, entre le Premier ministre Charest et la Commission Jeunesse de son parti, semble faire du chemin. Ceux qui l’ont souligné sur ce blogue hier peuvent se réjouir, vous avez été perspicaces, même si on ne vous fera pas l’honneur de vous donner raison dans les médias. En effet, cette prise de position résolument antisyndicale de la part d’une instance liée à un parti politique, plus ou moins représentative du parti lui-même auquel M. Charest n’a pas semblé faire grand cas me semble un peu louche. C’est comme si le gouvernement actuel, une fois trouvée la longueur d’onde compatible avec les citoyens, tien mordicus à le maintenir. Ce rejet des résolutions néolibérales, issues des élucubrations de futurs lèches-bottes du capital devient ainsi le symbole de cette garantie du gouvernement. Le recentrage s’est tellement bien fait que c’en était presque touchant.

Même si jamais, je ne voterais pour ce parti, je ne peux que saluer la rupture très ostensible du gouvernement avec ces positions imbéciles. Qu’il laisse donc le champ libre dans cette matière à l’autre parti discrédité, l’Union nationale créditiste (ADQ)…

lundi, août 04, 2008

Avec des jeunes comme eux...

On aurait cru voir un remake du mauvais film adéquiste « L’illusion Tranquille », celui-là même qui m’a donné la nausée et m’a fait craindre un temps au retour à la Grande Noirceur. Il s’agissait en fait du congrès des jeunes libéraux, lequel d’ailleurs suscite toujours autant d’intérêt, depuis le temps où les positions adoptées tranchent avec celles du Parti. Rappelons qu’un certain Mario Dumont, alors président de l’aile jeunesse du PLQ en 1992, avait quitté son poste avec fracas pour signifier son désaccord avec la position constitutionnelle avec l’establishment du Parti. Cette fois-ci, je ne pense pas voir le président de la Commission jeunesse (CJ) du PLQ, François Beaudry, démissionner pour protester contre son chef. Jean Charest n’a pas entériné les propositions de la CJ, tant elle ramène le PLQ à une image dont il cherche à se défaire. Je ne suis pas certain que le Premier ministre veut revoir sa cote de popularité revenir à 25%, au temps où la province rappelait aux libéraux cette réalité « On n’a pas voté pour ça! ».

En premier lieu, la proposition antisyndicale hypocritement appelée « amélioration de la démocratie syndicale » est un exemple du niveau hautement réactionnaire de cette commission. Cette proposition se retrouvait telle quelle sur le site de la coalition néoconservatrice « Contre les Vaches Sacrées », associée de près à l’ADQ et ramène le principe du vote secret, qui a toujours été très défavorable aux syndicats. On dirait que la CJ a oublié que le gouvernement se doit d’être celui de tous les Québécois, non pas seulement des patrons et des boutiquiers. Quand j’ai entendu la prétention de Beaudry selon laquelle il fallait passer à autre chose que la confrontation syndicale-patronale, je me suis dit que ce beau jeune homme l’avait eu bien facile dans la vie…Jean Charest a cru bon de rappeler la paix existante dans le monde du travail et que peu de journée de travail sont perdus, par suite de grève ou de lock-out. La candeur de la CJ a été telle que l’on a du rappeler l’existence de certains clauses du Code du travail, lorsque certains résolutions « réinventaient » des pratiques déjà prévues. Il faudrait vérifier si ce Beaudry est également un ancien élève de Réjean Breton comme son prédécesseur, le professeur délirant de l’Université Laval, dont l’anti-syndicalisme l’a fait connaître en dehors de son institution.

La seconde idée de génie des jeunes libéraux est le retour au bilinguisme de la province. Ils ont rejeté de justesse une proposition imposant l’éduction bilingue de la première à la sixième année du primaire. S’il y a une façon de fragiliser le fait français au Québec, c’est bien par ce moyen. Cette proposition à courte vu semble avoir fait table rase de tous les moyens entrepris pour la sauvegarde du français. J’y vois même une injure à tous les enfants des immigrants, qui ont été obligés d’opter pour l’apprentissage du français, depuis l’adoption de la loi 101 en 1977. Le PLQ passe encore pour le parti des Anglais, dans l’imaginaire commun. S’il tien à reprendre le pouvoir de façon majoritaire, en ralliant l’électorat francophone, le PLQ n’a d’autre choix que de condamner cette idée loufoque. On peut encourager la capacité de s’exprimer dans plusieurs langues, sans pour autant dissoudre la nôtre.

Enfin, la proposition de tripler les frais à l’université est ni plus ni moins qu’une politique élitiste, visant à restreindre l’accès à l’université au profit d’une minorité de privilégiés. Ce grand bond en arrière a également été désavoué par le premier ministre, bien conscient du caractère hautement conflictuel de cette position. Non seulement les associations étudiantes auraient monté aux barricades, l’électorat aurait fait savoir sa désapprobation, On aurait accusé le PLQ de provoquer à nouveau l’instabilité sociale, comme dans les années 2003-2004 avec son « mandat clair ». La lente augmentation de 50 dollars par année, bien qu’elle pénalise encore un certain nombre d’étudiants et qu’elle soit contestée par les mouvements étudiants, a finalement ralliés les autres acteurs du milieu.

L’état de grâce dans lequel se trouve le gouvernement Charest est bien réel, mais je doute fort qu’il survive à un brusque virage à droite et à un retour à l’affrontement. Il doit sa quasi-défaite aux politiques néolibérales de ses premières années au pouvoir. Sa remontée a été possible grâce à l’effondrement de l’ADQ comme opposition officielle, à une stratégie de communication efficace, au désaveu de l’électorat envers les idées à l’emporte-pièce et à une ligne politique très modérée. La voie vers un troisième mandat est tracée, la dérive de l’aile jeunesse du PLQ est non seulement exécrable pour la population, elle l’est également pour Jean Charest et ses députés.

Jeunes libéraux...

Comment ça, encore de la pluie?

Je n’ai jamais vu ma cour arrière aussi verte que cette année. Pas étonnant, avec toute la flotte reçue en juillet! Samedi passé, j’étais très heureux d’avoir des godasses parfaitement adaptée pour les déluges, comme celui que l’on a reçu dans l’est de la ville. Ça m’impressionnera toujours, ces précipitations soudaines et abondantes.

Je préfère qu’il fasse beau l’été, comme tout le monde. C’est meilleur pour mon humeur. Quand c’est gris, collant et humide, je ne m’endure plus. Ajouter à cela les hurlements de mes crétins de voisins (y’en a deux qui se sont tapé dessus, ce matin à 7h45, dans la ruelle derrière chez moi…), je cherche toutes les occasions de sortie, pour m’éloigner quelques heures…