jeudi, novembre 06, 2008

La fin d’une campagne électorale…et de dénigrements!

De mémoire, je n'avais jamais vu autant de pubs négatives venant d'un politicien ou de son parti envers leurs adversaires. La campagne électoraloe américaine qui s'est terminé risque de faire école, non par sa finale inédite, mais pour un aspect pas mal plus négatif. Dès les instants où le Parti démocrate a choisi Barack Obama comme candidat à la présidence, il a été la cible de toutes les attaques les plus vicieuses qu'il m'a été permis de voir. J'ai vu quelques autres campagnes électorales dans ma vie, peu importe le pays ou la région mais celle-là, elle sort de l'ordinaire.






















Sur Ebay, il m'est arrivé souvent de voir de la camelote anti-Obama comme des t-shirts, des autocollants, des macarons. De deux choses l'une, les adversaires d'Obama n'ont pas un sous d'imagination et de deux, ils n'ont aucun talent de communication. Que de beaux exemples de manque de subtilité! Je vous en montre un aperçu :

Avec ce genre de pubs, pas étonnant qu'Obama passe pour un membre d'Al-Quaida...







L'idée la plus "cheap"... l'art de la manipulation et de la peur!




N'importe quoi...







La peur du communisme fait encore recette...












Il ne reste plus qu'à souhaiter le ralliement des gens à leur nouveau président, ce pays est à transformer de fond en comble...

vendredi, octobre 31, 2008

Ça m’a passé sous le nez…

…ce petit film de Spike Lee, intitulé CSA : The Movie. Sorti dans les clubs de location il y a deux ans, ce faux documentaire de la BBC est diffusé sur une chaîne des États Confédérés d’Amérique. On y raconte l’histoire des CSA, depuis la victoire des États du Sud contre ceux de l’Union, lors de la guerre civile américaine, grâce à l’aide de la France et de l’Angleterre, jusqu’à ces dernières années, avant l’annonce de la candidature du président Fauntroy. On ne pouvait imaginer pire, comme histoire des États-Unis réécrite. La défaite du Nord contre le Sud, la fuite et l’exil d’Abraham Lincoln au Canada, l’avènement de l’esclavage à la grandeur du territoire américain, la fuite d’une partie de la population au Canada (qui devient par la suite un adversaire, voire un ennemi, pour ses politiques abolitionnistes), surtout des Noirs et des progressistes, nous donne un tout autre monde inimaginable. Au moment de la diffusion de ce documentaire, celui-ci est entrecoupé de publicités nous donnant un aperçu de ces États Confédérés. Le racisme et l’encouragement au maintien la servitude sont érigés en valeurs absolues de ce pays, où l’on donne des noms comme Niggerhair à une variété de tabac, ou encore on utilise des stéréotypes envers les Noirs pour publiciser une chaîne de restaurants ou un dentifrice. Le plus troublant, c’est qu’on apprend juste avant le générique que ce sont de véritables marques ayant déjà existés, certaines jusque dans les années 60…

Bien sûr, le film souffre d’un côté extravagant et porté à certaines exagérations ou images caricaturales d’une société rétrograde, demeurée dans ses préjugés d’un autre siècle. Pourtant, on ne peut que frémir un peu, en imaginant qu’un tel pays aurait pu exister, tout près du nôtre. Un pays ressemblant à l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid, avec un empire en plus : les États Confédérés, apprend-t-on dans le film, ont vraisemblablement eu pour but d’étendre leur domination au Mexique et à toute l’Amérique du Sud, advenant la victoire décisive sur les États de l’Union. Ce pays aurait maintenu les femmes sans droit de vote ni aucun autre droit : dans un contexte où il existe des esclaves, les femmes blanches ne travaillent pas. On apprend aussi la façon dont ce pays s’est sorti de la crise des années 30 (l’esclavage, évidemment), de même que sa non-intervention durant la Seconde Guerre mondiale, étant donné le pacte qu’il a conclu avec l’Allemagne nazie… Ça ne l’a pas empêché les Confédérés de faire une attaque préventive (tien?) contre le Japon et d’envahir ses territoires du Pacifique en 1941, en envoyant des milliers d’esclaves sous les armes, avec la promesse d’une libération… qui ne viendra pas.

Je vous suggère donc de regarder ce petit documentaire, advenant que vous le trouviez à votre club près de chez vous. Je l’ai obtenu d’un Cluc Vidéotron, alors Ça ne devrait pas être difficile.

Fichtre, encore des élections…

Il faudra qu’on s’y fasse, une autre campagne électorale nous attend, immédiatement après celle qui se termine aux États-Unis. Une chose est certaine, on risque de ne pas voir plus d’enthousiasme que durant la campagne électorale au niveau fédéral. Et pourtant…

Je ne verrai Louise Harel comme ma députée, elle a indiqué; qu’elle ne se représentera pas aux prochaines élections. Bien que je n’aie pas voté pour elle en 2007 mais bien pour le candidat de Québec Solidaire (Gabriel Chèvrefils), je l’ai quand même apprécié à certains égards. Nul doute, mon comté va être très convoité par les éventuels candidats péquistes. Peu importe l’issu du scrutin, je vais donc avoir un€ nouveau(elle) député€ la prochaine fois.

Un encouragement : cette fois-ci, tout dépendamment comment votre député vous représente, s’il s’agit d’un adéquiste du genre hargneux, qui croit avoir été élu par sa personnalité rayonnante ou encore, par ses idées innovatrices… sacrez-le donc dehors! Après avoir vu la réaction du désormais ex-député conservateur Luc Harvey et le plaisir que ça m’a fait de le voir s’en plaindre, j’aimerais bien revivre l’expérience, avec Simon-Pierre Diamond et le voir perdre son siège et la face…

Si ça vous intéresse…

Cradle of Filth a fait paraître son nouvel album mardi dernier, Godspeed On The Devil's Thunder. Je devrais me le procurer bientôt, je sais déjà aussi que le groupe reviendra à Montréal l’an prochain, avec nul autre que Satyricon. En attendant, il existe déjà un clip, pour ce nouvel album.



Find more videos like this on Cradle Of Filth

vendredi, octobre 24, 2008

Recevoir une brique au visage...

C’est décidément à la mode, par les temps de dépression économique. Hier soir, tout en faisant ma vaisselle, j’apprenais avec surprise la défection de deux député de l’Union nationale créditiste (ADQ) vers le Parti libéral. L’autre surprise de la soirée, ce fit le mea culpa d’Alan Greenspan, ci-devant président de la « Fed », la Réserve fédérale des États-Unis, l’équivalent de la Banque du Canada, l’institution de la monnaie canadienne. Il ne m’en faut pas beaucoup pour inspirer quelques lignes et des expressions surannées…

Quand le navire coule, les rats quittent le navire…

Vieille expression que celle-là. Ça n’a pas empêché deux caricaturistes de reprendre le thème du navire sombrant…







Dans cette histoire de défection, je n’ai pu m’empêcher d’être étonné de la réaction du chef de l’ADQ et de ses députés. Mario Dumont avait l’air moindrement fâché, n’hésitant pas à s’en prendre à ses anciens députés en insistant sur leur couardise devant de mauvais sondages (il a utilisé l’expression « faire dans leur culotte »…ce n’est pas un langage d’un chef de parti!); le député anti-environnemental Simon-Pierre Diamond, un type pourtant habitué à magouiller malgré son jeune âge, n’a pas hésité à traiter ses ex-collègues de « personnes vendant leur corps aux plus offrant ». Le plus surprenant a été le député de Montmagny-L’Islet admettre que plusieurs autres avaient été approchés par le Parti libéral; lorsqu’on lui a demandé si lui-même avait eu des offres de passer de l’autre côté, il a répondu « Malheureusement, non »… ça en dit long!

En fait, dans le contexte où le programme économique de L’ADQ n’est pas très différent de celui du PLQ, voire du Parti québécois, que la réforme constitutionnelle n’est pas à l’ordre du jour pour permettre aux adéquistes de définir leur « autonomisme », on se demande bien ce qu’il peut apporter, en tant que « gouvernement en devenir ». Ajouter à ces défections la piètre défense des dossiers importants par la députation adéquiste, peu portée à se démarquer des performances du chef et de sa garde rapprochée, de même que l’organisation plutôt inexistante sur le terrain, tant l’élection de ces députés sont le résultats de la campagne nationale et non des campagnes locales.

Les deux compères de la défection...

Un autre élément m’a frappé ce matin, à la suite de cette double défection. C’est ce commentaire suivant l’article de Robert Dutrisac, paru dans Le Devoir, à propos de la défection. Intitulé « Avoir le courage de ses convictions », l’auteur, P. Mario Charpentier, vice-président de l’exécutif national de l’ADQ, est un plaidoyer sur la viabilité et la légitimité de ce parti politique. Le texte est assez banal, sauf sur quelques points. D’abord, bien que mon propre style d’écriture ne peut être cité en exemple, le texte de M. Charpentier est assez mal écrit et semble être le brouillon d’un texte plus officiel. Ça peut se comprendre, étant donné qu’il suit de quelques heures le départ des deux députés. Pourtant, il porte aussi des éléments qui m’apparaissent gênant, surtout si on prétend être à un poste aussi important. Je retiens entre autre le fait que M. Charpentier a écrit le mot « lobéistes », au lieu de « lobbyistes », trahissant ainsi une méconnaissance du sens du mot. Sur le fond, le titre est une reprise intégrale de celui du livre de Mario Dumont, paru en 2005. Si le commentaire de M. Charpentier avait pour but de démentir l’idée que l’ADQ est le parti d’un seul homme, son chef, il s’est trahi en choisissant ce titre. Le côté assez flou de son texte révèle également celui qui habite les militants de ce parti, lorsqu’ils tentent d’expliquer les raisons de leur implication au sein de l’ADQ. M. Charpentier dit qu’il s’aligne désormais avec cette formation pour défendre la classe moyenne, mais il affirme du même souffle que celle-ci est opposée au corporatisme et au syndicalisme… la nuance aurait été nécessaire, mais on peut pardonner à son auteur de l’avoir écrit sur l’impulsion. Encore faut-il l’avoir signé en son nom personnel et n’engage que lui, mais il a ajouté la qualification de son poste, le désignant loin de la qualité de membre d’un exécutif local…

Nul doute que le conseil général de l’ADQ va être un peu morose, en fin de semaine. C’est pourquoi Mario Dumont va proposer de rouvrir la constitution canadienne…

Tomber de haut

Désormais, lorsque j’entendrais cette expression, j’aurai une petite pensée pour Alan Greenspan. L’ex-président de la « Fed », dont le mandat a duré près de vingt ans, s’est fait connaître pour sa foi sans faille envers les mécanismes du marché et l’absence de réglementation dans le domaine financier. Il est passé devant la commission sénatoriale, afin de tenter d’expliquer la nature de la crise financière actuelle. Ses déclarations se sont voulues alarmistes, mais j’ai surtout retenu sa déconvenue, devant l’échec de la théorie économique auquel il s’est référé depuis toujours. Néolibéral convaincu, disciple (et amant, dit-on…) de la « philosophe » Ayn Rand, la maîtresse à penser des libertariens, Alan Greenspan a tenue encore récemment ce discours :
« J'ai une idéologie. Mon opinion est que des marchés libres et concurrentiels sont de loin la (meilleure) façon d'organiser les économies, sans équivalent. Nous avons essayé la régulation, aucune n'a véritablement marché ».

Devant la crise, Greenspan a qualifié la crise de « tsunami », tel que l’on en voit un par siècle. Il a dû admettre que son obstination à ne pas réguler les échanges financiers et maintenir les taux d’intérêt très bas, en conservant une confiance aveugle envers les différents acteurs sur leur capacité à se contrôler, a été sa plus grande erreur. Plus concrètement, il a désigné l’excès des crédits subprimes, afin de réintégrer un maximum de consommateurs peu solvables dans le marché, comme étant la faille du système. L’appât du gain rapide d’un trop grand nombre d’institutions financières, surtout les banques, ont alourdi le poids de ces prêts insolvables sur l’ensemble du système financier, d’où son éclatement et la perte de confiance de tout le monde, sans compter la disparition de centaines de milliards de dollars en valeurs virtuelles et les économies de millions d’épargnants.

Bien peu d’entre nous, critiques de la mondialisation et du néo-libéralisme, peuvent se targuer d’avoir une formation d’économiste, encore moins d’avoir la reconnaissance et le prestige d’Alan Greenspan. Pourtant, je peux affirmer avoir « prévu » cette crise, peut être pas ultime mais inévitable, tant on pouvait observer certains symptômes, dont le ralentissement de la consommation ou la hausse vertigineuse du prix du pétrole. Les dernières nouvelles sur la production mondiale sont décourageantes, notamment en Asie où l’écho de fermetures d’usines en Chine (!) nous est parvenu. Du temps où le militantisme contre la globalisation avait atteint son zénith, suite aux événements de Seattle (automne 1999), nous protestions contre l’application de la déréglementation sur l’ensemble des sphères de la société, comme si la santé et l’éducation devait désormais être considérée comme une marchandise. Nos protestations ne furent pas vaines, imaginez si nos grands théoriciens néolibéraux avaient vraiment atteint leur but… Je me rappelle de cette métaphore, lors d’une manif de l’Opération SalAMI (groupement québécois opposé au projet de l’AMI, Accord Multilatéral sur les Investissements) : la mondialisation était perçue comme un processus où pour faire avancer une locomotive de plus en plus vite, on devait éliminer les freins, la direction, l’équipement de sauvetage, les freins de secours, en nous faisant croire que le mur que l’on apercevait devant n’existait pas…

Alan Greenspan, tentant de convaincre son auditoire...
Et ce soir…

Je vais voir le spectacle de Kataklysm, avec Eluveitie et Keep of Kalessin, au Medley. Les deux derniers groupes valent la peine de regarder un peu les clips qui suivent…



Keep of Kalessin


Eluveitie

jeudi, octobre 23, 2008

Une controverse justifiée.

L’Université de Chicago est aux prises avec une controverse peu commune, aggravée par les récents déboires économiques mondiaux. Des dirigeants de l’université ont planifié la construction du « Milton Friedman Institute », un projet de plus de 200 millions de dollars, en l’honneur de l’influent économiste dont les théories ont inspiré les dirigeants conservateurs en matière économique, Ronald Reagan, Margareth Thatcher, Brian Mulroney et possiblement Stephen Harper, pour en nommer quelques uns. Il s’est employé à justifier le laisser-faire économique et la réduction de l’État aux seules fonctions régaliennes, la loi et l’ordre en somme. Or, dès l’annonce de ce projet en juillet, afin d’assurer les assises de l’institution dans les domaines de l’administration, des affaires et du droit commercial, un vent d’opposition a soufflé sur le campus, ralliant un très grand nombre d’étudiants et surtout une pétition signée par plus d’une centaine de professeurs. Cette opposition a été motivée par l’orientation univoque appréhendée de cet institut, animée par la vision du monde de Friedman, dont la carrière s’est passée essentiellement à cette université. L’homme, de son vivant, a suscité bon nombre de controverses, non pas seulement par ses opinions économiques radicalement à droite et son obsession envers la responsabilité individuelle, « seule garante de la liberté », il a été le coordonateurs des économistes envoyés au Chili dès 1973, suite au coup d’État mené par les militaires sous les ordres du général Augusto Pinochet, contre le gouvernement élu de Salvador Allende.


Friedman et le général Pinochet...


La semaine dernière, le projet a pris du plomb dans l’aile. Le comité de l’université chargé du projet, toujours désireux de rendre hommage à leur « illustre professeur » (on a donné aux théories de Friedman le nom d’« École de Chicago » …) s’est fait opposer un argument de taille. La question est venue ainsi : est-il vraiment opportun de célébrer la mémoire du père du néo-libéralisme américain, dans le contexte où ses théories économiques se sont effondrées avec les marchés? Pire, l’application de la réduction de l’État par vingt-cinq années d’administration conservatrices a mené non seulement à cette crise actuelle, mais n’ont pas donné de résultats pour la grande majorité de la population.Le bilan est catastrophique : l’écart grandissant entre une petite minorité très riches et une large population s’appauvrissant, la lente disparition de la classe moyenne, l’inefficacité des services privatisés ou semi-privatisées dans des contextes d’urgence (ex : l’ouragan Katrina en Louisiane), l’absence d’assurance-santé pour plus de 50 millions d’Américains incapables de se payer des assurances privées, les scandaleuses rémunérations des PDG d’entreprises pourtant déficitaires, l’irresponsabilité des principaux acteurs du krach des hypothèques, etc. ont amené une sérieuse remise en question de ce modèle économique. Le débat semble se diriger vers un conflit larvé, entre partisans et adversaires du projet.

Cette remise en question des théories du laisser-faire est une excellente nouvelle, surtout si le débat se passe sur les terres d’où elles proviennent. L’attribution du « Prix Nobel » à un des économistes les plus opposés au « laisser-faire » économique, Paul Krugman, a sonné la charge. Assistons-nous à la fin de la « révolution conservatrice »? L’élection présidentielle très prochaine nous en indiquera davantage…



lundi, octobre 20, 2008

Il est parti!

À cette heure-ci, je viens d'apprendre que Stéphane Dion, ci-devant Père de la loi sur la « clarté référendaire » et ex-chef de l’Opposition a pris la porte. En attendant, il va se faire tranquille, dans sa maison de Stornoway...

jeudi, octobre 16, 2008

Allez ouste, du balai!

Un de ceux dont je me réjouis de sa défaite électorale, le conservateur Luc Harvey, est un mauvais perdant. Le voilà qui accuse tout le monde pour avoir perdu sa job, il veut même poursuivre son adversaire bloquiste, qu'il accuse de diffamation. Pour un type qui a agi désagréablement tout au long de son mandat, en faisant preuve d'une arrogance détestable, il ne manque pas d'air...

Le candidat défait, ramenant sa grosse télé chez lui. Il va avoir le temps de la regarder...

Ce n'est certainement pas avec un individu pareil que le Québec "prend des forces"!

Bravo aux électeurs du comté de Louis-Hébert!

mercredi, octobre 15, 2008

Mes impressions post-électorales.

Comme plusieurs d’entre vous, je ne suis satisfait qu’à demi des résultats électoraux. Oui, j’avais prévu revoir un gouvernement conservateur minoritaire mais pas ainsi, renforcé de plusieurs sièges en Ontario et en Colombie-Britannique. Au long de cette soirée, assis devant mes télés (celle de la cuisine et du salon, dépendamment de la réception variable avec les antennes, même pour Radio-Canada…), j’ai vécu quelques émotions, plus souvent négatives que positives.

Tout d’abord, je dois quand même présenter mon point de vue. J’ai voté pour la sixième fois pour le Bloc québécois, depuis que j’ai le droit de vote. Indépendantiste, je n’ai jamais pu me situer dans un pays comme le Canada autrement qu’opposé au fédéralisme tel que pratiqué depuis la Confédération. Du plus loin que je me souvienne, outre la peine que j’ai eu lors de la défaite référendaire de 1980 (j’avais neuf ans), le rapatriement de la Constitution opéré par le gouvernement Trudeau en 1982 a définitivement exclu de mon esprit cette possibilité de me voir en tant que Canadien. L’histoire m’a ensuite appris que cette lutte d’émancipation de ma nation s’inscrit sur la longue durée et que l’adversaire, le gouvernement canadien et ses valets francophones, fait tout en sont pouvoir pour l’écraser. C’est aussi simple que cela.

Dans le contexte où la question nationale n’a pas été tellement évoquée durant cette campagne électorale, mon vote était déjà acquis au Bloc. Comme bien des camarades de Québec solidaire, j’ai été tenté de voter pour le Nouveau parti démocratique (NPD), son programme a des éléments intéressants, mais en somme, le parti est définitivement voué à la centralisation des pouvoirs et l’assujettissement des provinces à des normes nationales définies par l’État central. D’autres ont voté pour le Parti communiste du Canada (PCC), ou encore le Parti marxiste-léniniste du Canada (PMLC). Je reproche au premier son programme figé d’une époque révolue, plus près de la pose que d’un militantisme véritable; quant au second, il s’agit d’un parti politique dont le dogmatisme l’a définitivement relégué à la marge. Je sais que ma critique est courte, mais il a peu à dire de ces partis, tant ils n’ont qu’une présence plus que négligeable sur la scène politique.

J’ai donc voté pour le Bloc et son candidat dans mon comté, Réal Ménard, un homme que j’estime et qui travaille fort pour ses concitoyens. Je l’écris sans tomber dans l’automatisme apparent de la formule, ce politicien mérite son siège, beaucoup plus que d’autres…

…parce que sincèrement, certains élus ne méritent pas du tout leur élection. Non pas que je conteste le fait qu’ils ont été choisi par la majorité des votants de leur comté, mais franchement, ça me fait toujours une drôle d’impression, de savoir qu’un tel a été élu :

Justin Trudeau (Parti libéral) : les gens du comté de Papineau, habitués d’envoyer des libéraux au Parlement, avaient choisi d’envoyer en 2006 madame Viviane Barbot, une ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec. Le choix était intelligent, d’autant plus qu’ils se débarrassaient d’un politicien arrogant et prétentieux, en la personne de Pierre Pettigrew. Peut être qu’ils s’ennuyaient du genre de député-poseur peu habitué à leur quotidien, ils ont donc envoyé un type, le « fils de ». Un individu dont les journaux au Canada anglais ont fait un genre de « prince », comme son père l’a fait en s’affublant d’accoutrements ridicules. Dans le cas du fils, sa petite gueule de star bien « pipole » suffit. Mes habitent qui habitent le comté n’en reviennent pas, si je me fie sur leurs réactions lues sur le site Facebook. Il reste maintenant à savoir s’il apprendra à se la fermer, cette belle petite gueule, pour éviter à son chef (ou à l’éventuel successeur, m’est avis que l’actuel va probablement prendre la porte rapidement…) de se retrouver dans le trouble.

Maxime Bernier (Parti conservateur) : c’était prévisible, les Beaucerons l’ont réélu, leur grand champion. Le politicien le plus insignifiant qu’il m’a été permis de voir au Canada depuis André « le gros » Ouellet va retourner dans une officine très rapidement, du fait de sa large majorité. Quand je l’ai entendu répéter son mantra libertarien à la télévision, au lieu de répondre à la question du journaliste de Radio-Canada, soit « je vais défendre la responsabilité individuelle et la liberté individuelle », je me suis dit qu’on va pas s’ennuyer avec lui. Dans cette période où l’économie chancelante vient de démentir les convictions de ce grand prétentieux, on va bien rire, lorsqu’il tentera de défendre les projets de déréglementations qu’il garde quelque part, dans ses boîtes. Quant aux gens de la Beauce, ce n’est pas surprenant de les voir voter pour ce type. Il n’y a pas plus américanisée au Québec que cette région, fière de son pragmatisme anti-intellectuel et sa soumission à ses entrepreneurs locaux. Le paradis de la PME et des petits chefs…

Envers la Beauce, j’ai imaginé la pire vision, pour ses habitants : deux gars qui s’embrassent en plein centre-ville de Saint-George. Ouf! L’émeute garantie, dans cette région uniformisée au maximum. J’exagère et je beurre épais… mais de longue date, cette région est pour moi la plus refermée sur elle-même, avec une vision rétrograde du monde. Au CEGEP, à Lévis-Lauzon, les Beaucerons vivaient en vase clos, ne se mêlaient pas beaucoup aux autres jeunes des autres régions et avaient une idée fixe : en finir au plus vite avec les études, se trouver une job payante dans leur région, pas loin de papa-maman et de leur gang, pour se caser rapidement. Parce que du travail, il en a dans cette région, du moins pour l’instant…

André Arthur (indépendant) : Portneuf, une région où j’ai passé une grande partie de mon enfance, a choisi à nouveau d’envoyer comme député le pire démagogue que nous avons connu au Québec. Il est quand même juste de rappeler la faible majorité que cet individu a obtenu cette fois-ci, peut être parce qu’il ne fait pas le travail que ces électeurs lui ont demandé. En effet, l’homme au nœud papillon, qui cumule également l’emploi de chauffeur d’autobus et de grand gueule, hormis la commission où les conservateurs (son amitié avec Maxime Bernier l’a sans doute aidé) l’ont nommé, ne fout absolument rien avec son emploi de député. Pire, il s’en est vanté. Peu visible à la Chambre des Commune, où il doit se confondre avec les rideau, il a déjà indiqué qu’il animerait une émission à TQS, où son public d’aigris et de frustrés pourra l’entendre dire ses diffamation et sa haine de la démocratie.

Quand même, je n’ai pas retenu que du négatif. Hier soir, j’ai bien apprécié le fait que les gens de Vaudreuil-Dorion ont choisi Meili Faille du Bloc québécois, plutôt que Michael Fortier, le ministre autoproclamé « de Montréal » dans le cabinet Harper. Après l’avoir vu promener sa caravane avec le panneau des « coûts » du Bloc, une insulte aux électeurs québécois, qu’il ne s’étonne pas de se retrouver toujours sans siège… d’autant plus qu’il a démissionné du Sénat! Idem pour la réélection de Thomas Mulcair, un politicien capable et fort de ses convictions. Ça va peut être en faire sourciller quelques uns, mais je ne suis pas mécontent de la réélection de Denis Coderre. Une autre défaite bien appréciée est celle de Luc Harvey, un des députés conservateurs de la région de Québec, celui-là même qui s’est fait traiter d’imbécile dimanche dernier par Gilles Duceppe. Cet désormais ex-député n’était utile que comme backbencher, ce boulot consistant à gueuler n’importe quoi envers les députés de l’opposition. Sa défaite est bien méritée. Dommage que sa collègue Josée Verner ne l’a pas suivie…

Et puis après…

Il est encore trop tôt pour imaginer des scénarios, dans le contexte de la réélection d’un gouvernement Harper minoritaire. La seule avancée que je fait, c’est que rien ne va changer. Stephen Harper nous a déjà habitué à en prendre large, même en pareille situation. Peut être n’osera-t-il pas aller de l’avant avec des projets de loi trop controversés, malgré la faiblesse de l’autre parti « naturel » de gouvernement.

Il paraît que finalement, nous n’auront pas d’élection cette automne au Québec. Maudite bonne nouvelle! Deux élections de suite, ça aurait été trop pour les électeurs québécois. Dans le contexte de la très faible participation au scrutin, le geste du gouvernement Charest aurait été très imprudent de sa part, même si on le dit gagnant. Et les élections américaines vont prendre toute la place, désormais…


lundi, octobre 13, 2008

Comment ai-je pu les avoir écouté jusqu’au bout?

En deux jours, je suis tombé sur deux exemples bien de chez nous, de cette sous culture de fond de poubelle qui sert de source d'arguments à un nombre malheureusement trop grand d'individus. Ça tombe bien, on est en période électorale et il semblerait que ces interventions devaient servir à supporter le Parti conservateur. Du moins des aspects de leurs politiques.
Le premier extrait est une partie d'une émission du matin de CJMF, une station concurrente de CHOI de Québec, là où a sévi Jeff Filllion. C'est par hasard, sur le blogue de Lawrence que j'ai trouvé cet extrait, il en revenait pas lui non plus. J'avoue que je ne m'attendais pas à une intervention de cette sorte de la part d'un animateur de radio, Sylvain Bouchard, même si celui-ci se fait une émule de Fillion, histoire de se constituer un auditoire important et les profits qui s'en suivent, du moins à Québec...



Sylvain Bouchard, un fasciste qui s'ignore?

L'autre provient d'un type plus connu, Jean-François Plante. Animateur de radio sur Internet, ancien candidat adéquiste qui a été obligé de se retirer, lors des dernières élections, suite à ses commentaires désobligeants envers les victimes de la tuerie de Polytechnique (il prétendait que le souvenir de cet événement sert un complot féministe, quelque chose du genre...) et toujours membre de la commission politique de l'Union nationale créditiste (ADQ). Sans aucun doute, c'est aussi un partisan conservateur, échaudé par le fameux sketch de Michel Rivard, avec Stéphane Rousseau et Benoît Brière. Il s'est senti investi d'une mission, soit de répondre aux « artiss ». Comme vous pourrez l'entendre, sa vision est limitée à celle du marché. Je lui ai laissé un commentaire, pour lui indiquer comment son rôle de bouffon est indispensable... surtout pour nous aider à prouver lorsque des idiots fascistes de sa trempe sont moins visibles, il nous en faut un comme lui pour conserver notre vigilance...

jeudi, octobre 09, 2008

Les économistes, des scientifiques?

L’économie s’est fait passer pour une science pure, mathématique, sur laquelle on pouvait aller jusqu’à prédire les choix des êtres humains, . Sur le site de l’Institut de la Vérité économique révélée (IEDM), c’est le genre de fadaises que l’ont retrouve, sous des dénominations pompeuses de « recherches » et « analyses », comme cette preuve par l’économie sur les choix amoureux, essentiellement motivés par les instincts de profitabilité et mues sous l’inévitable logique du marché, qualifiée de « naturelle ». La brillante recherche de l’actuel président du Conseil du Patronat du Québec, Michel Kelly-Gagnon, en dit long sur l’état d’esprit des ayatollahs de l’économisme, quand c’est le temps de prouver leur infaillibilité. Cet autre texte de Kelly-Gagnon en dit long sur son inénarrable propension à écrire de sinistres imbécilités. Il aurait mieux fallu qu’il étudie l’économie... En effet, cet avocat patronal n’est rien de plus qu’un de ces nombreux idéologues néolibéraux ayant servi longuement à mentir et tromper tout le monde, sur la justesse de leurs analyses…

…et ils n’ont même pas été foutu de voir venir la crise boursière actuelle.

Je me demande si le « grand » Gary Becker, ce prix « Nobel d’économie » qui prétendait pouvoir étendre l’analyse économique à toutes les activités humaines, ne devrait pas se cacher sous un tapis, en attendant que la crise passe. C’est bien beau d’appliquer la grille d’analyse néolibérale à toute forme d’étude, encore faut-il avoir la capacité de prévenir l’éclatement des bulles spéculatives et prévenir les chutes boursières, les mêmes qui affligent non seulement les institutions financières, mais par le fait même des millions d’épargnants à travers le monde. La suprême prétention de Becker et de ses disciples à tout déterminer par l’économie devrait être désignée comme une des causes de cette chute.

En effet, comment expliquer autrement la confiance aveugle et illimitée envers la science économique, devenue pratiquement la seule science humaine, brandie impérieusement par ces économistes des quotidiens, du genre de Claude Picher de la Presse? Des années de conditionnement par de graves types cravatés, sérieux et bien mis, qui viennent vous dire les vérités économiques du genre « déréglementation à tout crin », « privatisation », « efficience naturelle du marché » et autres solutions rétrogrades devenues des « idées pour enrichir le Québec » (comme l’indique l’en-tête de l’IEDM…), ont amené bon nombre d’épargnant à espérer une retraite dorée, en faisant confiance à l’ascension sans fin des courbes de croissance dans le contexte néolibérale. Pour les moins sophistiqués, ils pouvaient se rabattre sur la démagogie de Nathalie Elgrably, dont les insanités publiées dans les journaux de Quebecor l’ont promue au Fraser Institute. N’empêche, je les voir d’avance en train de démontrer, avec toute l’imbécilité dont ils peuvent, que ce sont encore une fois les « entraves » de l’État et la « réglementation étouffante » qui ont permis cette crise…

Pour d’autres, plus perspicace et moins attachés au dogme, ils vont admettre la validité de l’intervention de l’État en temps de crise… comme si l’absence de réglementation n’a justement pas empêché cette sinistre farce qu’est l’éclatement de cette bulle spéculative! Je suis curieux de revoir où Alain Dubuc avait écrit, dans son grand ouvrage de la vérité révélée (« Éloge de la richesse », aux éditions Gesca...), le contraire de ce qu’il prône désormais ces temps-ci, dans son journal. Notre chantre du libéralisme à tout crin des journaux de Gesca/Power Corporation pourrait au moins avoir l’humilité de se rétracter. Je peux toujours espérer…

Pour reprendre une comparaison entendue ailleurs, les économistes du type néolibéral dont nous avons subi les grandes leçons viennent de voir la confiance du public à leur égard baisser à la hauteur des météorologues, bien sûr ceux qui se servent encore des grenouilles avec une échelle, dans un bocal…

Pour rire…

Aller voir cette superbe parodie du débat des chefs, sur le site des Recycleurs. Rigolade garantie…



mercredi, octobre 08, 2008

Si ça peut vous aider à convaincre votre beau-frère de ne pas voter pour les conservateurs…

…j’ai bien apprécié ce texte de la romancière Margaret Atwood, qui s’explique limpidement sur son choix d’appuyer… le Bloc québécois, si elle était au Québec. La dame ne manque pas d’humour et surtout, elle rappelle certains faits concernant la carrière politique pas si lointains de Stephen Harper.

Idem pour cette intervention d’un individu dont je n’ai pas tellement admiré lorsqu’il était actif en politique, le sénateur libéral Serge Joyal. Un monsieur de la haute société, avec quand même un certain franc-parler. Je me souviens qu’il avait déjà rabroué un collègue de son propre part, Donald Jonhston, en le traitant de « Rhodésien de Westmount », pour qualifier ses interventions motivées par les seuls intérêts des anglophones riches de l’ouest de l’île. Cette lettre ouverte est un vibrant plaidoyer envers les arts et une attaque directe contre les partisans acharnés des coupures dans le domaine culturel. Les qualificatifs qu’il emploi pour les décrire sont pertinents, de même que sa démonstration de la logique poussif employée par eux.

Enfin, que dire de ce court vidéo de Bob « Elvis » Gratton, ci-devant partisan de Jean Chrétien, converti au conservatisme harpérien? Le voici venu nous donner avec émotions ses arguments pour élire un gouvernement conservateur majoritaire :



jeudi, octobre 02, 2008

Le lendemain du débat.

J’avais prévu une soirée occupée, hier soir, je n’ai pas été déçu. D’une part, je voulais regarder le débat entre les chefs des cinq principaux partis sur la scène fédérale, tout en passant au scanner des vieilles photos, mon ordinateur étant dans le salon. Mon ami Frefon s’est invité chez moi, suite à sa visite chez le dentiste, afin de passer un peu de son mal sur Stephen Harper. Il n’a pas été déçu.

C’est le sujet du jour, ce sacré débat télévisé des chefs, animé cette fois-ci par Stéphane Bureau. La formule a été très différente, la table et le rapport presque personnel entre les chefs (ça été remarquables, cette interpellation par leur prénom et « l’obligation » de chacun à dire du bien de son voisin de gauche…) m’a fait passer une soirée moins ennuyante que prévu. Mieux encore, voir le chef des conservateurs recevoir les coups des quatre autres, ça m’a fait bien plaisir. Frefon, dont le mal de dent l’avait rendu irritable, sacrait sur le fait du vote majoritairement acquis aux conservateurs dans la région de Québec, Lévis et dans la Beauce. «Cibouére, ils doivent ben le voir, le Harper, quand il ne veut même pas répéter ce qu’il vient de dire en anglais, sur les artistes »… au même moment où ce dernier, revient sur l’appel à la mobilisation lancée lors du gala des Gémeaux, « les robes de gala subventionnées par le gouvernement », avec cet air de gars qui cache mal ses mauvais coups. Je lui ai rappelé que dans notre ancienne région, il n’est pas rare de rencontrer quelqu’un dont le mépris des arts va jusqu’à lui faire dire « ben si ça marche pas pour eux-autres, qu’ils se trouvent une vraie job, câliss de béesses parasites! ».

C’est en effet dans notre ancienne région que ce débat ne devrait rien changer sur les intentions de vote. Même si les sondages indiquent la sortie rapide des adéquistes hors de l’Assemblée nationale pour des raisons précises (positions jugées trop à droite, incompétence des élus, gaffes…), cela n’empêchera pas une répétition des résultats de 2006. On avait parlé à l’époque du « mystère de Québec », chose dont moi et Frefon avions une idée précise. Nous ne sommes pas partis de cette région pour rien, avec l’idée de ne plus revenir y vivre…

Notre assiduité devant le débat a été assez imparfaite, nos commentaires et mon occupation à scanner mes photos nous a fait perdre quelques échanges, mais nous avons quand même remarqué la capacité du chef libéral à se démarquer. Malgré qu’il n’aura pas une carrière politique plus longue que Paul Martin à la tête de son parti, il pourra toujours se souvenir d’avoir bien paru au moins une fois, dans cette campagne… J’ai bien aimé aussi les interventions très pertinentes de Gilles Duceppe, son calme et sa capacité d’argumenter. Il a même été étonnant de voir l’appui que se sont fait les chefs libéral et bloquiste pour contrer leur adversaire conservateur. Ce dernier nous a paru jouer sur un mode programmé d’avance, le sourire en coin indélogeable et un ton de voix d’hypnotiseur. Le problème pour lui a surtout été qu’il n’a pas répondu à la majorité des questions et qu’il n’a pas la décence de regarder ses interlocuteurs en face. Même s’il a tenté de défendre son projet d’assujettir les criminels de quatorze ans aux mêmes peine que les adultes, je ne l’ai pas trouvé pas plus convaincant. J’aimerais vous reproduire l’imitation que Frefon a fait du ton de voix de l’actuel premier ministre, mais par écrit c’est impossible…

Voir Stephen Harper se faire questionner et reprocher comme hier soir, le voir faire face à des critiques pertinentes, ça prouve que non seulement le bilan des conservateurs en deux années et quelques mois de pouvoir n’a pas été brillant, mais donner un autre mandat à ce parti semble risqué, surtout s’il est majoritaire. C’est pourquoi il serait intéressant d’avoir un gouvernement de coalition NPD-PLC, un moindre mal à mon humble avis. C’est un électeur du Bloc québécois qui vous l’écrit!




Après les Rois du bel habit, les Rois du faux toupet?












mardi, septembre 30, 2008

La chute

J’ai envie de conserver les premières pages des journaux d’aujourd’hui. Comme événement, ce n’est pas rien. Imaginez : la pire chute de l’indice Dow Jones depuis la crise de 1987 et on n’a pas tout vu. On nous annonce de façon régulière des faillites de banques et d’institutions en manques de liquidité, malgré leurs actifs. J’ai lu quelque part cette effarante nouvelle, plus de 1 200 milliards de dollars « virtuels » se sont évaporés, comme ça, avec la chute de la valeur des titres. La panique ne s’est pas encore manifestée, les solutions sont apparentes mais encore là, c’est bien un refus de ces moyens suggérés par l’administration de George W. Bush qui a entraîné l’effondrement d’hier et sa suite aujourd’hui.

Le plan de sauvetage de 700 milliards, refusé par le Congrès (et principalement par les élus républicains, ne l’oublions pas), avait pour but d’injecter de l’argent pour renflouer les innombrables créances contractées par les institutions bancaires. De même, l’État américain, en prenant en main les pertes, devient le garant de l’énorme dette contractée par tout le système de crédit. Dans le contexte des coûteuse guerres menées en Irak et en Afghanistan, il est difficile de prévoir comment ça va se terminer, cette énième épisode de crise économique, mais peut être celle-ci va sonner le glas définitif de la financiarisation de l’économie. Mais avant tout, c’est un changement de type idéologique qui doit s’opérer, car la chute des marchés financiers, c’est surtout l’échec définitif de ce qui a constitué le pivot principal du néo-libéralisme, c’est-à-dire le concept du laisser-faire en économie.

Sans aller jusqu’à comparer la situation boursière actuelle avec celle du Krach de 1929, où la surchauffe de l’économie provoquée par la spéculation a causé sa perte, on peut affirmer que la principale responsable de cette crise est la croyance au laisser-faire économique et la « main invisible » du marché. C’est par la déréglementation et l’absence de quelques règles qui auraient pu freiner la croissance de cette bulle spéculative, dont l’éclatement était quand même prévisible, que nous voyons les États-Unis pris dans l’engrenage d’une grave récession. De toute évidence, les dirigeants économiques américains n’ont rien appris des erreurs d’autrefois, a spéculation et le laisser-faire ont eu raison de leur économie, comme autrefois. Préférant le capitalisme de cette époque d’avant 1929, tel que conseillé par les grands « Prix Nobel d’économie » que furent Friedrich von Hayek et Milton Friedman, ces grands patrons se retrouvent à appeler l’aide de l’État américain, avant que tout l’édifice financier s’écroule.

Cette trop longue obstination, pour maintenir cette « religion » du laisser-faire économique comme la norme des marchés financiers, a un rebondissement des plus cocasses. Lorsque les parlementaires américains ont débattu du plan de sauvetage, il s’en est trouvé chez les républicains pour dénoncer son caractère « socialiste ». Ils faisaient probablement écho à un autre excité du Wall Street Journal et d’autres fanatiques du laisser-faire, pour parler des « États socialistes unis d’Amérique ». Encore aujourd’hui, en parcourant brièvement les sites conservateurs, j’ai lu rapidement de longues tirades contre toute forme d’intervention gouvernementale, au nom de l’auto-régulation naturelle des marchés. Quand ils en sont rendu à tenir mordicus à la chute de leur propre système, au nom de l’idéologie… Pour la petite histoire, les élus n’avaient pas cette seule objection envers le plan de l’administration Bush. Il s’est trouvé des représentants, peu importe l’affiliation, qui ont refusé d’entériner ce projet, simplement parce qu’ils l’ont trouvé invendable à leurs électeurs. Pas fous, ils se sont rappelé la date très prochaine de l’échéance électorale. En effet, comment expliquer une dépense colossale pour sauver les entreprises financières, responsables au premier plan de leur propre faillite et celle de leur système?

Il n’en reste pas moins qu’à l’heure où j’écris ces lignes, les bourses semblent récupérer des pertes de la veille, encouragées par la volonté des élus de reprendre l’étude d’un plan de sauvetage « amendé ». Nous verrons bientôt la suite. Une chose est certaine, cette crise constitue le Waterloo du néo-libéralisme.

mardi, septembre 23, 2008

Une stratégie lourde.

C’est ce matin que j’ai appris la voie privilégiée par le Parti conservateur pour contrer la criminalité juvénile. En regardant Stephen Harper faire ses déclarations, chez une famille éprouvée par la mort violente de l’un des siens, je me disais comment cette position très fortement influencée par la droite américaine va conforter les purs et durs de sa base électorale, tout en divisant ses opposants sur la nuance à apporter à un tel changement de régime. Ce côté père-la-vertu qu’a cherché Harper à reproduire hier dans le salon de cette famille est celui du politicien irréprochable, dont les idées ne peuvent être autrement que raisonnables. On s’en doute bien, cette annonce du durcissement extrême des lois contre la criminalité juvénile a créé des remous, mais Harper va en faire le symbole de ses politiques sociales. Avec son entêtement, il va chercher à démontrer les différences de perception des autres partis, pour se faire du capital politique, du type « J’assure plus, regarder mes concurrents! Pas foutu d’avoir une vision commune contre la mienne! ».

Cette campagne électorale va marquer un tournant, dans la démocratie canadienne. D’une part, le Parti conservateur a mené ses activités comme s’il s’agissait d’un produit à vendre, dans le véritable sens du terme. On voit que ses stratèges on cherché à rassembler divers électorats au demeurant disparate, autant par leurs différence sociales, culturelles que régionales, mais finalement intéressés aux même vues que défendent Stephen Harper et ses candidats. C’est la même technique employé par le Parti républicain aux États-Unis, lors des deux précédentes élections présidentielles. Sous la même étiquette, les stratèges ont réussi à séduire l’électorat chrétien évangéliste et l’amener à partager la même vision que celle des libertariens épris du capitalisme pur, le grand patronat avec les classes moyennes banlieusardes, la bourgeoisie de couleur avec les cols bleus des régions en difficulté économique. Cet amalgame a tenu assez longtemps pour permettre à l’administration Bush II à faire pratiquement ce qu’elle a voulu faire, jusqu’à la limite que les lois pouvaient lui permettent. Il en a été de même avec Brian Mulroney et les progressistes conservateurs, entre 1984 et 1993, quand son équipe a coalisé les électeurs de l’ouest et les nationalistes québécois. Harper et son équipe est en train de créer cette coalition d’électeurs, favorables à une seule ou plusieurs de leurs politiques, selon l’exemple républicain.

D’autre part, je n’ai jamais vu une campagne aussi négative et je ne me souviens pas avoir entendu autant d’électeurs écrire en mal de l’un ou de l’autre. C’est peut être l’effet déformant d’Internet, où n’importe qui peut écrire sa réflexion ou son délire un peu partout. Actuellement, mon constat est qu’un grand nombre d’électeurs s’affichant comme partisans du Parti conservateur s’en prend violemment à des adversaires désignés, allant jusqu’à se dissocier complètement d’eux. Ils ne reconnaissent en rien chez ces adversaires une quelconque communauté d’intérêt. Je le remarque surtout dans les réactions envers les artistes et ceux qui protestent contre les coupures dans les subventions à la culture. Non seulement ces partisans conservateurs appuient sans réserve ces coupures, ils vont jusqu’à exiger la fin de toute subvention à l’art, en qualifiant les artistes de parasites. Pour l’avoir lu très (trop) souvent ces derniers jours dans les pages virtuelles de la Cyberpresse et du Devoir, je me demande si ce ressac « anti-artistique » ne va pas trop loin. À l’instar de Patrick Lagacé de la Presse, qui il a qualifié de «
barbares » ceux dont les dérapages dans les commentaires de son blogue les amènent à crier leur haine contre toute forme de culture, je suis aussi inquiet. Encore aujourd’hui, Stephen Harper en rajoute, comme s’il fallait ameuter davantage les plus exaltés de ses partisans.

Comme ça s’est passé pour l’Union nationale créditiste (ADQ), la base électorale va se radicaliser, en comparaison avec les élus. Dans le contexte où le Parti conservateur risque de former un gouvernement majoritaire, il sera intéressant de voir comment se concrétisera les attentes de ces électeurs. C’est peut être à ce moment que nous verrons la réalité rattraper ce gouvernement…

Pour une pub négative…

J’ai resté un peu saisi, quand j’ai vu cette pub ce matin, sur la page de MétéoMédia…




Il faut dire que le NPD charge à fond de train contre les conservateurs de Harper, allant jusqu’à les amalgamer aux républicains appuyant encore George W. Bush… ce n’est pas moi qui va blâmer les stratèges du parti!


vendredi, septembre 19, 2008

Quand certains votent contre votre existence!

C’est peut être un effet du blues qui m’habite, quand l’automne arrive et qu’enfin je peux dormir sous mes drap. Ou encore la déception envers mes concitoyens, lorsque je lis et j’entends des commentaires imbéciles sur l’actualité politique. Finalement, c’est la seconde raison qui l’emporte. Encore heureux que je n’habite plus à Lévis, j’en serais déjà à soigner un ulcère d’estomac, en sachant que le mollusque député conservateur du coin va être facilement élu. Déjà que les électeurs de Portneuf, la région où j’ai passé mon enfance, va réélire le démagogue André Arthur.

Ces commentaires, ce sont surtout ceux de la catégorie des gens dont j’apprécie le moins la présence et surtout les opinions. Règle générale, je peux comprendre facilement les points de vue contraire aux miens, surtout s’ils sont appuyés par des faits ou des exemples. Mais quand il s’agit d’opinions forgées dans les préjugés, ça ne passe pas. Évidemment, les commentaires racistes, sexistes, homophobes, haineux, je ne les supporte plus, tant je les trouve nuls et sans objectifs autre que de nuire. Ce n’est pas de la politique quand on exprime sa volonté d’exclure une partie de la population, par ignorance ou par des craintes injustifiées. Le raciste, quand il propose de freiner l’immigration parce qu’il trouve que des « races », il y en a trop, n’a pas exprimé quelque chose de constructif, loin de là. Idem pour celui dont le droit à l’avortement devrait être supprimé, simplement parce qu’il s’appuie sur quelques faits. De même, je ne suis pas plus entiché d’entendre des extrémistes de gauche, tels que ces gens du Parti communiste révolutionnaire, dont la pureté idéologique leur commande de boycotter les élections par souci de ne pas participer à un exercice démocratique avec la bourgeoisie. C’est pourquoi ils vont qualifier les progressistes du NPD, du Parti vert ou de Québec solidaire de « gauche caviar »… c’est un peu court.

En fait, la chose la plus détestable qui réuni ces soi-disant points de vue politiques, c’est la volonté d’exclure un groupe de la société. Depuis le déclenchement des élections fédérales, je n’ai pas eu une seule journée où j’ai lu ou entendu une déclaration ou il était manifeste que l’on exprimait une idée d’exclusion. Ce n’est pas souvent dans la bouche des candidats, mais plus souvent des partisans politiques. L’opinion qui s’est fait entendre le plus depuis le 8 septembre, c’est celle qui appui les coupures dans les subventions aux arts. Que d’âneries j’ai pu entendre, de la part de gens dont le principal motif et de voter « contre ». Ainsi, ces électeurs voteront pour les conservateurs, parce qu’ils ont apprécié cette décision. Que de fiel versé contre les « béesses » que sont les artistes, perçus comme étant des riches gâtés qui en veulent toujours plus. On n’a qu’à observer les réactions, le lendemain du Gala des Gémeaux, où ces braves électeurs ne connaissent d’artistes que les vedettes de la télévision et du cinéma, venus à cet événement en tuxedo et en robe de cocktail. Quand on sait que certains comédiens ne gagnent qu’entre 15 000 et 20 000 dollars par année, les obligeant à vivre sur la brèche longtemps avant d’avoir des rôles régulièrement, ou encore les différents créateurs qui doivent cumuler plusieurs emplois pour arriver à joindre les deux bouts, je ne vois pas qui peu bien « profiter du système »…

La meilleure réplique lue récemment est un commentaire sur le blog de Patrice Lagacé. L’auteur se targue d’être une « tata du gros bon sens », cette tribu terrible dont le principal leitmotiv est d’exprimer sa hargne contre tout ce qui leur apparaît comme contraire au sens commun (être propriétaire, se croire d’une classe moyenne, avoir des enfants, habiter en banlieue, être propre, regarder la télévision, se coucher pas trop tard, aimer Céline Dion…bref n’importe quoi qualifié de « normal »). L’an dernier, on a eu droit à de magnifiques exemples de cette pensée de haute voltige, de la part des partisans de l’Union nationale créditiste (ADQ). Maintenant, il faut croire que la tribu terrible va probablement voter bruyamment pour les Tories, au nom du gros bon sens. La dénommée Supermario nous a donné cette perle, qui exprime une connaissance aigue de la politique et des affaires publics :

supermario

Le Jeudi 18 Septembre 2008

Moi je fais partie de ces tatas du gros bon sens et j’en suis fière. Je suis Québecois-canadien-français de souche et je rêve de passer à autre chose…

Les conservateurs sont peut-être les seules à l’avoir compris, bien des Québecois en ont assez des débats OUI-NON et de la gauche. Leur solution : régler le problème à la source en coupant l’aide aux artistes qui militent pour la gauche en général.

Ces gauchistes paralysent notre système, les priver de subvention est un bon moyen pour empêcher la propagande socialiste qui nous guide tout droit vers des problèmes économiques.
(C’est moi qui souligne.)

Pour ce qui est des libéraux comme Mme.Forget et M.Hamad, bien il essaie simplement de se faire passer pour des « sauveur-eniste » qui défendent les intérets de la nation. Ils veulent aller chercher le vote des brebis égarés du PQ tout simplement.

Quand je lis des commentaires semblables, je me demande toujours si j’ai manqué quelque chose. Québec solidaire est pratiquement le seul parti de gauche (il y a aussi le Parti marxiste-léniniste du Québec, mais loin derrière, très loin…), il rassemble de 3 à 8% des voix dans les sondages mais aux yeux de cette tribu, c’est ce parti qui dirige le Québec! À moins que nous sommes dans une république populaire ou socialiste et que personne me l’ait dit! Tiens, pourquoi pas, la tribu considère tous ceux en dehors de l’ADQ et du Parti conservateur, comme tous des gauchistes! Ah, si c’étais vrai!

En somme, ces gens plastronnent de voter contre tel pou tel groupe et vont jusqu’à nier un droit de parole à ces ennemis désignés, comme s’il s’agissait de créatures nuisibles. Dans l’immode film adéquiste « L’Illusion Tranquille », de Johanne Marcotte, c’est justement la stratégie recherchée : monter des citoyens en grand nombre contre « l’autre » (les syndicalistes, les gens de gauche, le Parti québécois. les souverainistes, les fonctionnaires, les sociaux-démocrates), dont on semble avoir oublié qu’il s’agit d’êtres humains et non de cancrelats*. Cette stratégie semble être utilisée encore à cette élection et elle m’apparaît symptomatique d’un grand malaise. Personnellement, je serais tenté d’y voir une résurgence d’un conflit entre classes sociales, mais il est possible qu’il s’agisse d’un échec plus important, soit l’affirmation de vouloir vivre ensemble. Cette mentalité d’assiégé affirmée haut et fort par la tribu exclusiviste m’apparaît indigne et me fait craindre les pires débordements.


*J’utilise le terme « cancrelat », car le sous-entendu historique m’apparaît très lourd de sens…

mercredi, septembre 10, 2008

Ça promet!



Beau début de campagne électorale, n’est-ce pas? L’histoire de la mauvaise caricature, utilisée par le Parti conservateur pour illustrer le mépris que ses stratèges nourrissent envers Stéphane Dion, ne va certainement pas hanter Stephen Harper très longtemps, mais quand même, j’ai bien aimé le voir s’excuser publiquement. J’ignore si celui qui a eu cette brillante idée a été viré, mais il est certain que désormais, Harper va être obligé de garder un œil sur tout le monde, y compris ses candidats. Déjà, une de ses candidates s’est retirée pour avoir dissimulé deux condamnations pour des crimes. On apprenait également la présence de la représentante de l’Opus Dei parmi les candidats conservateurs du Québec. De même, Ricardo Lopez, un ancien député conservateur de l’époque Mulroney, puis candidat de l’Alliance canadienne en 2000, se présente sous la bannière libérale dans le comté de Beauharnois-Salaberry. Si les officiers du PLC avaient été un peu plus regardants, ils auraient appris de bien belles choses sur le passé de leur candidat. Idem pour le candidat libéral dans le comté de Québec-Est, Simon Bédard. Retraité de la radio, il avait eu ces belles remarques envers les Mohawks, du l’été 1990 :

À l’époque, les commentaires de Simon Bédard avaient soulevé une controverse et certains de ses propos avaient même fait l’objet d’une étude de l’Université Laval. «Tu rentres là avec l’armée pis tu nettoies tout ça. Cinquante morts, 100 morts, 125 morts, ça vient de s’éteindre. On enterrera ça pis on continue à vivre», avait-il soutenu.

En plus, s’il est élu, il tient à achaler son chef pour arriver à ses fins. On lui souhaite bonne chance. Dans ce comté, on retrouve ce qui reste d’artiste et d’étudiants progressistes à Québec. C’est le seul comté de la ville qui n’a pas passé sous la coupe conservatrice en 2006.

Verra-t-on une répétition des « Rois de l’habit »? L’an dernier, les rares choses qui me réjouissaient durant les élections provinciales étaient les déclarations et les gaffes des candidats adéquistes, tous photographiés avec des complets presque semblables…




Je vous reviens avec d’autres histoires sur Carcass les prochains jours!





lundi, septembre 08, 2008

Voir Carcass et puis... attendre GBH qui s'en vient dimanche prochain!

Il fallait que je m’en attende, un lendemain de spectacle… je suis fatigué! Une soirée à hurler mon appréciation, comme mes centaines de camarades devant la scène du Medley, à voir nos groupes préférés. J’étais là pour Carcass, bien sûr. Mais il y avait aussi des vétérans de la scène death, de Suffocation, de même que les black métalleux de 1349 et la machine Aborted… il y avait aussi Rotten Sound, mais on a trouvé le tour d’arriver trop tard pour le show.

J’ai trouvé la formule, pour exprimer mon appréciation du spectacle. Je me suis bien vanté d’avoir vu Carcass en 1992, désormais je pourrai me targuer d’avoir été là en 2008. Nul doute, la performance du groupe a été au-delà de ce à quoi je m’attendais, malgré le fait que je suis allé voir plusieurs fois les extraits de spectacles de cette tournée sur Youtube.

Parlant de Youtube, je me doutais bien de retrouver un extrait du spectacle… ceci est l’intro et la première pièce. C’est précisément la vue que j’avais de la scène, j’étais un peu plus à l’arrière de la personne qui a pris ces images. Évidemment, c’est plutôt rare d’avoir un son de bonne qualité, dans ces circonstances où l’on utilise une petite caméra personnelle… mais quand même, Ça démontre ce que j’ai pu voir, avec mes amis.




De mon côté, j’ai tenté de prendre quelques photos mais je devrai apprendre davantage à me servir de ma caméra, avant de répéter l’aventure…






dimanche, septembre 07, 2008

À demain! Ce soir c'est le show de Carcass...

...et je vous en reparlerai, c'est certain! À+!

vendredi, septembre 05, 2008

Ah les cons!

Je tiens à poursuivre mes impressions sur le groupe Carcass mais avant, j’aimerais revenir sur cette nouvelle, apparue hier.

Il est compréhensible qu’une personnalité publique ait à cœur un projet d’envergure, de même il est tout à fait normal de disposer de sa propriété comme on l’entend, selon les règles de la collectivité. Le projet de Pierre Garand, mieux connu sous le nom de Garou, est à mon avis un projet insensé auquel il faut s’opposer. Bien qu’il s’agisse à première vue d’une esquisse et qu’il ne semble pas avoir un plan concret, il faut faire savoir à cet individu que la santé ne concerne pas une partie de la population mais son ensemble. Le chanteur semble avoir oublié que la santé n’est pas un bien consommable, disposée à être jumelée avec d’autres entreprises commerciales comme un restaurant luxueux ou un hôtel quatre étoiles. Profiter des incertitudes autour du projet du CHUM comme il l’a fait, c’est faire preuve d’une irresponsabilité sociale, dans la mesure où il sous-entend que son projet devra obligatoirement être jumelé avec la construction du nouveau centre hospitalier universitaire. Ainsi, il peut sous-entendre que son projet dépend des décisions du Ministère de la Santé et des instances administratives du CHUM, de façon à pouvoir les blâmer, si son projet apparent de jumelage est écarté. Rappelez-vous le projet du casino au Bassin Peel et les jérémiades en sa faveur. J’entends déjà les meneurs de claques pourfendent « l’immobilisme » dans la Presse et les autres journaux de Gesca et Quebecor…



Pierre Garand, mieux connu sous un autre nom


De plus, la perte d’une autre salle de spectacle en si peu de temps me dérange plus personnellement. Je ne pense pas que nous allons retrouver des milliers de défenseurs du Medley, même si on ouvre une page sur Facebook en sa faveur. Mais quand même, Garand avait acheté le Medley un peu par nostalgie mais celle-ci se tasse vite, pour le (gros) profit bien personnel. Voir érigé une autre foutue tour, pour accompagner sa clinique de riches, ça me dégoûte. Encore là, il va en avoir pour se réjouir de la perte d’une salle de spectacles où se réunissent des pouilleux et des drogués pour écouter leur musique de sauvage…

Et puis l’autre…

J’ai été un peu attristé de savoir que l’Abbé Raymond Gravel va retourner à son sacerdoce à temps plein. Voilà un homme politique dont on ne pouvait se passer à Ottawa, mais le Vatican a préféré l’entendre autrement. Il se trouve que des catholiques conservateurs, peu entichés de voir un prêtre moderne siéger à la Chambre des Commune avec des séparatistes, se sont plaint aux autorités ecclésiastiques. L’un d’entre eux est ce sinistre individu ayant organisé un congrès pro-vie en 2005 à Montréal, l’intellectuel d’extrême-droite Luc Gagnon. Sinistre, de par ses écrits dans la revue Égards, où il exprime des idées d’un autre siècle, aux côtés de personnes tout aussi peu recommandables, cet individu aux revenus de sources douteuses se permet de jeter son fiel sur ses contemporains, bien à l’abri de son appartement/bibliothèque, loin de la futilité de l’effort et de la survie de ses semblables.

J’ai les tartuffes en horreur, peut être parce que dans mon histoire récente j’ai agi comme eux. Je crois m’être rattrapé depuis mais pour la plupart, comme ce Gagnon, la seule lecture du premier chapitre de ses textes me ramène la bile aux lèvres. Quand je l’ai vu l’autre soir au Téléjournal, la mine réjouie devant le retrait de l’abbé Gravel, se vanter d’avoir prévenu Rome des agissements de ce prêtre ayant appuyé la nomination d’Henry Morgenthaler à l’Ordre du Canada, je n’ai pu m’empêcher de lâcher quelques épithètes...


Luc Gagnon, jeune réactionnaire cloîtré

Je considère Gagnon comme un tartuffe, non seulement pour ses écrits et son mode de vie calqué sur ses idoles, mais aussi sur quelques informations de première main, sur sa façon bien à lui de faire des approches à la gent féminine. Sans vouloir aller plus loin dans ce qui peut apparaître comme un ragot, je ne peut passer sous silence que la misogynie apparente du monsieur provient de ses insuccès suite à ses approches disons fort peu appropriées…

Carcass, la suite

J’ai fait une petite erreur, en plaçant la vidéo de Carcass à la fin de mon texte. J’ai ainsi devancé le fait que le groupe a fait paraître un vidéo-clip, mais seulement à l’album suivant, intitulé Necroticism- Descanting The Insalubrious. À partir de cet album s’est ajouté l’apport de Michael Amott comme second guitariste, de même Jeff Walker chante la plupart des chansons, jusqu'alors partagées en lui et Bill Steer. Cet album, à sa sortie, marque également un autre tournant. On sent que le groupe veut délaisser le côté grindcore, pour un son beaucoup plus travaillé. À l’époque, je suis resté surpris d’entendre des amis peu familiers avec la musique du groupe affirmer qu’ils aiment bien l’album, si ce n’étais de la voix grave et rauque de Walker, qui fait très bien dans le monde du death metal mais encore peu courante en dehors de la scène.

C’est vers cette période des années 1991-1992 que le band a acquis sa réputation de maturité. Les chansons sont encore construis dans un langage médical, mais on a délaissé le côté repoussant des pochettes :

Carcass a également fait paraître un mini album, Tools of the Trade, dans lequel le groupe reprend des pièces du premier album, dans une optique et un son nettement différents. On retrouvera ces pièces sur une compilation qui paraîtra à la séparation du groupe.

Il y a seize ans bientôt, je suis allé voir Carcass en spectacle pour une seule fois jusqu’à maintenant. Imaginez l’affiche : la tournée, intitulée « The Hangman’s Ball », rassemble outre Carcass, Napalm Death en tête d’affiche, Cathedral et Brutal Truth. Ce fut un des spectacles les plus mémorables de ma vie. Ça explique la fébrilité qui m’habite…

à suivre...

jeudi, septembre 04, 2008

Carcass s'en vient!

Mine de rien, l’événement de dimanche prochain au Medley va en être un d’envergure pour moi et tous les métalleux de la vieille garde des années 90, voire tous les autres! C’est probablement un moment inespéré qui va se produire, que je n’imaginais même pas dans mes rêves les plus fous. Un des groupes m’étant le plus familier, dont j’ai acheté le premier album en vinyle (c’est bien pour dire que ça date de loin!) revient d’entre les morts, pour remettre ça avec ses fans. Carcass, dont j’évoquais le passage prochain dans ma dernière chronique, est peut être un groupe dont peu de gens en dehors de la scène métal ont entendu parler. Pourtant, son influence est manifeste, surtout avec la nouvelle vague de groupe de la variante brutale du death metal, de même que les fans de grindcore, toujours aussi nombreux.

La première fois que j’en ai entendu, c’est justement à l’achat de ce premier album l’année de sa parution (en 1988…ben oui!), intitulé Reek of Putrefaction. En voyant la pochette, on s’attend effectivement à entendre du bruit : constituée de photos découpées de cadavres humains victimes d’accidents ou autre mort violente, elle n’a pas été reproduite lorsque l’album est paru en format CD, tant elle est franchement dégueulasse.




Et les titres! Alors là, comme les paroles, ils sont sortis tout droit de l’encyclopédie médicale. Des chansons au titre aussi évocateur que Manifestation of Verrucose Urethra ou encore Pungent Excruciation, avec ce son lourd et les blast beats répétitifs vont donner le ton du groupe. Pour la plupart, ce groupe sera perçu comme une plaisanterie, de par la pochette et la faiblesse de la production de l’enregistrement mais pour d’autres (dont moi), ce groupe ne pouvait faire autrement que de persister. Au sein du trio original, avec Jeff Walker (basse, vocal) et Ken Owen (batterie), on retrouve Bill Steers, qui à l’époque était également dans un de mes groupes-cultes, Napalm Death. Ce dernier m’a énormément influencé, même à leur début, mon enthousiasme pour d’autres groupes du même genre a été instantané.


Steer, Walker et Owen, il y a près de vingt ans de cela...

L’album suivant, intitulé Symphonies of Sickness, va reprendre les mêmes thèmes médico-légaux, avec une pochette aussi violente. Cette fois, on remarque une amélioration exponentielle de la production et du savoir-faire des membres du groupe. C’est aussi l’époque du premier vidéo-clip…




À suivre...

mercredi, septembre 03, 2008

De retour au boulot.

Après ces six derniers jours, qui ont constitué l’ensemble de mes vacances d’été de cette année, je reprends le collier. C’est difficile un peu, compte tenu du fait qu’hier matin je ramais sur le fleuve St-Laurent, juste devant la maison de mes parents. Mon père s’est fait un plaisir de me faire partager son nouveau passe-temps, comme on peut le voir sur cette photo…



J’ai eu beaucoup de chance. Non seulement il a fait un temps magnifique, on n’a pas eu du tout de vent et le fleuve a été aussi calme qu’un lac. On a ainsi pu profiter de ces instants rares. Mon père m’appelle pour rire « son Bidou », comme le personnage de Bidou Laloge dans les Belles Histoires des Pays d’en haut, alors on voit bien ici comment le « Père Laloge » a bien aimé faire du canot avec son Bidou…

Pendant ce temps, au sud de la frontière…

Comme plusieurs autres au Québec, je m’intéresse de près à l’élection présidentielle américaine. Durant la fin de semaine, j’ai eu le temps de lire quelques extraits du discours de Barack Obama, prononcé vendredi passé à la foule de délégués à convention du Parti démocrate. Je dois admettre mon enchantement lorsque j’ai lu des extraits, sous la plume de Jean-Simon Gagné, du journal Le Soleil. Je vous les cite :

«Depuis deux décennies (John McCain, le candidat républicain) souscrit à la même vieille philosophie discréditée, qui veut qu’on donne de plus en plus à ceux qui possèdent le plus, en espérant que leur prospérité rejaillisse sur les autres, a tonné Barack Obama(...)»

«Vous n’avez pas de travail? Ils vous souhaitent bonne chance, a-t-il ironisé. Vous n’avez pas d’assurance maladie? Ils vous disent que le marché va s’en occuper. Vous êtes nés pauvres? Alors ils vous suggèrent de chausser vos bottes pour vous sortir du trou — même quand vous n’avez pas de bottes. Débrouillez-vous tout seul.»

Je n’aurais su mieux dire, sur ce grand mensonge qu’est la théorie bien capitaliste et néolibérale selon laquelle la totale liberté des entrepreneurs pour accroître leur richesse ne peut que profiter aux plus pauvres. Un peu comme les miettes tombant d’une table surchargée de victuailles, mais dont seuls quelques-uns ont accès, mais permettent cependant que les autres puissent quand même prendre ce qu’il tombe des assiettes…

Les républicains ont eu raison de s’en prendre à Barack Obama en tant que « candidat le plus à gauche depuis longtemps ». Je ne me souviens pas d’avoir lu chez les autres candidats et présidents démocrates une si juste remarque sur les problèmes des gens ordinaires aux États-unis. Si Obama promet un changement de cap, il faudra quand même maintenir cette vision d’ensemble de ce qui ne tourne pas rond. Le nombre effarant de sans-abris, que viennent gonfler les soldats revenant d’Irak, le nombre aussi incroyable de « working poors », ceux dont le salaire demeure sous la le seuil de la pauvreté, le nombre scandaleux de personnes âgées qui travaillent à 70 ou à 75 ans, peinant à ramasser les caddies dans les stationnements, pour éviter de sombrer dans la misère…

Devant un candidat semblant comprendre ce qu’il se passe dans son pays mais a le défaut de mal comprendre les « enjeux internationaux » comme on lui a reproché (nous savons bien que l’administration Bush maîtrisait également ces dits enjeux…), John McCain et le Parti républicain on trouvé la personne idéale pour ramener les projecteurs sur eux et la faveur des électeurs potentiels. Une femme comme colistière, voilà la solution! Les électrices démocrates, déçues de ne pouvoir compter sur la présence d’Hillary Clinton aux côtés du candidat Obama, pourront se rabattre sur la présence de Sarah Palin, la gouverneure de l’Alaska. Tout un calcul! Avec cette nomination, les démocrates allaient en baver…

Depuis l’arrivée de cette illustre inconnue, on dirait que les médias se font plaisir. Enfin un véritable faux pas d’un des deux candidats. Ce n’est pas d’hier qu’un colistier de candidat à la présidence américaine apparaît comme le maillon faible de la campagne de son parti. Dans ce cas-ci, on a l’impression que les Républicains l’ont inventé, pour volontairement saboter leur campagne. Imaginez le tableau : la candidate républicaine à la vice-présidence n’est rien de moins qu’une conservatrice pure et dure, citant les Saintes Écritures et barrant l’accès à l’éducation ***uelle à l’école et se retrouve dans l’eau chaude dès les premiers instants où elle a accepté le rôle de colistière. On ne va pas s’ennuyer, cet automne…

Il est quand même remarquable de voir le Parti républicain s’embarrasser ainsi d’une candidature d’une personne aussi à droite, après avoir choisi une personnalité plutôt au centre. Madame Palin a sûrement des qualités, peut être fait-elle des discours vibrant envers son pays, mais d’après son parcours politique, il est pas mal plus tortueux que ces candidats à la vice-présidence vus précédemment. Je pense à ce Spiro Agnew, ci-devant colistier de Richard Nixon en 1972, dont le caractère ultraconservateur vouait à être perçu comme un dinosaure… non seulement il a mal paru comme VP avec Nixon (il fallait le faire!), mais il s’est fait prendre pour malversation financière et a du démissionner en cours de mandat. Peut-être verrons-nous une répétition de la candidature de Dan Quayle, en 1992? Ce dernier s’est mis à accumuler les gaffes, dont la célèbre erreur qu’il a faite dans une classe de primaire, au tableau noir, en écrivant le mot « patate » au pluriel. Quant à madame Palin, outre l’histoire de sa fille près de devenir mère adolescente, sa courte expérience à la tête de l’Alaska ne semble pas très reluisante.

Finalement, les Républicains semble tenter de rassembler cette coalition centre-droit/ extrême-droite qui leur a permis de conserver la présidence pendant les deux premiers mandats du millénaire. Cette fois-ci, il leur faudra plus que la démolition en règle des démocrates pour arriver à leurs fins, comme ils ont réussi à le faire en 2004.


En passant…

C’est officiel : nous irons voir le show de Carcass dimanche prochain! Le bonheur est à nos portes!