jeudi, juillet 31, 2008

L’OMC dans l’impasse? Tant mieux!

On a assisté de nos salons à un bien triste spectacle, soit celui de la fin des négociations sur la libéralisation totale du commerce international, dans le cadre de l’Organisation mondiale du Commerce. En fait, il a été plutôt réjouissant d’apprendre la fin lamentable de ces pourparlers, surtout quand les représentants des pays émergents comme l’Inde ou le Brésil n’ont pas été dupes de la mauvaise foi évidente des négociateurs occidentaux. Il fallait voir le ministre du commerce Michael Fortier, quand il est sorti de la grande salle de réunion, en prenant un air affecté, soucieux de la malchance guettant les pays pauvres et de l’ingratitude des pays riches.

La déclaration la plus étonnante (et aussi la plus hypocrite) est venue des Occidentaux, lorsqu’ils ont affirmées que ce sont les pays pauvres qui vont écoper de cette impasse. Au contraire, ces négociations ont eu pour but de faire tomber les barrières tarifaires des pays les plus pauvres, dans un contexte où il est évident que le rapport de force ne les avantageait pas. Les négociateurs américains et européens ont tenté d’ouvrir le marché alimentaire de ces pays, sans pour autant s’engager à s’ajuster devant un tel déséquilibre. L’ajustement en question est la fin des subventions accordées aux agriculteurs des pays riches, de façon à garder leur production à prix compétitif, devant les productions étrangères. Comme il semblerait qu’aucun gouvernement ne tient à laisser tomber cette pratique, pour des raisons aussi plates que le soutien électoral dans certaines régions, les producteurs agricoles pourront souffler en attendant une éventuelle reprise de ces négociations.

André Presse de la Pratte, toujours aussi rapide pour évoquer le saint dogme de la libéralisation, a qualifié de « mesure dépassée et archaïque », cette pratique des subventions, sans pourtant se justifier sur le besoin de cette politique. Il a pourtant omis d’évoquer le fond du problème, plus gênant à traiter, de la part d’un ardent défenseur du marché. Le problème ne vient pas de la frilosité des représentants des pays pauvres, ni de celle des producteurs agricoles du Nord. En fait, c’est que la libéralisation des marchés se heurte à un obstacle de taille, quand les États-Unis et les pays européens pratiquent un libre-échange à sens unique. Tant que ce sont les pays plus pauvres qui abaissent leurs barrières tarifaires, les partisans du libre-échange exultent, mais ils ne sont pas très empressés de commenter les tarifications spéciales et les embargos des riches. On a eu de nombreux exemples, avec cette fumisterie qu’est l’ALENA. Combien de fois des clauses spéciales et des règles se sont appliquées sur les produits d’importation canadiens, pour satisfaire tel ou tel lobby à Washington? Libre-échangistes, les riches? Bien sûr, mais seulement quand ça fait leur affaire…

Si les subventions agricoles devaient être abolies au Canada et au Québec, selon le désir de M. Presse de la Pratte, nous pourrions voir disparaître bon nombre d’entreprises familiales et de petites productions, avalées par les grandes entreprises agricoles ou encore s’effacer devant la loi impitoyable du marché. Sans doute nous verrions s’effondrer le secteur des produits artisanaux, tels que les producteurs locaux de fromage, de sirop d’érable, de viande d’élevage alternatif et autres produits du terroir. Dans un contexte de libre-marché, les coûts de production auraient rapidement le dessus sur la demande des consommateurs. Les subventions permettent la survie de ces productions locales, dont nous profitons en tant que consommateurs. Je ne vois pas trop en quoi elles sont dépassées, à moins que M. Presse de la Pratte préfère voir les régions se soumettre à quelques industries spécialisées, comme la production porcine, au risque de connaître les mêmes soubresauts des cinq dernières années. Peut être qu’il a la mémoire courte, l’éditorialiste : c’est justement le manque de diversité des industries régionales qui sont à la base de la fragilité économique de ces mêmes régions.

En terminant ce texte, je me suis souvenu avec nostalgie des précédentes rencontres, presque toujours accompagnées de grandes manifestations altermondialiste. Cette fois-ci, on n’en a pas entendu parler du tout. Peut être qu’il ne s’est rien passé, ou encore les manifs n’étaient que symboliques, ou encore on eu droit à un black-out médiatique… et puis peut être que la lutte contre la mondialisation néolibérale a été remportée, quand nous voyons tout ce beau monde cravaté se déchirer entre politiciens pragmatiques et gardiens du dogme du marché. Dans ce contexte, aussi bien laisser les projecteurs sur leurs disputes sémantiques, plutôt que se faire passer pour des émeutiers…


lundi, juillet 28, 2008

The Beautiful People.

Sur Antichrist Superstar, paru en 1996, Marilyn Manson a inclus une chanson intitulée « The Beautiful People » :



Les paroles :
And I don't want you and I don't need you
Don't bother to resist, or I'll beat you
It's not your fault that you're always wrong
The weak ones are there to justify the strong

The beautiful people, the beautiful people
It's all relative to the size of your steeple
You can't see the forest for the trees
You can't smell your own shit on your knees

There's no time to discriminate,
Hate every motherfucker
That's in your way

Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, why you trying to be mean?
You live with apes man, it's hard to be clean

The worms will live in every host
It's hard to pick which one they eat most

The horrible people, the horrible people
It's as anatomic as the size of your steeple
Capitalism has made it this way,
Old-fashioned fascism will take it away

Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, why you trying to be mean?
You live with apes man, it's hard to be clean

There's no time to discriminate,
Hate every motherfucker
That's in your way

Hate! [x8]

Je ne pouvais imaginer qu’un jour, on prendrait Marilyn Manson au mot et qu’on justifierait ce qu’il a appelé le « fascisme de la beauté ». Dans le journal La Presse de vendredi, un article a traité de l’implantation récente des services du site beautifulpeople.net pour le Canada et le Québec. J’ai retrouvé le communiqué annonçant l’arrivé de ce service, destiné aux célibataires des deux sexes, dont le critère essentiel est celui de la beauté physique, selon les barèmes très précis des membres. Comme vous pourrez le constater, ce service est élitiste et a des sous-relents d’eugénisme. On suggère ainsi qu’une catégorie de gens doivent frayer entre eux et conserver ainsi cette beauté à l’intérieur du groupe.

En effet, comme le souligne explicitement les fondateurs, les gens de belle apparence ne doivent plus perdre leur temps avec des gens plutôt ordinaire. Ça m’a rappelé une autre chanson, « La Führer », où Mononc’ Serge dénonce la pratique de sélection du public, utilisé par les producteur de « La Fureur », l’émission animée pendant plusieurs années par Véronique Cloutier :

Dès sept heures
Les banlieusards de Brossard
De Candiac
Débarquent tout heureux
Au studio 42
Une hôtesse
Serait-ce Elsa la louve des SS?
Effectue le tri de la foule
Et envoie au balcon les tamouls
Les lépreux
Les grosses torches les plus moches
Tandis que plus bas
Dans le champ des caméras
Les gens
Montrables à l'écran
Se partagent le parterre
D'un côté, les belles aryennes
De l'autre, les bons aryens


Le plus cocasse de ce genre de site, c’est l’assurance des créateurs sur la superficialité de leur clientèle visée. La beauté physique est l’absolue, tant pis si les gens ne rencontrent pas vraiment l’âme sœur, au moins ils sont « entre eux », telle une aristocratie exclusive, loin de la plèbe roturière. Comme le soulignait l’auteur de l’article, pourquoi créer un site de rencontre, quand c’est surtout les gens de moins belle apparence qui ont des difficultés de rencontrer l’âme-sœur? En fait, c’est une forme extrême d’arrogance affirmée où des « beautiful people », non content d’avoir été gâté par la nature et dont souvent la réussite sociale en a été le résultat, tiennent absolument à le crier sur les toits. Déjà qu’il existe toute forme de discrimination sur l’apparence, celle-ci en rajoute et ne semble souffrir d’aucun complexe.

Ça doit être ça, finalement, le fascisme de la beauté…

mercredi, juillet 23, 2008

Bien fait pour sa gueule!

Il y a de ces drames individuels qui se produisent et dont on peut se réjouir. Je pense surtout à l’arrestation de Radovan Karadzic, l’ancien leader des Serbes ultranationalistes de Bosnie, dont le mouvement a déclenché une guerre civile, suite à l’éclatement de la Yougoslavie. L’ex-psychiatre et également ex-figure de proue politique du mouvement nationaliste serbe de Bosnie se cachait depuis une douzaine d’année en Serbie, sous un faux nom et une nouvelle apparence. S’il faut en croire les médias, le gouvernement serbe savait très bien sous quelle identité Karadzic se dissimulait à Belgrade et ce sont les intérêts économiques du pays qui l’ont amené à vouloir le livrer au Tribunal pénal international (TPI). En effet, la Serbie tente de joindre l’Union européenne et depuis l’élection d’un gouvernement favorable à son adhésion, il ne fallait pas compter trop longtemps avant que Karadzic soit enfin livré à la justice. Quand même, il est dommage que ce soient l’ambition économique qui a décidé les autorités serbe à se saisir de Karadzic, pour qu’il soit transféré devant le TPI. J’aurais préféré savoir qu’à Belgrade, on mesure enfin l’ampleur des crimes commis par Karadzic et les autres leaders serbes de Bosnie (dont le chef militaire Ratko Mladic) pour que justice soit faite. Mais quand même, c’est une bonne nouvelle de savoir qu’un criminel de guerre et contre l’humanité puisse enfin subir un procès pour ses crimes.



Et dans ce cas-ci

« Revenu Québec c'est des malades mentaux. Tu leur dois 8 $, et ils vont kidnapper tes enfants. C'est eux autres qui ont kidnappé la petite Cédrika»

L’histoire de Mike Ward et son gag de mauvais goût utilisant la disparition de Cédrika Provencher a fait des vagues, ces derniers jours. L’humoriste, dont le type d’humour ne m’est pas tellement familier, se spécialise dans « l’extrême ». Pour lui, il n’y a aucune limite. En retour, le voilà dans une position très inconfortable, où il est la cible de menace de mort et de harcèlement. D’une certaine manière, sans vouloir encourager en quoi que ce soit les dérapages de certains individus envers la personne de Ward, je me suis dit qu’il venait enfin de faire face à sa responsabilité en tant qu’auteur. Je ne suis pas un zélote de la rectitude politique, mais je suis encore moins favorable à cette recherche de l’absolue limite dans l’iconoclastie. Pour avoir été des opposants à Jeff Fillion et consort à Québec, je crois toujours à l’éthique en toute chose. Utiliser ainsi un cas aussi triste que la disparition d’une fillette pour un gag n’est absolument pas justifiable, peu importe la défense et les justifications de Ward et ses semblables. D’ailleurs, vous pouvez entendre celles-ci sur son vidéo du 21 juillet.
http://www.mikeward.ca/

Il sacre beaucoup, Mike. Je pense qu’il manque un peu de vocabulaire. Et d’autres choses, je ne sais trop quoi exactement…

Une dernière fois, sur Sir Paul…

Ma mère m’a écrit ce matin, pour me dire qu’elle et mon père ont vu le show de l’ex-Beatles sur les écrans géants et qu’ils ont bien aimé. Elle me demandait pourquoi je n’ai pas écrit sur le succès du spectacle. Hé bien, je dois dire que la plupart des médias l’ont fait, je n’ai pas eu grand’ chose à ajouter. Je n’y serais sûrement pas allé, si j’avais eu à être présent à Québec. Ça ne me plaît vraiment pas, c’te musique là. Ma mère a ironisé sur le fait que dans le gros village de Québec, on ne fait pas comme à la grande ville, les gens ne cassent pas tout, quand il y a une fête… et vlan dans mes dents!

dimanche, juillet 20, 2008

En attendant le show de Sir Paul...

Suite à mon précédent article sur la venue de Paul McCartney, j’ai reçu les paroles modifiées par un de mes amis de sa chanson Yesterday. Éric, comme vous le constaterez, ne manque pas d’humour… vous trouverez l’originale des paroles sur ce blog :
http://www.phonono.com/papyrus/001161.html

Yesterday,
The Beatles brayed almost everyday
And they didn’t have much to say
Oh I thought that was yesterday

Suddenly
I realize the anomaly
That the old sod is playing in Quebec City
Oh why not shoot the damned limey

Why he
Had to be on that show, I couldn’t say
I think
Something’s wrong, now I long for some doomsday

Yesterday,
I thought the Beatles ghost had faded away
Now I need a place to hide away
And go listen to “Sister Ray”

Why he
Had to be on the show, I won’t dare say
I think
Boomers took too much drugs anyway

Yesterday,
I thought the Beatles ghost had faded away
Now I need a place to hide away
And go listen to “Sister Ray”


La photo de Sir Paul est celle de l'album Ram, son premier album solo, si je ne me trompe pas. L'album a été très mal reçu par la critique, à l'époque. Celle de John Lennon avec un cochon se voulait être un clin d'oeil méchant de la part de l'ex-Beatles, envers son ex-comparse...

jeudi, juillet 17, 2008

Tout ça pour Sir Paul...

J’en ai lu et entendu des belles, sur le 400e anniversaire de la ville de Québec, mais celles concernant la venue de Paul McCartney ont été les plus diversifiées. Ben oui, l’ex-Beatles doit faire un show d’envergure, sur les plaines d’Abraham. La controverse n’a pas tardé : Sir Paul est un britannique, les deux autres groupes chantent en anglais, la belle affaire, pour l’anniversaire de la première ville de langue française en Amérique. Les uns voient encore là une autre façon d’escamoter le côté historique de la fête, au profit de la « canadianisation » du 400e, les autres s’emportent contre les critiques, en devenant les plus ardents défenseurs de McCartney, devenu en un rien de temps le grand compositeur de son temps (je pensais que c’était Frank Zappa!) et pointent encore une fois les méchants Montréalais, ces affreux jaloux. Il est loin, le temps où je croyais au manque d’intérêt manifesté par les gens de Québec, tant on percevait un autre « Québec 1534-1984 », un échec financier dont ils voulaient bien se passer. Maintenant, on dirait qu’il ne fait plus critiquer ces célébrations, au risque de se faire lyncher.

Personnellement, je suis porté à avoir la même perception critique envers la présence de Paul McCartney. Quand je l’ai appris, j’ai trouvé ça peu imaginatif, de la part des organisateurs, voire même précipité. Le type semble être en forme, il a une très longue carrière, c’est désormais un immortel, c’est son genre de jouer sur scène, lors des gros événements… et après?

J’ai vu la prestation de McCartney, lors du Super Bowl, il y a deux ou trois ans de cela. C’était plate, très plate. Je ne me souviens plus si c’étais avant que Sir Paul manque de se faire laver dans son divorce et perde la moitié de sa fortune. Ma réflexion d’alors a été « Hé ben, j’pense qu’il est en train de s’en mettre de côté, au cas où… ». N’étais-ce pas lui, quelques temps auparavant et toujours marié avec sa dame, qui est venu faire le militant écolo sur la banquise, en plein dans sa lubie très « Bardot » de vouloir sauver les bébés phoques? Sa femme avait manqué de se faire mordre par un blanchon, ce dernier était stressé par les époux McCartney et leur suite. Sir Paul avait ensuite tenté de diaboliser les chasseurs de phoques, en ramenant des images de massacre vieilles de vingt cinq ans à CNN. Il avait eu un échange assez viril avec le Premier ministre terre-neuvien, Danny Williams, lequel n’a pas trop apprécié qu’il a dû jeter ses disques des Beatles au feu, tant l’artiste l’avait piqué au vif. D’ailleurs, on devrait entendre l’avis de M. Williams, sur la nouvelle venue de l’ex-Beatles…

Plusieurs ont rappelé que Sir Paul avait déjà composé une chanson en français, Michelle, ma belle, à mon avis pas très fameuse. Mais on ne semble pas savoir qu’il a composé quelque chose de très mauvais, dans la même langue : Où est le soleil? Voici d’ailleurs le vidéo, jugez-en par vous-même. Sir Paul a fait de grandes chansons, on peut bien lui pardonner…





On devrait lui demander de chanter cette chanson, lorsqu’il viendra sur les Plaines…

mardi, juillet 15, 2008

L'ignorance volontaire.

Dans la période où les événements d’envergures se succèdent, le Festival de Jazz, le Festival d’Été, les Nuits d’Afrique, les Francofolies et bien d’autres, sans oublier le 400e anniversaire de Québec, quoi de mieux approprié que de parler d’économie. L’Institut Fraser, le grand frère canadien de l’Institut économique de Montréal (IEDM), a mandaté un « analyste » pour nous répéter encore une fois le saint credo libertarien. Ce texte paru dans la Presse de jeudi dernier est un bel exemple de la rhétorique que nous assènent à tout coup les instituts néolibéraux d’experts autoproclamés. Cette fois-ci, l’auteur n’a pas été bien loin pour étaler ses arguments, en faveur de la fin des subventions aux festivals déjà établis comme le FIJM, le Festival Juste pour Rire et les Francofolies. Travaillant au sein de l’Équipe Spectra, je vois bien que le monsieur Minardi n’a que faire de la réalité d’une organisation d’envergure. Pour lui, tout se juge à l’ornière de l’économisme, Quitte à passer pour un crétin et être obligé de se défendre piteusement par la sempiternelle excuse « ben j’voulais susciter un débat… ».

On s’est habitué à ce genre de festival très rassembleurs, mélangeant spectacles gratuits à l’extérieur et payant à l’intérieur. Pour Minardi, ce type d’activité pourrait suivre son cours en se passant de tout financement public, au nom de la saine gestion de l’argent reçu des contribuables. L’idée qu’avance l’expert est une façon détournée une certaine privatisation des événements, de façon à ce qu’ils soient compatibles avec la vue froide de l’économiste qu’il est, incapable de voir les choses autrement. L’argument est toujours le même, selon lequel on n’a qu’à faire confiance au marché, les produits culturels québécois se tireront très bien d’affaire. Les canards boiteux, tant qu’à eux, n’auront plus qu’à crever la bouche ouverte, après cinq années de subvention. La confiance, voilà le leurre de notre soi-disant expert et de ses semblables, afin de nous faire croire à leur intérêt porté envers les entreprises d’ici. S’il y a bien une absence commune aux néolibéraux, c’est bien l’attachement « irrationnel » à la production locale : le marché avant tout! Cette croyance aux mécanismes du marché les amène à écrire n’importe quoi, par l’ignorance volontaire de ce qui est en dehors du domaine économique. Pour Minardi et ses semblables, l’économie explique tout, alors il est peu courant de les voir s’intéresser aux autres points de vue. On a qu’à lire de dénigrement systématique qu’ils font des sciences humaines, dans leurs publications, pour se convaincre de leur attachement quasi-religieux à leur dogme.

L’argumentaire néolibéral tient rarement compte de l’histoire ou encore de l’aspect contextuel, sauf quand ça arrange les choses. L’économie, en tant que science « exacte » pour les néolibéraux, n’a rien à faire avec les faits. Dans le cas de l’analyse de notre expert frasérien (excusez le néologisme, ça me tentait de l’amener, celui-là), il n’a jamais fait mention du contexte de la naissance de ces festivals. Il n’a pas non plus tenu compte des possibilités de financement par le secteur privé, qui est vraisemblablement au maximum de ce qu’il peut contribuer. Rappelons-nous de la crise occasionnée par le retrait des entreprises du tabac de la Formule 1, à Montréal. L’événement a failli ne pas s’en remettre. La légèreté avec laquelle Minardi analyse la question des principaux festivals démontre son ignorance des coûts de production et de logistique. Un événement comme le Festival international de Jazz de Montréal, s’il devait se passer la part de financement gouvernemental, devrait réduire largement sa programmation extérieure, de même que le nombre de spectacles. Il aura beau être très bien établi, ce n’est pas demain la veille que mes patrons feront la même confiance au marché pour se lancer ainsi dans le vide. Le financement gouvernemental est essentiel au maintien du FIJM comme les autres, dans leur forme actuel.

Un des aspects que Minardi et ses pairs des instituts économiques dont il est rarement question est le retour sur l’investissement, de la part de l’État. Les différents paliers de gouvernement auraient déjà signifié leur refus de subventionner les grands festivals, avec les explications de notre pseudo-analyste. On retrouve bien dans ces officines des administrateurs ayant un cursus similaire à d’autres administrateurs dans le secteur privé, pourtant ils sont ouvert à subvenir aux différents événements culturels. L’investissement public rapporte plus que la mise initiale, comme le développement de la scène culturelle locale, ou encore la diffusion d’artiste d’ici. Les retombées d’un festival d’envergure se calculent en millions de dollars de profits indirects, pour de nombreuses entreprises, petites et grandes, proches ou éloignées. L’investissement de l’argent public pour le faire fructifier dans l’économie ne devrait pas être vu comme une dépense injustifiée, mais bien à un stimulant. C’est un rôle dont l’État ne devrait plus justifier, même s’il n’apparaît pas toujours à l’avantage des contribuables. Pour nos experts néolibéraux, gardiens du dogme du libre-marché, c’est une hérésie qu’ils s’efforcent de combattre sur toutes les tribunes, même s’ils doivent ensuite se replier sous le tollé et le « débat qu’ils souhaitaient susciter »…

Il est dommage que sous les pompeuses qualifications « analyste », « économiste » ou « chercheur » des instituts économiques néolibéraux, on retrouve en fait des talibans du libre-marché, dont les connaissances restreintes à leur religion ne devraient pas leur permettre l’importance démesurée que les médias leur accorde, comparativement à d’autres intervenants. Il s’agit de voir la publicité entourant les recherches biaisées et les « palmarès » de l’IEDM et de l’Institut Fraser pour s’en rendre compte. Les déclarations de ce Minardi en sont un autre exemple, parmi tant d’autres.


mardi, juillet 08, 2008

Demain, j’ai 38 ans…

…et oui, c’est des choses qui arrivent, prendre une année supplémentaire. Mon corps change un peu, j’ai moins de poils sur le caillou, j’en ai un peu plus dans les oreilles, ça me prend deux jour à me remettre d’une cuite, je ne vais plus faire de stage-dive aux spectacles où je vais, ni me lancer dans le « mosh-pit », je ne suis plus surpris de me faire appeler « monsieur » par les commis, même avec mon look de freak, je suis rendu à raconter des spectacles métal ou punk qui ont eu lieu il y a vingt ans, pour moi les Bourassa, Mulroney, Chrétien, Bouchard, c’était hier…

Ben merde. 38 ans.

Bah!

Il y a Carcass qui revient à Montréal en septembre, alors… je m’en fout bien, d’avoir 38 ans!


dimanche, juillet 06, 2008

Un an plus tard…

Jeudi 5 juillet 2007, 16h50. Au moment de terminer ma journée de travail, j’apprenais de la directrice des ressources humaine mon renvoi définitif. La direction de Renaud-Bray, échaudée par mes critiques sur ce blogue, s’est débarrassé de moi sans avertissement. Ça faisait des années que je jouais les troublions, notamment lors des deux négociations de 2003 et 2005, en tant que membre de l’exécutif du syndicat. J’avais également contribué indirectement à démontrer l’incompétence de la directrice de la succursale où j’ai été libraire pendant cinq ans et demi, sur la rue Sainte-Catherine ouest. L’appréciation de mon travail et de mon amour des livres n'a pas compté, aux yeux des patrons de l’entreprise, lorsqu'ils ont choisi de me jeter dehors.

Un an plus tard… je travaille avec un meilleur salaire, dans une ambiance agréable, à des conditions que je ne pouvais imaginer auparavant. Certes, je n’ai jamais eu autant de travail à faire, les journées passent très vite mais en retour, les nombreux avantages que je retire sont très importants. Spectacles gratuits, contacts avec le milieu artistique, avantages sociaux considérables, reconnaissance de mon travail et de mon importance pour l'entreprise, etc. Je peux écouter la musique que j’aime, j’ai accès à un ordinateur, je connais la très grande majorité des employés et je vois une de mes grandes amies à tous les jours. Que puis-je demander de plus?

Il m’arrive parfois d’avoir une certaine nostalgie de mon ancien poste. J’ai eu accès aux nouveautés littéraires, j’ai eu droit à un nombre considérable de livres gratuitement, j’ai également travaillé avec des gens extraordinaires et milité dans un syndicat combatif, à qui je dois énormément. La page est tournée, l’arrangement que j’ai obtenu a satisfait les deux parties et je ne crois pas revenir comme libraire quelque part.

Ce que j’ai retiré de cette expérience est l’importance de faire valoir ses droits et de ne jamais laisser tomber. L’an dernier, je ne me suis pas laissé abattre, malgré le choc d’un renvoi après plus de neuf années au service de cette entreprise. Je me rappelle de m’être employé à me trouver un nouveau travail et de revoir ce que je pouvais faire, à défaut de n’avoir pas terminé ma maîtrise et de ne pas avoir de spécialisation, outre mes années d’expérience au service à la clientèle. C’est d’ailleurs cela qui m’a permis d’obtenir mon emploi actuel et le précédent.

Il fait si beau et chaud, je vais célébrer cela avec mes amis, au Piknik Électronique d’abord, puis avec mes vieux chums Raymond et Claude, ce dernier a eu 36 ans l’autre jour. On ne peut manquer des occasions pareilles…


vendredi, juillet 04, 2008

Une question purement idéologique.

J’ai avalé mon café de travers ce matin, quand j’ai lu sur le site du Devoir ce titre : Nouvelle salle de l'OSM: le budget du PPP explose. Pourquoi donc ce matin, il y a bien eu d’autres projets similaires de ce type, en partenariat public-privé (PPP), dont les coûts ont grimpés durant les travaux? En fait, c’est justement cette constante : les coûts augmentent systématiquement, lorsqu’il s’agit d’un projet de construction en PPP! Ça devient une habitude plutôt chère à assumer…

Dès 2004, la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, une dogmatique de l’économisme néolibéral, vantait les possibilités d’économie et l’efficacité accrue de ce type de projets. L’État, selon elle, n’avait pas à s’impliquer autant dans l’élaboration et la construction de ses infrastructures, l’implication du secteur privé allait permettre de réduire les coûts et hausser l’efficacité des travaux et de l’entretien de ces infrastructures. On a donc fondé en grande pompe l’Agence des partenariats publics-privés, cette machine de guerre contre les dépassements de coût et l’inefficacité. Cette agence produit depuis ce jour les contrats spécifiques aux projets dont le cabinet de la ministre ont désignés comme étant digne d’un PPP.

Derrière ces bonnes intentions, madame Jérôme-Forget a dissimulé son leitmotiv idéologique. Pour elle, le secteur privé est toujours plus efficace que le secteur public dans la gestion d’une structure, de par son souci de fructifier son profit. Une entreprise privée met donc tout en œuvre, par logique, afin d’obtenir le maximum de son investissement. Ce préjugé tenace, c’est un des piliers de la pensée néolibérale, dont la ministre s’est fait depuis longtemps l’apôtre. On peut acquiescer comme allant de soi, si on s’en tien à la théorie. Dans la pratique, c’est une toute autre histoire.

Il faut savoir que les PPP sont des projets à très long terme. Les contrats sont de durée allant même jusqu’à cent ans, sont souvent très volumineux et contiennent une foule de détails dont nous avons rarement une idée de ce qu’ils sont. Ces contrats de PPP, bien qu’ils soient liés avec l’État, sont peu disponibles pour une lecture publique et sont constitués dans un vocabulaire très technique, donc très peu accessible. Par exemple, le contrat du PPP pour l’entretien du métro de Londres (R-U) est constitué de milliers de pages. Un contrat aussi important et complexe, peu connu dans le détail par le public, a permis une séries de désaccords qui se sont retrouvés devant les tribunaux, engendrant ainsi des coûts additionnels. Dans ce contexte, la population londonienne est en droit de savoir les raisons pour laquelle l’entreprise Metronet conteste autant de clauses mal interprétées selon elle. Elle est plutôt laissée dans l’ignorance, au nom du principe de l’inviolabilité du secret commercial. Cette même entreprise, un consortium créé pour l’occasion et pourtant la meilleure soumissionnaire, semble incapable de remplir ses obligation et doit constamment s’appuyer sur l’État pour lui garantir une certaine viabilité. Le pari idéologique des idéologues néolibéraux, à la base du projet, en prend ainsi pour son rhume.

Apprendre ce matin que la fameuse salle de l’OSM ne va pas coûter 105 millions de dollars comme prévu par le Premier ministre Charest, mais bien 266 millions, il y a de quoi s’étouffer. Dans mon cas, je devrais peut être me réjouir, c’est une preuve indéniable de l’inanité des espoirs envers ces PPP. Comment peut-on se cramponner à un certain montant de dépense prévu, puis avouer candidement que ça va coûter plus du double, pour permettre à un orchestre symphonique de jouer dans une salle digne de sa réputation? L’aveuglement idéologique de la ministre et ses fonctionnaires de l’Agence des PPP ne peut que confirmer le ridicule de la situation. Je me demande bien comment elle va s’y prendre, pour nous expliquer le retournement du principe même de l’adoption des PPP, soit celui de l’économie et de l’efficacité. Pour ces millions de dollars perdus dans les poches des partenaires du privé, on peut imaginer les pirouette qu’elle va utiliser…

Le 400e de Québec…

Loin de mon ancienne région, j’ai regardé quelques moments des festivités, sur Internet comme à la télé. Ça m’a agacé, pour ne pas dire emmerdé. Puis je suis tombé sur ce texte de Jean-Simon Gagné, qui en a vu davantage mais a confirmé certains trucs que j’ai observé. Des discours pompeux, des militaires qui n’ont pas d’affaires là, un double-standard dans les célébrations (une fête pour les riches, une fête pour les autres…), des références historiques tronquées, de la récupération politique… Encore une fois, je suis bien content de ne plus appartenir à cette région. Je me sens gêné pour les gens de Québec : ça aurait pu être une belle fête populaire, on en a fait un tarabiscotage de protocole et une vitrine pour les vues du gouvernement canadien. Je ne suis pas près de l’oublier, l’imposition de cette parade militaire et tant mieux si les soldats se sont fait huer par des manifestants, ce n’est pas tout le monde qui est dupe de la mission « humanitaire » en Afghanistan. Qu’ils l’avouent donc, à Ottawa, le tracé du grand projet pétrolier doit passer par Kandahar…


Une des dignitaires obligées de se tenir sous la flotte, la gouverneure-générale Mikaël Jean, s’est employée dans son discours à faire des raccourcis historiques pour gommer la division perpétuelle entre le Québec et le Canada. Encore un peu et elle va faire croire que la France a simplement laissé sa colonie aux Anglais, parce qu’ils lui ont demandé. Elle qui se prend désormais pour Élizabeth II en est rendue à imiter jusqu’à son insignifiance et ses façons guindées de salut la foule. Si au moins elle s’en tenait à cela, mais non! Elle a décidé que son rôle est désormais politique. J’espère que ça la rattrapera, cette usurpation de fonction.

Demain…

…je vais souligner un anniversaire, pas vraiment le mien, je suis né un 9 juillet. Je garde la surprise…


















mardi, juillet 01, 2008

La Fête de quoi, déjà?

Ce matin, ce sont les avertissements sonores d’un camion qui m’ont réveillé. Je me suis couché un peu tard et gris, je suis allé voir le show de Public Enemy au Métropolis… En vérifiant dans ma rue, lorsque j’ai ouvert les « stores », il s’agissait du véhicule d’une entreprise de déménagement. Ça m’a aussitôt rappelé que nous sommes le 1er juillet. Ce que je n’ai pas vu sur les balcons de ma rue, ce sont des drapeaux unifoliés rouge et blanc. Ça aurait été une bonne indication de la journée mais dans mon quartier, c’est plutôt rare. Je suis quand même dans l’extrémité est d’Hochelaga-Maisonneuve. La fête du Canada, comme partout au Québec, c’est une journée de congé, rien de plus. Tout le contraire à l’ouest de l’île, dans les secteurs et municipalités avec de fortes concentrations d’anglophones ou d’allophones tendant vers l’anglicisation. Et puis oui, je travaille aujourd’hui, le Festival de Jazz exige que je sois là au poste, même si les messagers et les facteurs sont en congé.

Pour l’avoir vu lors d’une randonnée en vélo un 1er juillet, ça se fête beaucoup chez les Anglais, mais ça n’a rien à voir avec la Saint-Jean-Baptiste, la fête nationale du Québec. Oui, on peut voir quelques spectacles mais en général, on se retrouve dans des fêtes de quartiers bien tranquilles, avec des gens bien élevés et propres sur leur personne. Des monsieurs et des madames qui jouent au boulingrin, habillés en rouge et blanc. Des fanfares de militaires, des cadets en uniformes et des anciens combattants avec leur béret et leurs médailles. Des membres de communautés culturelles qui se font des grosses bouffes entre eux dans les parcs, parce que dans le fond, ils profitent du congé mais ne le passent pas à déménager. Des membres de clubs sociaux complètement inconnus dans le reste du Québec, qui arborent des chapeaux bizarres et chantent des cantiques. J’ai bien vu quelques bières se faire boire dans les parcs longeant le boulevard Lakeshore, mais ça n’a aucune mesure avec les partys de bières et hot-dogs que je connais, dans mon secteur. Et pour ce que j’en sais, ça ne se termine pas tard.

C’est précisément cette journée et ces événements qui me maintiennent dans mes convictions indépendantistes. Je n’ai aucun sentiment d’appartenance à ces gens qui fêtent ainsi Je ne suis pas du genre à dire « maudits Anglais » ou encore à les dénigrer pour tout et pour rien. Je n’ai absolument rien à reprocher aux Canadiens, (sauf quelques morons qui leur font honte à eux-aussi, on a bien les nôtres…) ce sont leurs institutions que j’exècre. Les fonctions de gouverneur général et de lieutenant-gouverneur, l’attachement à la monarchie britannique, les faux-semblants de bilinguisme de la fonction publique, la GRC, l’armée canadienne, la Cour Suprême, le sénat canadien et tant qu’à faire, le drapeau canadien. Ces symboles suscitent chez moi aucun attrait, pour me faire changer d’avis sur le pays. C’est simple, je ne m’y reconnais pas. Tout comme à la fête du Canada.

Ça doit être pour ça, que je porte mon t-shirt avec un fleurdelisé dessus, précisément aujourd’hui.


lundi, juin 30, 2008

Quand le navire coule, que font les rats?


J’ai eu énormément de plaisir à lire cet article, dans le Devoir du 28-29 juin. Je suis quelque peu étonné de cette réaction véhémente de la part de cette droite néolibérale, envers leur parti et son chef. L’Union nationale créditiste (ADQ) vient de se voir fortement critiqué par ses plus ardents défenseurs, au point que certains se dissocient d’elle. La raison est fort simple, le parti a pris une tournure pragmatique et délaisse son programme économique hérité du néolibéralisme le plus dogmatique (et imbécile). À mon humble avis, il s’agit de la voie normale pour ce type de parti politique, une fois rendu aux portes du pouvoir. Basé sur la seule personnalité de son chef et fondateur ainsi que d’une recherche vaine à démarquer une troisième voie sur la question nationale, l’ADQ a donc un sérieux problème d’identité qu’elle cherche à mieux définir, alors que son électorat s’est évaporé. Si son aspect le plus repoussant est mis de côté, c’est pour mieux se situer devant un électorat déçu de ses piètres performances comme Opposition officielle. Le maintien du programme, tel que le souhaitaient les Geloso et compagnie aurait été suicidaire.

Cette frange néolibérale est donc orpheline de son parti politique, à moins bien sûr qu’elle se réajuste au programme, malgré l’apport indésirable à leurs yeux de tous ces députés et militants ne partageant pas leur dogme du libre-marché omnipotent. Ça ne peut que me réjouir, devant la frustration de tous ces zigotos qui grenouillent pour ramener le Québec à l’ère de Duplessis, l’Église en moins mais l’IEDM en plus.

Révolte contre Dumont parmi la droite de l'ADQ

Québec -- Mario Dumont a renié ses positions de droite depuis qu'il est devenu chef de l'opposition. C'est ce que dénoncent des blogueurs «droitistes» qui ont milité et travaillé pour l'ADQ et avaient défendu ses positions sur le Web depuis 2005.

«Il existait autrefois un parti en faveur du libre-échange, de la libre-entreprise et de la libre-concurrence au Québec. Ces temps sont révolus...», écrit Vincent Geloso, un de ces blogueurs les plus connus.

«Je ne suis absolument plus un adéquiste et je n'ai pas honte de le dire. J'ai honte de dire que je l'ai été», pestait M. Geloso, 21 ans, lors d'un entretien téléphonique hier avec Le Devoir. Il se décrit comme un ancien «officier jeune» du parti. «Conseiller régional jeune» de la Montérégie en 2003, il a eu, à partir de l'année suivante et jusqu'à 2007, le titre de directeur des communications de la Commission des jeunes. En cette qualité, il a signé plusieurs communiqués de l'ancien président de la Commission des jeunes, Simon-Pierre Diamond, actuel député de Marguerite-d'Youville. M. Geloso avait été très actif sur Internet pendant la campagne de 2007 puisqu'il avait contribué à former la «Coalition des esprits libres», un regroupement de blogues de droite favorables à l'ADQ, sur le modèle des «Blogging Tories». M. Geloso avait travaillé à cette coalition avec Pierre Morin, alias «Mister P.», devenu par la suite chef de cabinet du vice-président adéquiste de l'Assemblée nationale, Marc Picard.

Depuis quelque temps, M. Geloso se dit ouvertement découragé par les positions de l'ADQ qui promeuvent l'interventionnisme de l'État et remettent en question le libre-échange. Le comble, selon cette vision des choses, c'est lorsque Mario Dumont, à la fin de mai, a réclamé du gouvernement une politique d'«achat local».

«Depuis le 26 mars 2007, tout a changé... L'ADQ est devenue le parti qui défend le protectionnisme, des dépenses accrues de l'État, rejetant l'idée de privatiser plusieurs organes de l'État, comme la Société des alcools, du dégel des droits de scolarité, des réglementations additionnelles sur le commerce, pour se jeter dans une orgie de subventions et de faveurs électorales.» La semaine dernière, M. Geloso a même ressorti un discours prononcé par Mario Dumont en 2001, qu'il dit être «digne de Frédéric Bastiat, de John Stuart Mill, de David Ricardo, de Richard Cobden, d'Adam Smith et de Milton Friedman», tous des penseurs du libéralisme, du néolibéralisme et des courants libertariens.

Dans un des derniers articles de son blogue («100 % libéralisé», vincent-geloso.blogspot.com), M. Geloso s'en prend au député adéquiste de Joliette, Pascal Beaupré. Ce dernier a, lors d'une allocution au Congrès des jeunes de l'ADQ, ouvertement pourfendu «tous les blogueurs» qui ont dénoncé les politiques d'achat local de l'ADQ. Le Devoir a tenté de joindre le jeune député de 25 ans hier. Mais au moment où nous avons entrepris nos démarches, le service des communications de l'ADQ nous a fait savoir que M. Beaupré était à l'aéroport, où il s'embarquait «incessamment» pour... Cuba.

D'autres blogueurs de droite ont des sentiments analogues à ceux de M. Geloso. Le 12 mai dernier, Bryan Breget, qui tient les blogues lavoiededroite.blogspot.com et suburbainlucide.net, écrivait: «j'ai été adéquiste, j'ai milité pour ce parti». M. Breget soutient qu'il ne le ferait plus aujourd'hui puisque «l'ADQ s'est transformée, s'est dénaturée. Passant d'un parti pro-marché de droite, il est maintenant un parti ultranationaliste, interventionniste et autoritaire». Un autre blogue de droite jadis plutôt favorable à l'ADQ, Antagoniste.net, dédiait récemment un extrait vidéo du penseur de l'École de Chicago Milton Friedman «à Pascal Beaupré et à sa bande de joyeux naufragés. Friedman a dû être déclaré persona non grata par Mario Dumont depuis que l'ADQ c'est gauchisée», écrivait-il.

Johanne Marcotte comprend

Aux yeux de Johanne Marcotte, qui a représenté l'ADQ au comité Castonguay sur le financement du système de santé et qui a travaillé en 2006 au cabinet de l'ADQ, la réaction des jeunes blogueurs est compréhensible. «De voir Mario Dumont prendre des positions de nationalisme économique, c'est effectivement surprenant», reconnaît celle qui a réalisé le documentaire L'Illusion tranquille, pamphlet contre le modèle québécois. «La sortie [de Mario Dumont] sur la caisse de dépôt, ça nous a extrêmement surpris», soutient-elle. En octobre 2007, M. Dumont, se disant inquiet de la vente de fleurons québécois à des intérêts étrangers, avait souhaité que la CDP intervienne. Sur la campagne d'achat local, Mme Marcotte croit que l'ADQ «ne fait pas suffisamment confiance» aux produits québécois, lesquels «vont réussir à se tailler une place par leurs qualités intrinsèques et non parce qu'ils sont aidés».

Bien qu'elles lui semblent justes, les critiques des blogueurs ne la conduisent pas à rompre avec le parti. L'afflux de nouveaux membres a changé la formation, estime-t-elle, et ceux-ci ne connaissent pas toujours «la culture» et les idées de la formation. «Ça viendra», dit-elle, confiante. À ses yeux, au sommet, de nouveaux conseillers ont aussi fait évoluer le discours. Une des influences est le nouveau président de la commission politique, Stéphane Le Bouyonnec, un ancien péquiste qui avait travaillé au projet Métaforia, centre de divertissement qui a fait faillite en 2001 en engloutissant une aide de 12 millions de dollars de la Société générale de financement. Mais tout compte fait, estime Mme Marcotte, le type de débat soulevé par les blogueurs est «sain» et démontre qu'il y a une vie à l'ADQ.

ADQ = Ligue du Nord?

Pour M. Geloso, actuellement stagiaire à Toronto pour le journal The National Post, le problème n'est pas que l'ADQ renie ses positions passées. «Le problème est plus profond que ça. C'est que ce parti n'en a jamais eu, de positions.» Il dit aussi qu'en tant que fils d'immigrant italien, il a été profondément insulté par les publicités électorales dans Bourget et Pointe-aux-Trembles, qui proposaient un «gel du seuil de l'immigration» comme solution au «déclin du français». Des pubs qu'il compare à celles d'Umberto Bossi, de la Ligue du Nord, en Italie, un parti hostile à l'immigration.

«Dire que j'ai déjà été membre de l'Action démocratique quand ce parti disait qu'il fallait déréglementer le marché du travail pour aider à l'intégration des immigrants et qu'il fallait reconnaître les acquis des immigrants, ou quand ce parti était rempli d'immigrants italiens, français, arabes, libanais ou hispanophones... [soupir] Existe-t-il encore des libéraux, des vrais, au Québec?», écrivait-il récemment sur son blogue.




Pascal Beaupré, posant en Roi du Bel Habit et Vincent Geloso, en poète maudit.

mardi, juin 24, 2008

Joyeuse Saint-Jean Baptiste, Fête nationale de tous les Québécois!

Après une fin de semaine mouvementée au festival Heavy MTL, qui avait lieu au parc Jean-Drapeau, me voici en congé (pour une fois, je travaillais habituellement cette journée chez Renaud-Bray…) le 24 juin, jour de la Saint-Jean, comme on se dit habituellement. Pour ceux de l’extérieur du Québec qui me lisent parfois, il s’agit de la journée de la Fête nationale du Québec. Le Québec n’est pas encore un pays, mais nous avons une longue tradition nous liant à cette journée. Cette année, nul doute que l’accent a été mis sous le signe de la diversité. Si je me fie à ceux que j’ai vu fêter cette année, la fête a pris tous les accents et toutes les couleurs, un signe des plus encourageants pour l’avenir de ma nation. Même le quartier chinois, habituellement peu préoccupée par cette journée, s’est paré du fleurdelisé. D’une certain manière, la fête de la diversité culturelle du Québec est un peu la suite de ce que j’ai vu dans le documentaire Global Metal la semaine dernière. Quand je vois des fans de métal partout à travers le monde, du Brésil au Japon, en passant par l’Inde, les Émirats Arabes Unis et la Chine, je me sens au sein d’une grande famille, autant diversifiée que la mienne au Québec.

Je m’en vais tout à l’heure fêter au Parc Maisonneuve. Je vous souhaite donc à vous tous une excellente fête du Québec!



jeudi, juin 19, 2008

Fin de semaine métal en vue…

Tout plein d’événements liés avec le métal s’annoncent! Ce soir, je vais aller voir le nouveau film des réalisateurs de Metal- A Headbangers’ Journey. Mon ami Pascal a obtenu des billets pour une avant-première du film, qui va apparaître sur les écrans la semaine prochaine. Cette fois-ci, le documentaire s’intéresse aux centaines de milliers de fans de métal à travers le monde et plus particulièrement ceux en dehors du monde occidental. D’après la bande-annonce, je sens que nous allons être grandement étonnés. Étant un fan de métal depuis l’âge de 13 ans, nul doute que je vais pourtant en apprendre beaucoup ce soir. Le titre du film est Global Metal.





Je viens de l’apprendre tout à l’heure… je vais être là toute la fin de semaine, pour l’événement Heavy MTL! Moi et Judyth, on en n’espérait pas autant, nous n’avions demandé que pour la première journée, avec Iron Maiden, du fait que les groupes que nous voulions voir sont à l’affiche pour la journée de samedi. Ouais… merci à notre patron! Je vais certainement revenir là-dessus.

mardi, juin 10, 2008

La F1: beurk!

Ce n’est pas d’hier, je n’ai jamais eu d’affection pour ce cirque médiatique appelé le Grand Prix de la Formule 1. En fait, non seulement j’en ai rien à foutre de cette course d’auto bruyante, la course elle-même me laisse froid, mais tout ce qui entoure cette période m’est antipathique. Cette année, c’est encore pire et il a fallu que ça me concerne un peu plus directement pour me faire détester l’événement.

Des semaines avant l’événement, on se fait remplir d’informations à ce sujet, surtout sous le thème de l’argent. On nous rappelle de tout côté l’importance des retombées, en nous ramenant les profits perdus lorsque la F1 a passé son tour, il y a quelques années. On rappelle en jouissant d’avance combien les amateurs de cette course vont laisser en argent. Déjà que le prix d’entrée pour voir des voitures faire leurs tours est loin d’être accessible pour le commun des Montréalais, le beau monde de la F1 dépense sans compter. Je devrais me réjouir? Pffrt! Ça fait dix ans que j’habite cette ville, je n’en vois jamais directement, des retombées. Même du temps où je travaillais à la défunte succursale de Renaud-Bray au centre-ville, on ne pouvait voir la différence dans nos chiffres. Bon, il est vrai qu’on était éloigné dans le domaine avec les livres, mais nos ventes d’objets ne connaissaient pas vraiment de hausse. Notre ancienne gérante, celle avec qui j’ai eu maille à partir pendant des années, manquait tellement de sens du commerce que nous étions le seul commerce de la rue Sainte-Catherine à n’avoir aucune décoration liée au Grand Prix dans la vitrine… bon, ça aurait dû faire mon affaire, mais tant qu’à travailler en ces beaux dimanches de juin…

La course elle-même est une débauche de dépense honteuse. Chaque voiture vaut environs trois à cinq millions de dollars, dépendamment de sa qualité et de ses performances. Une voiture de course, est-ce vraiment utile à quelque chose d’autre qu’être un bête panneau publicitaire? Outre la marque de la voiture, on doit bien retrouver une vingtaine de logos d’entreprises sur les voitures, les casques et les combinaisons des pilotes. Ce n’est rien d’exceptionnel dans le monde du sport, mais cette course fait preuve d’une surenchère assez dégoûtante. Au moins, quand on regarde le hockey, on oublie assez vite les publicités sur les bandes et on n’en retrouve pas encore sur les maillots des joueurs. Et que dire des dépenses sur la piste elle-même, sur les infrastructures du circuit Gilles-Villeneuve, sur les voitures, le gaspillage d’essence, etc.? Une honte, considérant les besoins immédiats qu’ont les rues de la métropole. Je sais, j’ignore si la ville a une quelconque autorité sur le circuit, mais quand même, quand on manque de se planter en vélo dans les nids-de-poule de nos rues (comme moi samedi, sur la rue Clarke…), on en vient rapidement frustré de l’intérêt porté envers le pavage réservé aux fous du volant.

Que dire de plus sur les fans de ce genre de course? Je les méprise! En fait, je me demande quels sont vraiment les amateurs de cet événement, tant on n’est plus certain de l’engouement réel des spectateurs pour la course. En effet, on n’aura jamais eu autant de m’as-tu-vus dans les rues du centre-ville, c’est à se demander si eux-mêmes sont là pour voir des véhicules tourner en rond. En particulier, il faudrait m’expliquer pourquoi nous retrouvons à cet événement des centaines de poupounes siliconées, vêtues comme des porn-stars ou des starlettes de revues à potins (en fait, dans certains, cas, il s’agit bien de porn-stars et de starlettes!). Une honte à la cause de l’égalité de la femme! Pas étonnant que le Conseil du statut de la femme s’inquiète de la dérive particulièrement imbécile de la publicité, où les modèles féminins sont cantonnés à des rôles dépassés et à suivre aveuglément ce qu’il appelle « l’idéologie de la séduction ». Ainsi, le cirque de la F1 devient le cirque du clinquant et du kitsch, entre la casquette rouge Ferrari et les mocassins Gucci, les talons hauts et les robes au ras du pompon, on se la joue entre faux experts de la course automobile et en vrais voyeurs et exhibitionnistes. J’imagine facilement les affaires d’or des agences d’escortes, cette fin de semaine, dans des conditions où l’honnête célibataire endurci se fait harceler par ces images fantasmatiques de jeunes femmes peu vêtues, ces « glamour-girls » accompagnant les équipes de commanditaires.




Deux anecdotes viennent compléter ma diatribe envers la F1. Je suis allé voir le spectacle de Kataklysm et Martyr, accompagné de ma chume Judyth, samedi soir au Medley. Le show n’a pas fini tellement tard, nous sommes allés profiter du temps chaud de cette soirée pour aller boire de la belle bière sur la terrasse des Foufounes Électriques. Après avoir dépassé la fermeture des lignes de métro, on s’est entendu pour prendre un taxi. Las! Avec cette nuit des M’as-tu-vus, il fallait s’y attendre : pas de taxi disponible! L’amateur réel ou figuré de la F1, prévoyant comme il se doit, laisse sa voiture à la maison. Bien souvent, celle-ci est très loin du centre-ville. Le temps d’un voyage vers les extrémités de l’île, c’est une voiture de moins pour les autres. Deux heures et quelque à attendre un taxi sur le bord d’une rue, à voir déambuler les M’as-tu-vus et les autres fausses starlettes avec toutes les difficultés du monde à marcher avec leurs beaux souliers à talon aiguille, ça n’aide pas à être tolérant envers cet événement…

L’autre anecdote, c’est arrivé chez moi. Prévoyant que le Piknik Électronique devait être déplacé quelque part sur le parc Jean-Drapeau, j’ai eu la mauvaise surprise d’apprendre, en vérifiant sur Internet, que le Piknik faisait relâche ce dimanche. Misère! Plus tard, en allant à l’épicerie, « un imbécile-né aux gros tires, au cul jacké »* a fait un assourdiaant départ en faisait crisser ses pneus, au coin de Ste-Catherine et St-Clément. N’allez pas me faire croire qu’il n’était pas sous l’influence du bruit provenant de l’Île-Sainte-Hélène!

La F1 rend con. Voilà.


*Je dois cette expression à une chanson de Plûme Latraverse, « Le Fermier Jean ».

lundi, juin 09, 2008

De retour!

Après une semaine de sevrage, j’ai récupéré mon ordinateur jeudi dernier. Peut être qu’il s’agissait de l’effet de ne pouvoir écrire plus souvent, sans compter la semaine de fou que j’ai vécu au travail, je n’ai pu écrire beaucoup de mes réflexions. Enfin, ma machine est revenue à la maison, ça m’a coûté un peu plus de 100 dollars pour retrouver l’entièreté de Windows, j’ai perdu une grande partie de mes documents sonores et mes photos de famille (heureusement, j’en ai placé la majeure partie sur Facebook, hé hé hé!) et il a fallu que je réinstalle la majeure partie de mes programmes. De plus, il faut que je retrouve ces petits logiciels bien pratiques, sur Internet, qui font ma joie et facilite mon existence. Je pense à Emule, ou encore à Dbpoweramp, les logiciels qui m’ont permis d’avoir cette augmentation de ma collection de musique…

Je vous reviens très bientôt, avec mes petites réflexions et mes sautes d’humeur…d’ailleurs, il faut que je vous entretienne sur le Grand Prix. On se retrouve plus tard.

À+!

mardi, juin 03, 2008

Mon ordinateur en panne...

Vous l’avez deviné, mon absence sur ce blogue a été causé par une panne inopinée de mon ordinateur. L’HP-330 que je possède a tout simplement cessé de redémarrer jeudi dernier. Depuis, je me morfonds. Le seul ordinateur que j’ai accès est celui de mon travail et maintenant, je manque de temps pour écrire. J’ai été dans le jus depuis lundi matin, torvis! La situation devrait revenir à la normale jeudi ou vendredi, d’ici là…ben je ferai de mon mieux!


mercredi, mai 28, 2008

Rire d’un gars déjà à terre? Ben non!

Maxime Bernier, vous connaissez déjà amplement l’homme et sa carrière météorique. Le député beauceron à l’accent bizarre doit regretter de s’être embarqué dans une aventure qui l’a fait mal paraître aux yeux du monde entier. En effet, j’apprenais ce matin que trois cents quotidiens à travers le monde et deux cents journaux aux États-Unis ont évoqué son histoire. Même en Chine, on a retrouvé sa photo dans le China Morning News. Il n’y a pas à dire, M. Bernier n’est pas prêt de revenir faire son tour à la Chambre des Communes. Jamais, de mémoire de gars intéressé à la politique, je n’ai vu quelqu’un aussi mal paraître, plusieurs fois en si peu de temps. Pire encore, c’est l’effet de ces erreurs à la chaîne dur son propre chef et Premier ministre. Il sera intéressant d’en savoir plus long, lorsque M. Harper reviendra au Canada. Pour l’instant, il va essayer de ne plus réentendre parler de son ex-ministre des affaires étrangères, pour trois ou quatre jours. Mission impossible.
















Et pour terminer sur son cas, un rappel de son passage au Fric Show, du temps où il défendait la position des pétrolières sur les prix de l’essence, en temps que numéro deux de l’IEDM. Sidérante, sa réplique au prof Lauzon. Écoutez-le bien, en pensant à la spéculation…

lundi, mai 26, 2008

Les « accommodations » raisonnables : le rapport est arrivé...sur les tablettes!

Je m’y attendais ce matin (23 mai), en écoutant les nouvelles. Hérouxville, ce village de la Mauricie, qui a tant fait parler (et rire) de lui, allait nous rappeler des moments dont on aurait préféré oublier. Suite à la publication du rapport Bouchard-Taylor et de ses 37 recommandations hier après-midi, il fallait que des journalistes aillent demander son au symbole de ce dérapage médiatique sur les accommodements raisonnables, le célèbre conseiller municipal Denis Drouin. Bien sûr, le bonhomme n’a pas changé son fusil d’épaule, le rapport ne reflète rien de ses craintes d’assimilation et il continue à confondre port du voile avec excision et lapidation. Le co-auteur du code de vie d’Hérouxville refera sûrement quelques apparitions, si on lui en donne l’occasion. Un « Mussolini de fond de rang » comme lui (l’expression n’est pas de moi, mais je l’ai trouvé juste) ne demande pas mieux que de refaire les manchettes.

Denis Drouin, dans toute sa splendeur...

En attendant les pitreries des xénophobes et des racistes inavoués comme l’an passé, j’ai jeté un œil rapide sur le rapport en question. Le travail me semble bien fait, c’est écrit dans un langage très compréhensible et surtout, on a identifié le principal problème. Ce dernier est nul autre que celui de la perception qu’ont eu les gens l’an dernier, ameutés par certaines histoires réelles, déformées et/ou gonflées et d’autres chimères nées d’esprits malintentionnés. On peut comprendre que la rectitude politique peut mener à des dérapages, comme cette histoire de renommer le sapin de Noël, devant l’Hôtel de Ville de Montréal, un « Arbre de Vie ». D’ailleurs, je ne me rappelle plus si cette histoire était vraie, ou une copie conforme à celle de Londres. Mais lorsque les lecteurs des journaux de Quebecor se sont mis à avoir des pseudo-témoignages d’accommodements abusifs à la chaîne, comme l’histoire des vitres givrées du centre YWCA d’Outremont, la question identitaire est devenue un enjeu électoral. Mario Dumont et son Union nationale créditiste (ADQ) ont surfé sur une vague de peur, l’inaction apparente du gouvernement Charest et l’incapacité du Parti québécois de présenter une position claire.

À cette époque, on a eu l’impression que ce repli sur soir, cautionné par les résultats électoraux de mars 2007 devenait ainsi l’expression du Québec face à la pluralité. Heureusement, il en était rien. Une fois la vague retombée, les co-auteurs du rapport ont bien vu qu’il s’agissait d’une méprise, relayée par des médias en mal de sensationnel. Quand j’ai entendu Dumont revenir avec son expression favorite de l’an passé, suite à la divulgation du rapport, je me suis dit qu’il allait sûrement remettre ça. « L’aplaventrisme », le slogan dépeignant le gouvernement lors des dernières élections, ne pourra pas être remis à la mode. Les électeurs ont découvert les conséquences du fait d’élire n’importe qui comme député, sur la seule question identitaire. Les résultats actuels de l’ADQ dans les sondages et lors des élections du 12 mai le démontrent bien.

Je vais lire plus attentivement le rapport, avant d’y aller de mes autres commentaires, s’il y a lieu. Au prix qu’il a coûté à la collectivité, c’est la moindre des choses.

Maxime Bernier : l’art de se commettre (et de coûter cher).

Je ne pouvais passer sous silence la dernière bourde du ministre canadien des affaires étrangères, l’ex-numéro deux de l’IEDM, l’honorable Maxime Bernier. Qu’a-t-il fait encore, le grand Beauceron à l’accent d’Ottawa? Cette fois-ci, n’écoutant que son grand cœur de Canadien (pas facile, pour un adepte du libre-marché dans toute forme de contexte, soit la loi de la jungle…), il a sorti en pleine conférence du Programme alimentaire mondial de l’ONU que les nouveaux avions-cargos C-17 de l’armée étaient disponibles, pour le transport des hélicoptères du PAM en Birmanie. Sa promesse de prêt est rapidement devenue embarrassante, les dits avions n’étant pas disponibles. Soucieux de ne pas renier la promesse du ministre, son équipe a dû louer un gros avion-cargo Antonov commercial, au prix fort (un million de dollars!).

J’ai l’air de me réjouir du malheur d’autrui. Il se trouve que ce n’est pas d’autrui qu’il est question, mais bien le plus détestable des ministres de Stephen Harper, un Taliban du libre-marché, s’il en est un. Le genre de type qui prône l’abandon des programmes sociaux, pour revenir à la charité d’antan, plus conforme à la vision capitaliste du bien commun. Du temps où il sévissait dans son Institut de la Vérité économique révélée, il m’a convaincu de son fanatisme envers les théories néolibérales, surtout avec son ouvrage paru en 2003, Pour un taux unique d'imposition : pour en finir avec le mythe des taux progressifs. Encore un de ces ouvrages prônant la dépolitisation, au profit d’une gestion purement capitaliste des échanges sociaux, que les Éditions Varia publiait, avant qu’elles ne soient vendues en 2006 au Investissements Bourgie.

Ah oui, j’oubliais : regardez comment il a l’air d’un beau champion, sur cette photo. Le gars avec lui, Michael Chamas, a l’air vraiment fier de son coup. Cette photo s’est retrouvée sur le site du type. Or, il s’agit d’un trafiquant d’arme international. Lors de la prise de cette photo, il venait de faire un beau discours, pour une soirée-bénéfice du Parti conservateur à Montréal le 15 janvier dernier. Aussi, le même monsieur est soupçonné d’avoir caché ses sales profits au fisc… belle fréquentation! Il paraît que notre ministre ne connaissait pas le monsieur avec qui il posait avec son grand sourire de champion. En tout cas, il venait d’écouter son petit discours…




Michael Chabas et le très honorable Maxime Bernier

jeudi, mai 22, 2008

10 guerres, 10 médiamensonges

Un de mes camarades, Adrien, m’a envoyé ce texte de Michel Collon, un journaliste de gauche issu du Parti des travailleurs belge. Il est l’auteur de quelques ouvrages portant sur la manipulation médiatique permettant l,’acquiescement des populations envers les guerres menées par leurs gouvernements. Dans ce court article, il fait mention des dix campagnes de désinformations menées par le gouvernement américain, avant de mener une intervention militaire ou une guerre. Actuellement, tout indique que les États-Unis préparent un coup contre le Venezuela et son président, Hugo Chavez. Il est important de garder à l’esprit que les États-uniens n’ont pas besoin d’une grande force de frappe, un « soulèvement » organisé et un « soutien à la libération » peuvent suffire pour remettre les Vénézuéliens à leur place, c’est-à-dire dans un état de dépendance et de servitude envers l’Empire.

Contre le Venzuela et l'Equateur, Bush nous refait le coup des "armes de destruction massive". Petit inventaire de la désinformation.

Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge. Aujourd'hui, Bush menace le Venezuela et l'Equateur. Demain, l'Iran ? Et après, à qui le tour ?
Avec, dans le rôle de la marionnette, le président Uribe, narcotrafiquant et massacreur d'Indiens (quatre millions de déplacés). Lequel Uribe prétend avoir trouvé dans l'indestructible ordinateur de Raul Reyes (FARC) des preuves du soutien de Chavez au « terrorisme » et de militarisation de la région.
Des journaux comme Le Monde répercutent cette campagne de propagande pour la prochaine guerre de Bush. Rappelons simplement combien de fois les mêmes Etats-Unis et les mêmes médias nous ont déjà manipulés. Chaque grande guerre est « justifiée » par ce qui apparaîtra plus tard (trop tard) comme une désinformation. Inventaire rapide...

1. VIETNAM (1964-1975) :

- MEDIAMENSONGE : Les 2 et 3 août, le Nord-Vietnam aurait attaqué deux navires US dans la baie du Tonkin.

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : L'attaque n'a jamais eu lieu. C'est une invention de la Maison-Blanche.

- VERITABLE OBJECTIF : Empêcher l'indépendance du Vietnam et maintenir la domination US sur la région.

- CONSEQUENCES : Millions de victimes, malformations génétiques (Agent Orange), énormes problèmes sociaux.


2. GRENADE (1983) :

- MEDIAMENSONGE : La petite île des Caraïbes est accusée de construire une base militaire soviétique et de mettre en danger la vie de médecins US.

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : Entièrement faux. Le président US Reagan a fabriqué ces prétextes de toutes pièces.

- VERITABLE OBJECTIF : Empêcher les réformes sociales et démocratiques du premier ministre Bishop (qui sera assassiné).

- CONSEQUENCES : Répression brutale et rétablissement de la mainmise de Washington.


3. PANAMA (1989) :

- MEDIAMENSONGE : L'invasion vise à arrêter le président Noriega pour trafic de drogue.

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : Créature de la CIA, Noriega réclamait la souveraineté à la fin du bail du canal. Intolérable pour les USA.

- VERITABLE OBJECTIF : Maintenir le contrôle US sur cette voie de communication stratégique.

- CONSEQUENCES : Les bombardements US ont tué 2.000 à 4.000 civils, ignorés des médias.


4. IRAK (1991) :

- MEDIAMENSONGE : Les Irakiens auraient volé les couveuses de la maternité de Koweït-City

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : Invention totale par une agence publicitaire payée par l'émir du Koweït, Hill & Knowlton.

- VERITABLE OBJECTIF : Empêcher que le Moyen-Orient résiste à Israël et acquière son indépendance envers les USA.

- CONSEQUENCES : D'innombrables victimes par la guerre, puis un long embargo y compris sur les médicaments.


5. SOMALIE (1993) :

- MEDIAMENSONGE : Monsieur Kouchner se « met en scène » comme héros d'une intervention humanitaire.

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : Quatre sociétés US avaient acheté un quart du sous-sol somalien riche en pétrole.

- VERITABLE OBJECTIF : Contrôler une région militairement stratégique

- CONSEQUENCES : Ne parvenant pas à la contrôler, les Etats-Unis maintiendront la région dans un chaos prolongé.


6. BOSNIE (1992 - 1995) :

- MEDIAMENSONGE : La firme US Ruder Finn et Bernard Kouchner mettent en scène de prétendus camps serbes d'extermination.

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : Ruder Finn et Kouchner mentaient. C'étaient des camps de prisonniers en vue d'échanges. Le président musulman Izetbegovic l'a avoué.

- VERITABLE OBJECTIF : Briser la Yougoslavie trop à gauche, éliminer son système social, soumettre la zone aux multinationales, contrôler le Danube et les routes stratégiques des Balkans.

- CONSEQUENCES : Quatre années d'une guerre atroce pour toutes les nationalités (musulmans, serbes, croates). Provoquée par Berlin, prolongée par Washington.


7. YOUGOSLAVIE (1999) :

- MEDIAMENSONGE : Les Serbes commettent un génocide sur les Albanais du Kosovo

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention pure et simple de l'Otan comme le reconnut Jamie Shea, son porte-parole officiel.

- VERITABLE OBJECTIF : Imposer la domination de l'Otan sur les Balkans, et sa transformation en gendarme du monde. Installer une base militaire US au Kosovo.

- CONSEQUENCES : Deux mille victimes des bombardements OTAN. Nettoyage ethnique du Kosovo par l'UCK, protégée de l'Otan.


8. AFGHANISTAN (2001) :

- MEDIAMENSONGE : Bush prétend venger le 11 septembre et capturer Ben Laden

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : Aucune preuve que ce réseau existe. De toute façon, les talibans avaient proposé d'extrader Ben Laden.

- VERITABLE OBJECTIF : Contrôler militairement le centre stratégique de l'Asie, construire un pipeline permettant de contrôler l'approvisionnement énergétique de l'Asie du Sud.

- CONSEQUENCES : Occupation de très longue durée, et forte hausse de la production et du trafic d'opium.


9. IRAK (2003) :

- MEDIAMENSONGE : Saddam posséderait de dangereuses armes de destruction, affirme Colin Powell à l'ONU, éprouvette en main.

- CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD : La Maison-Blanche a ordonné à ses services de falsifier des rapports (affaire Libby) ou d'en fabriquer.

- VERITABLE OBJECTIF : Contrôler tout le pétrole et pouvoir faire chanter ses rivaux : Europe, Japon, Chine...

- CONSEQUENCES : L'Irak plongé dans la barbarie, les femmes ramenées à la soumission et l'obscurantisme.


10 VENEZUELA - EQUATEUR - (2008 ?) :

- MEDIAMENSONGE : Chavez soutiendrait le terrorisme, importerait des armes, serait un dictateur (le prétexte définitif ne semble pas encore choisi).

- CE QU'ON SAIT DEJA: Plusieurs médiamensonges précédents se sont déjà dégonflés : Chavez tirant sur son peuple, Chavez antisémite, Chavez militariste... Mais la diabolisation continue.

- VERITABLE OBJECTIF : Les multinationales US veulent garder le contrôle du pétrole et des autres richesses de toute l'Amérique latine, ils craignent la libération sociale et démocratique du continent.

- CONSEQUENCES : Washington mène une guerre globale contre le continent : coups d'Etat, sabotages économiques, chantages, développement de bases militaires près des richesses naturelles..


Bref, chaque guerre est précédée et 'justifiée' par un grand médiamensonge. Et notre inventaire est loin d'être complet !

Empêcher les guerres, c'est démasquer ces médiamensonges le plus tôt possible et le plus largement possible. Merci de diffuser ce texte, de le traduire si possible (la version espagnole arrive bientôt), et de nous communiquer ces traductions. Dans la guerre de l'info, la véritable force, c'est vous!

Michel Collon.


mardi, mai 20, 2008

Retour au travail.

Après cette fin de semaine de trois jours, où je me suis exilé à Lévis, je réalise que j’ai encore négligé quelque peu d’écrire. Peut-être que je n’avais pas vraiment le temps, mais en fait c’est plutôt un repos complet que je cherchais à obtenir, en passant trois jours chez mes parents.

Comme repos, on repassera. Le souper aux homards chez Isabelle, ma vieille chum revenue vivre à Québec s’est avéré plus agité que prévu. C’est ce qui arrive, quand on se lance sérieusement dans la dégustation de vin blanc et de porto. Cette soirée m’a aussi permis d’essayer pour la première fois le fameux jeu Guitar Hero. Ça m’a rappelé la raison pour laquelle je n’ai jamais été habile pour apprendre à jouer de la guitare ou de la basse, d’où ma relégation depuis toujours au rôle de chanteur (ou hurleur, étant donné le genre que je pratique…). Pas mal du tout, ce jeu, ça fait passer une agréable soirée. Il paraît que la version « Rock band » est fameuse.

Que dire d’autres, de cette fin de semaine assez arrosée? Mes neveux m’ont reconnu, après les cinq mois d’absence à Lévis, ça m’a fait plutôt plaisir. Ma sœur me disait que le p’tit dernier, Thomas, dit mon nom en pointant du doigt les gars chevelus habillés en noir. Mon ancien batteur Martin est pas mal occupé, on envisage de reformer notre band d’autrefois, Betrayed Legion, le temps de quelques tounes sur scène. Ça coïnciderait avec le passage de mon band actuel à Lévis, peut être plus tard cet été. Parlant de mon ancienne ville, je remarque les nombreux chantiers de construction un peu partout, autant dans le résidentiel que le commercial. Plus de doute possible, mon ancienne région est en pleine expansion. Cela ne m’empêche pas de ne pas vouloir retourner vivre dans la région de Québec.

Daniel, le copain d’Isabelle, est originaire de Montréal. Au souper, il m’a fait remarquer que la population de Québec lui semble aigrie de tout et que les animateurs de radio sont incroyablement haineux envers Montréal. Il me citait en exemple les déblatérations de l’un d’eux, Gilles Parent du 93,3, contre la création possible d’une équipe de la LHJMQ à Montréal. Ça me rappelais bien ce côté que je déteste de cette région. Peut être que la population de Québec s’est fâché souvent contre la Métropole, pour bien des raisons souvent futiles. On m’a raconté qu’autrefois les amateurs de hockey trouvaient insultant le fait que le Canadien de Montréal, avant les séries, rappelaient les meilleurs de sa filiale, les As de Québec, où a débuté entre autres Jean Béliveau. On n’oublie pas non plus les années de la rivalité Canadien/Nordiques, ou encore les déménagements des sièges sociaux des sociétés d’État durant les années Bourassa, les multiples comparaisons désavantageuses pour Québec, le multiculturalisme de Montréal, les festivals, etc. Lors des deux autres élections, c’est l’incapacité du Parti conservateur et de l’ADQ à faire élire des députés sur l’Île qui semblait faire rager les observateurs à Québec. Il fallait lire les blogs adéquistes l’an dernier pour s’en convaincre, cette culture du « vrai Québec » versus Montréal, que leurs rédacteurs plaçaient en évidence, une autre raison pour détester les Montréalais.

…le plus troublant, quand j’y pense, c’est d’avoir été ainsi dans ma jeune vingtaine, un autre haineux envers Montréal. Ça me semble si lointain maintenant. Il faut croire que depuis, ou bien je suis devenu un Montréalais définitif, ou encore la région de Québec ne m’attire vraiment plus. Ce sentiment d’infériorité de Québec, le « gros village », compte pour beaucoup pour mon assimilation rapide. On me disait en fin de semaine que ce sentiment est en train de se transmettre à la ville de Lévis, du fait de son dynamisme et de la croissance de son économie. Pas étonnant que l’on se refuse de parler de Lévis, mais de la « rive-sud de Québec » dans les communications…

Blackwater, la firme de mercenaires…

…a été la cible de Mark Fiore cette semaine. Cliquez sur l’image!