mardi, août 26, 2008

Mensonge par omission.

Dans l’éditorial d’Alain Dubuc de la Presse d’aujourd’hui, on y retrouve un bel exemple de manipulation des faits. L’idée générale que dépeint Dubuc, dans l’affaire de la contamination de viandes produites dans un des abattoirs de la compagnie Maple Leaf, c’est de ne pas sauter à la conclusion que l’entreprise privée doit être surveillée plus étroitement, quand il s’agit de production alimentaire. L’argument soutenant cette thèse est que les entreprises, au nom de la maximisation des profits, tentent de réduire au minimum les coûts reliés à la sécurité de la production. Personnellement, je souscris à cette thèse, malgré le fait que l'on puisse m'opposer sur le mécanisme du marché sanctionnant un manquement de rigueur de la part d’une entreprise. Dubuc continue en laissant entendre que dans le secteur public, on peut également retrouver des cas où il y a une absence de contrôle de l’hygiène peu survenir, entraînant des conséquences funestes. Il a cru bon de citer en exemple l’affaire de la contamination de certains hôpitaux par la bactérie E. Coli., causée par peu de contrôle sur la qualité du ménage. Son exemple s’est voulu plutôt fort, mais il a omis d’expliquer les raisons de l’apparition de cette bactérie dans les institutions de santé.

Dubuc et consort, au sein des médias privés, ont été les chantres de la réduction de la dette et de la restriction des dépenses gouvernementales, le déficit zéro, etc. On imagine bien que le gouvernement auquel ils ont contribué à l’élection en 2003, une fois en place, a sabré dans tous les budgets, y compris celui de la santé. Les hôpitaux on dû faire face au problème en employant les moyens immédiats en coupant dans les dépenses. Par le biais de la sous-traitance, permise désormais par l’abrogation des articles du Code du travail prévus à cet effet, l’entretien ménager dans plusieurs institutions sont désormais le lot d’employés d’agence ou de firmes privées, travaillant à des salaires bas et sans protection sociale. Ces emplois, devenus peu attrayant chez ces agences, sont occupés par des personnes ne s’attendant pas à rester très longtemps chez ces employeurs. En plus du roulement important de personnel dans ce type d’emploi, ces agences ne placent pas toujours les mêmes personnes au même endroit. De plus, dans le même contexte de la maximisation des profits, ces PME de l’entretien ménager ne sont pas des plus regardantes sur la qualité des produits utilisés pour l’entretien, quand c’est le temps d’évaluer les coûts versus les profits.

Ainsi, des employés à statut précaire, maigrement payés, appelés à se déplacer d’un lieu de travail à l’autre, n’ayant aucun incitatif à rester longtemps à l’emploi pour ces entreprises et utilisant un matériel plus ou moins adéquat pour effectuer un travail de désinfection, on s’attend à ce qu’il réalise un travail demandant davantage d’expertise… Monsieur Dubuc aurait eu à vérifier les prémisses de son exemple, car celui-ci se retourne contre sa prétention. Il aura beau soutenir la place de l’État dans un rôle régulateur sur l'économie, celui-ci vient en contradiction avec les objectifs néolibéraux des mêmes chefs d’entreprises dont il défend l’intégrité. Peut être a-t-il été ému par la déclaration du patron de Maple Leaf sur Internet, de même que les pertes de l’entreprise atteignant 20 millions de dollars. N’empêche, les morts causées par un manque de rigueur sanitaire constituent un douloureux rappel du danger apporté par la suprématie des lois du marché. Abdiquer notre sécurité, au prétexte que la mécanique de la marchandisation apporte nécessairement l’autorégulation des producteurs, ça serait le comble de l’irresponsabilité. Un renforcement des normes d’hygiène est plus que nécessaire, n’en déplaise aux jovialistes libéraux comme Dubuc et ses pairs.

samedi, août 23, 2008

Vous appelez ça de la nouvelle?

Croyant à tort que seul TVA pouvait se permettre de diffuser en long et en large toutes sortes d’informations sur Céline Dion et sa suite, je me suis trompé. Depuis les annonces de ses passages au Centre Bell et au spectacle sur les Plaines d’Abraham, Radio-Canada s’est mis de la partie. Aux informations de 18h00, les deux chaînes ont choisi cette nouvelle primordiale, tellement utile à nos vies si banales : Céline a obtenu un doctorat Honoris Causa de l’Université Laval… Qu’une chaîne privée fasse ce qu’elle veut de son réseau d’information, je m’en fous. D’ailleurs, TVA a tellement bien réussi dans ce qu’on a appelé le « human interest », cette forme incroyablement pauvre de faire de la nouvelle, à l’américaine. Mais pour l’obtention de cote d’écoute, le prix est lourd de sous-entendus pour la chaîne de télévision publique. J’imagine ce que les journalistes ont pu penser de voir leur reportage relégué au second plan. Je pense à celui concernant les trois soldats canadiens tués dans une embuscade des Talibans, l’autre sur le parfum de conflit d’intérêt entourant le passage de l’ex-ministre Couillard dans le secteur des soins de santé privés, celui sur le grave écrasement d’avion en Espagne…

On pourra toujours me rétorquer le fait d’être dans la période estivale, ou encore que cet événement de grande envergure, jumelé avec celui des Fêtes du 400e de Québec est incontournable, rien n’y fera. On est déjà entouré et bombardé de nouvelles insipides, entre autre dans les deux quotidiens gratuits offerts dans le métro. Il n’y a pas une journée où on ne saura pas quelque chose sur Paris, Amy, Lindsay ou Britney. On a beau tourner la tête, regarder ailleurs, tourner la page, on a déjà conservé dans notre partie de mémoire servant à accumuler les choses inutiles tout ce qu’on devrait savoir sur les « pipoles » du jour. Que devrais-je penser de l’attribution d’un diplôme à la Dion, à la veille de son gros show? Rien de plus que les autres potins inutiles à connaître.

Dans la dernière édition (août 2008) du Monde Diplomatique, on retrouve à la fin cet excellent coup de gueule de Pierre Jourde, où il dénonce en France ce que nous retrouvons également ici, la « machine à abrutir ». Son propos est juste et nuancé, malgré les apparences. Sa critique de cette crétinisation des esprits est aussi valable pour notre situation. Changer les noms de « Nicolas Sarkozy » par « Justin Trudeau », on a une vision d’ensemble assez similaire.

Élections à l’automne?

De toute évidence, on va être en campagne électorale à la rentrée. Stephen Harper semble avoir le goût de faire mal paraître son adversaire libéral, lui-même étant déjà assez habile pour cet exercice envers sa propre personne, par ses tergiversations et ses indécisions. Curieusement, pour un indépendantiste comme moi, je préfère voir Stéphane Dion et son parti prendre la place de ce gouvernement réactionnaire, dont le leitmotiv est moins d’administrer le pays que d’imposer les vues d’une partie de son électorat. Ses prises de positions idéologiques, telles que les coupures dans les subventions culturelles et le combat obstiné du ministre Tony Clement contre le site d’injection assisté pour toxicomane sont suffisantes pour revoir les conservateurs à l’opposition, préférablement dans le rôle de troisième parti, si possible… mais bon, on peut toujours rêver. En attendant, comme mon bureau est dans le comté électoral de Westmount/Ville-Marie, j’ai déjà un aperçu de élections depuis quelques jours. Dans ce comté, qui a probablement envoyé des libéraux au parlement canadien depuis le jours où il a été créé au XIXe siècle, il est évident de savoir qui sera le prochain député. Dion semble avoir un faible pour l’ex-astronaute Marc Garneau. Peut être fut-il excellent dans le domaine aérospatial, mais comme politicien, je n’en suis pas convaincu. Lors des élections de 2006, il avait été battu dans un comté plutôt sûr, de par ses inepties et son insignifiance. Il me semble qu’il aurait fait un bon sénateur, il a la tête de l’emploi mais bon, c’est le choix de son chef… j’ai beaucoup de chance, je vois sa tête et celle de son adversaire conservateur à tous les jours…


Il les ont les beaux slogans, non? « Servir mon pays! », « Le Québec prend des forces »… pour des individus dont la motivations ne me semble pas être la défense du bien commun, ils ne manque pas d’air!

Ah, si la candidate néo-démocrate pouvait être élue…

mercredi, août 20, 2008

Syndrome de la page blanche.

Je pourrais toujours faire porter ça sur la température, sur mes occupations, sur ma fatigue accumulée, sur le jeu Call of Duty, où je personnifie des soldats de la Seconde Guerre mondiale, etc. Je pourrais en trouver des raisons de mon silence des deux dernières semaines, mais je n’en ai pas trouvé de satisfaisante. Peut être que je n’avais rien à écrire sur l’actualité, ou sur mon quotidien. Ce n’est pourtant pas d’événements qui ont manqué : les Jeux Olympiques et leur couverture, l’émeute dans Montréal-Nord, les coupures budgétaires dans les programmes culturels, la course à la présidence américaine, la quasi-guerre entre la Russie et la Géorgie; plus près de moi, il y a eu des spectacles, dont Judas Priest et Voivod au Centre Bell mardi dernier, mes longues journées au travail, quand la moitié des collègues sont en vacances ou en fin de contrat, mes différentes sorties… ben non, je suis bêtement atteint du syndrome de la page blanche. Je l’avoue, un peu piteusement.

Des chanceux qui n’en sont pas atteints, je les envie, surtout quand ils ont les mots justes pour qualifier des situations m’étant aussi scandaleuses qu’eux-mêmes les jugent. Je pense à ces coupures aux programmes d’exportations culturelles. Alain Dubuc, une fois n’est pas coutume, a écrit un très bon papier à ce sujet. Pour en rajouter, j’ai lu quelque part un commentaire d’un lecteur d’un blog de la Presse, dont la position conservatrice étriquée l’a amené à déclarer quelque chose comme « …si ces artistes sont si bons et représentatifs, y’en n’ont pas besoin, des subventions, gardons l’argent pour notre armée qui en a besoin… ». Si on adaptait cette même vision aux entreprises québécoises comme Bombardier ou Cascade, quelle réponse on aurait obtenu de ces mêmes milieux obscurantistes?

Je me promet donc à reprendre le rythme les prochains jours, beau temps, mauvais temps. Il se passe trop de chose pour me permettre aucun commentaire.

vendredi, août 08, 2008

Mon appréciation personnelle des Jeux de Beijing...

C’est le début des interminables Jeux olympiques de Pékin (ou Beijing, si vous voulez…). Je n’ai jamais été un grand fan de ce type de jeux au départ, encore moins quand j’ai la vague impression que ces événements vont être utilisés non pas à ce qu’ils devraient être, l’amitié entre les peuples, mais plutôt à démontrer la fierté nationale d’un pays non seulement en émergence, mais sur le point de réclamer la qualification de superpuissance. Une fierté dont on pourrait à la limite démontrer certaines sympathies, mais dont personnellement je suis incapable. Je ne pourrais faire l’apologie d’un pays soi-disant communiste, dont les inégalités sociales n’ont cessé de grimper et dont l’impérialisme scandaleux pratiqué au Tibet rend ce pays indigne d’une quelconque considération. Pour une rare fois, je ne suis pas en désaccord avec le Premier ministre canadien, dont le refus d’assister aux Jeux semble avoir déplu aux dirigeants chinois (s’ils considèrent moindrement Stephen Harper…). D’ailleurs, à ce sujet, on a eu droit à une belle caricature, dans le journal Le Droit…




Pour souligner le début des Jeux de Beijing, je faire faire mon rabat-joie. Je vous offre quelques images très évocatrices…

























mardi, août 05, 2008

En attendant le show de Rancid...

Les shows défilent, ces temps-ci. Outre ceux des Francofolies dont les artistes me plaisent bien (Anonymus, Tiken Jah Fakoly, Mononc’ Serge), j’ai eu l’opportunité d’aller voir ceux de Reanimator, un excellent groupe thrash de L’Assomption, venu jouer aux Katacombes avec Aggressor, de l’Ontario. Dimanche, c’étais le passage de Testament, dont le dernier (et excellent) album m’a été offert en cadeau d’anniversaire (Merci Pascal et Marie). Le show a eu lieu dans un endroit peu familier de nous tous, métalleux de Montréal, soit l’Olympia. Le son n’a pas toujours été à la hauteur mais bon, l’essentiel est que nous avons bien apprécié la performance du groupe en vedette, de même que Cryptopsy, dont je n’avais pas vu sur scène depuis bien longtemps. Ce soir, c’est au tour de Rancid, avec un autre groupe dont la dernière fois que je l’ai vu remonte à…1991. Rien pour me rajeunir, évidemment.

En attendant, j’écris ces mots rapidement au boulot. Les Francofolies sont terminées, les bilans déposés, il ne me reste plus qu’à attendre le retour de la marchandise. Il se trouve que les employés des deux festivals de l’été montréalais utilisaient du matériel dont je vais sûrement récupérer. Le gag, c’est que mon local est déjà assez rempli comme ça… suite aux réaménagements des étages, j’ai obtenu une quantité très appréciable de cahiers à anneaux et de classeurs à courrier, sans oublier des trucs passablement inutiles qui m’ont été légués, en attendant de savoir quoi en faire.


Rancid






Sick Of It All




Encore un mot sur les jeunes libéraux…

L’hypothèse d’un montage médiatique, entre le Premier ministre Charest et la Commission Jeunesse de son parti, semble faire du chemin. Ceux qui l’ont souligné sur ce blogue hier peuvent se réjouir, vous avez été perspicaces, même si on ne vous fera pas l’honneur de vous donner raison dans les médias. En effet, cette prise de position résolument antisyndicale de la part d’une instance liée à un parti politique, plus ou moins représentative du parti lui-même auquel M. Charest n’a pas semblé faire grand cas me semble un peu louche. C’est comme si le gouvernement actuel, une fois trouvée la longueur d’onde compatible avec les citoyens, tien mordicus à le maintenir. Ce rejet des résolutions néolibérales, issues des élucubrations de futurs lèches-bottes du capital devient ainsi le symbole de cette garantie du gouvernement. Le recentrage s’est tellement bien fait que c’en était presque touchant.

Même si jamais, je ne voterais pour ce parti, je ne peux que saluer la rupture très ostensible du gouvernement avec ces positions imbéciles. Qu’il laisse donc le champ libre dans cette matière à l’autre parti discrédité, l’Union nationale créditiste (ADQ)…

lundi, août 04, 2008

Avec des jeunes comme eux...

On aurait cru voir un remake du mauvais film adéquiste « L’illusion Tranquille », celui-là même qui m’a donné la nausée et m’a fait craindre un temps au retour à la Grande Noirceur. Il s’agissait en fait du congrès des jeunes libéraux, lequel d’ailleurs suscite toujours autant d’intérêt, depuis le temps où les positions adoptées tranchent avec celles du Parti. Rappelons qu’un certain Mario Dumont, alors président de l’aile jeunesse du PLQ en 1992, avait quitté son poste avec fracas pour signifier son désaccord avec la position constitutionnelle avec l’establishment du Parti. Cette fois-ci, je ne pense pas voir le président de la Commission jeunesse (CJ) du PLQ, François Beaudry, démissionner pour protester contre son chef. Jean Charest n’a pas entériné les propositions de la CJ, tant elle ramène le PLQ à une image dont il cherche à se défaire. Je ne suis pas certain que le Premier ministre veut revoir sa cote de popularité revenir à 25%, au temps où la province rappelait aux libéraux cette réalité « On n’a pas voté pour ça! ».

En premier lieu, la proposition antisyndicale hypocritement appelée « amélioration de la démocratie syndicale » est un exemple du niveau hautement réactionnaire de cette commission. Cette proposition se retrouvait telle quelle sur le site de la coalition néoconservatrice « Contre les Vaches Sacrées », associée de près à l’ADQ et ramène le principe du vote secret, qui a toujours été très défavorable aux syndicats. On dirait que la CJ a oublié que le gouvernement se doit d’être celui de tous les Québécois, non pas seulement des patrons et des boutiquiers. Quand j’ai entendu la prétention de Beaudry selon laquelle il fallait passer à autre chose que la confrontation syndicale-patronale, je me suis dit que ce beau jeune homme l’avait eu bien facile dans la vie…Jean Charest a cru bon de rappeler la paix existante dans le monde du travail et que peu de journée de travail sont perdus, par suite de grève ou de lock-out. La candeur de la CJ a été telle que l’on a du rappeler l’existence de certains clauses du Code du travail, lorsque certains résolutions « réinventaient » des pratiques déjà prévues. Il faudrait vérifier si ce Beaudry est également un ancien élève de Réjean Breton comme son prédécesseur, le professeur délirant de l’Université Laval, dont l’anti-syndicalisme l’a fait connaître en dehors de son institution.

La seconde idée de génie des jeunes libéraux est le retour au bilinguisme de la province. Ils ont rejeté de justesse une proposition imposant l’éduction bilingue de la première à la sixième année du primaire. S’il y a une façon de fragiliser le fait français au Québec, c’est bien par ce moyen. Cette proposition à courte vu semble avoir fait table rase de tous les moyens entrepris pour la sauvegarde du français. J’y vois même une injure à tous les enfants des immigrants, qui ont été obligés d’opter pour l’apprentissage du français, depuis l’adoption de la loi 101 en 1977. Le PLQ passe encore pour le parti des Anglais, dans l’imaginaire commun. S’il tien à reprendre le pouvoir de façon majoritaire, en ralliant l’électorat francophone, le PLQ n’a d’autre choix que de condamner cette idée loufoque. On peut encourager la capacité de s’exprimer dans plusieurs langues, sans pour autant dissoudre la nôtre.

Enfin, la proposition de tripler les frais à l’université est ni plus ni moins qu’une politique élitiste, visant à restreindre l’accès à l’université au profit d’une minorité de privilégiés. Ce grand bond en arrière a également été désavoué par le premier ministre, bien conscient du caractère hautement conflictuel de cette position. Non seulement les associations étudiantes auraient monté aux barricades, l’électorat aurait fait savoir sa désapprobation, On aurait accusé le PLQ de provoquer à nouveau l’instabilité sociale, comme dans les années 2003-2004 avec son « mandat clair ». La lente augmentation de 50 dollars par année, bien qu’elle pénalise encore un certain nombre d’étudiants et qu’elle soit contestée par les mouvements étudiants, a finalement ralliés les autres acteurs du milieu.

L’état de grâce dans lequel se trouve le gouvernement Charest est bien réel, mais je doute fort qu’il survive à un brusque virage à droite et à un retour à l’affrontement. Il doit sa quasi-défaite aux politiques néolibérales de ses premières années au pouvoir. Sa remontée a été possible grâce à l’effondrement de l’ADQ comme opposition officielle, à une stratégie de communication efficace, au désaveu de l’électorat envers les idées à l’emporte-pièce et à une ligne politique très modérée. La voie vers un troisième mandat est tracée, la dérive de l’aile jeunesse du PLQ est non seulement exécrable pour la population, elle l’est également pour Jean Charest et ses députés.

Jeunes libéraux...

Comment ça, encore de la pluie?

Je n’ai jamais vu ma cour arrière aussi verte que cette année. Pas étonnant, avec toute la flotte reçue en juillet! Samedi passé, j’étais très heureux d’avoir des godasses parfaitement adaptée pour les déluges, comme celui que l’on a reçu dans l’est de la ville. Ça m’impressionnera toujours, ces précipitations soudaines et abondantes.

Je préfère qu’il fasse beau l’été, comme tout le monde. C’est meilleur pour mon humeur. Quand c’est gris, collant et humide, je ne m’endure plus. Ajouter à cela les hurlements de mes crétins de voisins (y’en a deux qui se sont tapé dessus, ce matin à 7h45, dans la ruelle derrière chez moi…), je cherche toutes les occasions de sortie, pour m’éloigner quelques heures…

jeudi, juillet 31, 2008

L’OMC dans l’impasse? Tant mieux!

On a assisté de nos salons à un bien triste spectacle, soit celui de la fin des négociations sur la libéralisation totale du commerce international, dans le cadre de l’Organisation mondiale du Commerce. En fait, il a été plutôt réjouissant d’apprendre la fin lamentable de ces pourparlers, surtout quand les représentants des pays émergents comme l’Inde ou le Brésil n’ont pas été dupes de la mauvaise foi évidente des négociateurs occidentaux. Il fallait voir le ministre du commerce Michael Fortier, quand il est sorti de la grande salle de réunion, en prenant un air affecté, soucieux de la malchance guettant les pays pauvres et de l’ingratitude des pays riches.

La déclaration la plus étonnante (et aussi la plus hypocrite) est venue des Occidentaux, lorsqu’ils ont affirmées que ce sont les pays pauvres qui vont écoper de cette impasse. Au contraire, ces négociations ont eu pour but de faire tomber les barrières tarifaires des pays les plus pauvres, dans un contexte où il est évident que le rapport de force ne les avantageait pas. Les négociateurs américains et européens ont tenté d’ouvrir le marché alimentaire de ces pays, sans pour autant s’engager à s’ajuster devant un tel déséquilibre. L’ajustement en question est la fin des subventions accordées aux agriculteurs des pays riches, de façon à garder leur production à prix compétitif, devant les productions étrangères. Comme il semblerait qu’aucun gouvernement ne tient à laisser tomber cette pratique, pour des raisons aussi plates que le soutien électoral dans certaines régions, les producteurs agricoles pourront souffler en attendant une éventuelle reprise de ces négociations.

André Presse de la Pratte, toujours aussi rapide pour évoquer le saint dogme de la libéralisation, a qualifié de « mesure dépassée et archaïque », cette pratique des subventions, sans pourtant se justifier sur le besoin de cette politique. Il a pourtant omis d’évoquer le fond du problème, plus gênant à traiter, de la part d’un ardent défenseur du marché. Le problème ne vient pas de la frilosité des représentants des pays pauvres, ni de celle des producteurs agricoles du Nord. En fait, c’est que la libéralisation des marchés se heurte à un obstacle de taille, quand les États-Unis et les pays européens pratiquent un libre-échange à sens unique. Tant que ce sont les pays plus pauvres qui abaissent leurs barrières tarifaires, les partisans du libre-échange exultent, mais ils ne sont pas très empressés de commenter les tarifications spéciales et les embargos des riches. On a eu de nombreux exemples, avec cette fumisterie qu’est l’ALENA. Combien de fois des clauses spéciales et des règles se sont appliquées sur les produits d’importation canadiens, pour satisfaire tel ou tel lobby à Washington? Libre-échangistes, les riches? Bien sûr, mais seulement quand ça fait leur affaire…

Si les subventions agricoles devaient être abolies au Canada et au Québec, selon le désir de M. Presse de la Pratte, nous pourrions voir disparaître bon nombre d’entreprises familiales et de petites productions, avalées par les grandes entreprises agricoles ou encore s’effacer devant la loi impitoyable du marché. Sans doute nous verrions s’effondrer le secteur des produits artisanaux, tels que les producteurs locaux de fromage, de sirop d’érable, de viande d’élevage alternatif et autres produits du terroir. Dans un contexte de libre-marché, les coûts de production auraient rapidement le dessus sur la demande des consommateurs. Les subventions permettent la survie de ces productions locales, dont nous profitons en tant que consommateurs. Je ne vois pas trop en quoi elles sont dépassées, à moins que M. Presse de la Pratte préfère voir les régions se soumettre à quelques industries spécialisées, comme la production porcine, au risque de connaître les mêmes soubresauts des cinq dernières années. Peut être qu’il a la mémoire courte, l’éditorialiste : c’est justement le manque de diversité des industries régionales qui sont à la base de la fragilité économique de ces mêmes régions.

En terminant ce texte, je me suis souvenu avec nostalgie des précédentes rencontres, presque toujours accompagnées de grandes manifestations altermondialiste. Cette fois-ci, on n’en a pas entendu parler du tout. Peut être qu’il ne s’est rien passé, ou encore les manifs n’étaient que symboliques, ou encore on eu droit à un black-out médiatique… et puis peut être que la lutte contre la mondialisation néolibérale a été remportée, quand nous voyons tout ce beau monde cravaté se déchirer entre politiciens pragmatiques et gardiens du dogme du marché. Dans ce contexte, aussi bien laisser les projecteurs sur leurs disputes sémantiques, plutôt que se faire passer pour des émeutiers…


lundi, juillet 28, 2008

The Beautiful People.

Sur Antichrist Superstar, paru en 1996, Marilyn Manson a inclus une chanson intitulée « The Beautiful People » :



Les paroles :
And I don't want you and I don't need you
Don't bother to resist, or I'll beat you
It's not your fault that you're always wrong
The weak ones are there to justify the strong

The beautiful people, the beautiful people
It's all relative to the size of your steeple
You can't see the forest for the trees
You can't smell your own shit on your knees

There's no time to discriminate,
Hate every motherfucker
That's in your way

Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, why you trying to be mean?
You live with apes man, it's hard to be clean

The worms will live in every host
It's hard to pick which one they eat most

The horrible people, the horrible people
It's as anatomic as the size of your steeple
Capitalism has made it this way,
Old-fashioned fascism will take it away

Hey you, what do you see?
Something beautiful, something free?
Hey you, why you trying to be mean?
You live with apes man, it's hard to be clean

There's no time to discriminate,
Hate every motherfucker
That's in your way

Hate! [x8]

Je ne pouvais imaginer qu’un jour, on prendrait Marilyn Manson au mot et qu’on justifierait ce qu’il a appelé le « fascisme de la beauté ». Dans le journal La Presse de vendredi, un article a traité de l’implantation récente des services du site beautifulpeople.net pour le Canada et le Québec. J’ai retrouvé le communiqué annonçant l’arrivé de ce service, destiné aux célibataires des deux sexes, dont le critère essentiel est celui de la beauté physique, selon les barèmes très précis des membres. Comme vous pourrez le constater, ce service est élitiste et a des sous-relents d’eugénisme. On suggère ainsi qu’une catégorie de gens doivent frayer entre eux et conserver ainsi cette beauté à l’intérieur du groupe.

En effet, comme le souligne explicitement les fondateurs, les gens de belle apparence ne doivent plus perdre leur temps avec des gens plutôt ordinaire. Ça m’a rappelé une autre chanson, « La Führer », où Mononc’ Serge dénonce la pratique de sélection du public, utilisé par les producteur de « La Fureur », l’émission animée pendant plusieurs années par Véronique Cloutier :
…
Dès sept heures
Les banlieusards de Brossard
De Candiac
Débarquent tout heureux
Au studio 42
Une hôtesse
Serait-ce Elsa la louve des SS?
Effectue le tri de la foule
Et envoie au balcon les tamouls
Les lépreux
Les grosses torches les plus moches
Tandis que plus bas
Dans le champ des caméras
Les gens
Montrables à l'écran
Se partagent le parterre
D'un côté, les belles aryennes
De l'autre, les bons aryens
…

Le plus cocasse de ce genre de site, c’est l’assurance des créateurs sur la superficialité de leur clientèle visée. La beauté physique est l’absolue, tant pis si les gens ne rencontrent pas vraiment l’âme sœur, au moins ils sont « entre eux », telle une aristocratie exclusive, loin de la plèbe roturière. Comme le soulignait l’auteur de l’article, pourquoi créer un site de rencontre, quand c’est surtout les gens de moins belle apparence qui ont des difficultés de rencontrer l’âme-sœur? En fait, c’est une forme extrême d’arrogance affirmée où des « beautiful people », non content d’avoir été gâté par la nature et dont souvent la réussite sociale en a été le résultat, tiennent absolument à le crier sur les toits. Déjà qu’il existe toute forme de discrimination sur l’apparence, celle-ci en rajoute et ne semble souffrir d’aucun complexe.

Ça doit être ça, finalement, le fascisme de la beauté…

mercredi, juillet 23, 2008

Bien fait pour sa gueule!

Il y a de ces drames individuels qui se produisent et dont on peut se réjouir. Je pense surtout à l’arrestation de Radovan Karadzic, l’ancien leader des Serbes ultranationalistes de Bosnie, dont le mouvement a déclenché une guerre civile, suite à l’éclatement de la Yougoslavie. L’ex-psychiatre et également ex-figure de proue politique du mouvement nationaliste serbe de Bosnie se cachait depuis une douzaine d’année en Serbie, sous un faux nom et une nouvelle apparence. S’il faut en croire les médias, le gouvernement serbe savait très bien sous quelle identité Karadzic se dissimulait à Belgrade et ce sont les intérêts économiques du pays qui l’ont amené à vouloir le livrer au Tribunal pénal international (TPI). En effet, la Serbie tente de joindre l’Union européenne et depuis l’élection d’un gouvernement favorable à son adhésion, il ne fallait pas compter trop longtemps avant que Karadzic soit enfin livré à la justice. Quand même, il est dommage que ce soient l’ambition économique qui a décidé les autorités serbe à se saisir de Karadzic, pour qu’il soit transféré devant le TPI. J’aurais préféré savoir qu’à Belgrade, on mesure enfin l’ampleur des crimes commis par Karadzic et les autres leaders serbes de Bosnie (dont le chef militaire Ratko Mladic) pour que justice soit faite. Mais quand même, c’est une bonne nouvelle de savoir qu’un criminel de guerre et contre l’humanité puisse enfin subir un procès pour ses crimes.



Et dans ce cas-ci…

« Revenu Québec c'est des malades mentaux. Tu leur dois 8 $, et ils vont kidnapper tes enfants. C'est eux autres qui ont kidnappé la petite Cédrika»

L’histoire de Mike Ward et son gag de mauvais goût utilisant la disparition de Cédrika Provencher a fait des vagues, ces derniers jours. L’humoriste, dont le type d’humour ne m’est pas tellement familier, se spécialise dans « l’extrême ». Pour lui, il n’y a aucune limite. En retour, le voilà dans une position très inconfortable, où il est la cible de menace de mort et de harcèlement. D’une certaine manière, sans vouloir encourager en quoi que ce soit les dérapages de certains individus envers la personne de Ward, je me suis dit qu’il venait enfin de faire face à sa responsabilité en tant qu’auteur. Je ne suis pas un zélote de la rectitude politique, mais je suis encore moins favorable à cette recherche de l’absolue limite dans l’iconoclastie. Pour avoir été des opposants à Jeff Fillion et consort à Québec, je crois toujours à l’éthique en toute chose. Utiliser ainsi un cas aussi triste que la disparition d’une fillette pour un gag n’est absolument pas justifiable, peu importe la défense et les justifications de Ward et ses semblables. D’ailleurs, vous pouvez entendre celles-ci sur son vidéo du 21 juillet.
http://www.mikeward.ca/

Il sacre beaucoup, Mike. Je pense qu’il manque un peu de vocabulaire. Et d’autres choses, je ne sais trop quoi exactement…

Une dernière fois, sur Sir Paul…

Ma mère m’a écrit ce matin, pour me dire qu’elle et mon père ont vu le show de l’ex-Beatles sur les écrans géants et qu’ils ont bien aimé. Elle me demandait pourquoi je n’ai pas écrit sur le succès du spectacle. Hé bien, je dois dire que la plupart des médias l’ont fait, je n’ai pas eu grand’ chose à ajouter. Je n’y serais sûrement pas allé, si j’avais eu à être présent à Québec. Ça ne me plaît vraiment pas, c’te musique là. Ma mère a ironisé sur le fait que dans le gros village de Québec, on ne fait pas comme à la grande ville, les gens ne cassent pas tout, quand il y a une fête… et vlan dans mes dents!

dimanche, juillet 20, 2008

En attendant le show de Sir Paul...

Suite à mon précédent article sur la venue de Paul McCartney, j’ai reçu les paroles modifiées par un de mes amis de sa chanson Yesterday. Éric, comme vous le constaterez, ne manque pas d’humour… vous trouverez l’originale des paroles sur ce blog :
http://www.phonono.com/papyrus/001161.html

Yesterday,
The Beatles brayed almost everyday
And they didn’t have much to say
Oh I thought that was yesterday

Suddenly
I realize the anomaly
That the old sod is playing in Quebec City
Oh why not shoot the damned limey

Why he
Had to be on that show, I couldn’t say
I think
Something’s wrong, now I long for some doomsday

Yesterday,
I thought the Beatles ghost had faded away
Now I need a place to hide away
And go listen to “Sister Ray”

Why he
Had to be on the show, I won’t dare say
I think
Boomers took too much drugs anyway

Yesterday,
I thought the Beatles ghost had faded away
Now I need a place to hide away
And go listen to “Sister Ray”


La photo de Sir Paul est celle de l'album Ram, son premier album solo, si je ne me trompe pas. L'album a été très mal reçu par la critique, à l'époque. Celle de John Lennon avec un cochon se voulait être un clin d'oeil méchant de la part de l'ex-Beatles, envers son ex-comparse...

jeudi, juillet 17, 2008

Tout ça pour Sir Paul...

J’en ai lu et entendu des belles, sur le 400e anniversaire de la ville de Québec, mais celles concernant la venue de Paul McCartney ont été les plus diversifiées. Ben oui, l’ex-Beatles doit faire un show d’envergure, sur les plaines d’Abraham. La controverse n’a pas tardé : Sir Paul est un britannique, les deux autres groupes chantent en anglais, la belle affaire, pour l’anniversaire de la première ville de langue française en Amérique. Les uns voient encore là une autre façon d’escamoter le côté historique de la fête, au profit de la « canadianisation » du 400e, les autres s’emportent contre les critiques, en devenant les plus ardents défenseurs de McCartney, devenu en un rien de temps le grand compositeur de son temps (je pensais que c’était Frank Zappa!) et pointent encore une fois les méchants Montréalais, ces affreux jaloux. Il est loin, le temps où je croyais au manque d’intérêt manifesté par les gens de Québec, tant on percevait un autre « Québec 1534-1984 », un échec financier dont ils voulaient bien se passer. Maintenant, on dirait qu’il ne fait plus critiquer ces célébrations, au risque de se faire lyncher.

Personnellement, je suis porté à avoir la même perception critique envers la présence de Paul McCartney. Quand je l’ai appris, j’ai trouvé ça peu imaginatif, de la part des organisateurs, voire même précipité. Le type semble être en forme, il a une très longue carrière, c’est désormais un immortel, c’est son genre de jouer sur scène, lors des gros événements… et après?

J’ai vu la prestation de McCartney, lors du Super Bowl, il y a deux ou trois ans de cela. C’était plate, très plate. Je ne me souviens plus si c’étais avant que Sir Paul manque de se faire laver dans son divorce et perde la moitié de sa fortune. Ma réflexion d’alors a été « Hé ben, j’pense qu’il est en train de s’en mettre de côté, au cas où… ». N’étais-ce pas lui, quelques temps auparavant et toujours marié avec sa dame, qui est venu faire le militant écolo sur la banquise, en plein dans sa lubie très « Bardot » de vouloir sauver les bébés phoques? Sa femme avait manqué de se faire mordre par un blanchon, ce dernier était stressé par les époux McCartney et leur suite. Sir Paul avait ensuite tenté de diaboliser les chasseurs de phoques, en ramenant des images de massacre vieilles de vingt cinq ans à CNN. Il avait eu un échange assez viril avec le Premier ministre terre-neuvien, Danny Williams, lequel n’a pas trop apprécié qu’il a dû jeter ses disques des Beatles au feu, tant l’artiste l’avait piqué au vif. D’ailleurs, on devrait entendre l’avis de M. Williams, sur la nouvelle venue de l’ex-Beatles…

Plusieurs ont rappelé que Sir Paul avait déjà composé une chanson en français, Michelle, ma belle, à mon avis pas très fameuse. Mais on ne semble pas savoir qu’il a composé quelque chose de très mauvais, dans la même langue : Où est le soleil? Voici d’ailleurs le vidéo, jugez-en par vous-même. Sir Paul a fait de grandes chansons, on peut bien lui pardonner…





On devrait lui demander de chanter cette chanson, lorsqu’il viendra sur les Plaines…

mardi, juillet 15, 2008

L'ignorance volontaire.

Dans la période où les événements d’envergures se succèdent, le Festival de Jazz, le Festival d’Été, les Nuits d’Afrique, les Francofolies et bien d’autres, sans oublier le 400e anniversaire de Québec, quoi de mieux approprié que de parler d’économie. L’Institut Fraser, le grand frère canadien de l’Institut économique de Montréal (IEDM), a mandaté un « analyste » pour nous répéter encore une fois le saint credo libertarien. Ce texte paru dans la Presse de jeudi dernier est un bel exemple de la rhétorique que nous assènent à tout coup les instituts néolibéraux d’experts autoproclamés. Cette fois-ci, l’auteur n’a pas été bien loin pour étaler ses arguments, en faveur de la fin des subventions aux festivals déjà établis comme le FIJM, le Festival Juste pour Rire et les Francofolies. Travaillant au sein de l’Équipe Spectra, je vois bien que le monsieur Minardi n’a que faire de la réalité d’une organisation d’envergure. Pour lui, tout se juge à l’ornière de l’économisme, Quitte à passer pour un crétin et être obligé de se défendre piteusement par la sempiternelle excuse « ben j’voulais susciter un débat… ».

On s’est habitué à ce genre de festival très rassembleurs, mélangeant spectacles gratuits à l’extérieur et payant à l’intérieur. Pour Minardi, ce type d’activité pourrait suivre son cours en se passant de tout financement public, au nom de la saine gestion de l’argent reçu des contribuables. L’idée qu’avance l’expert est une façon détournée une certaine privatisation des événements, de façon à ce qu’ils soient compatibles avec la vue froide de l’économiste qu’il est, incapable de voir les choses autrement. L’argument est toujours le même, selon lequel on n’a qu’à faire confiance au marché, les produits culturels québécois se tireront très bien d’affaire. Les canards boiteux, tant qu’à eux, n’auront plus qu’à crever la bouche ouverte, après cinq années de subvention. La confiance, voilà le leurre de notre soi-disant expert et de ses semblables, afin de nous faire croire à leur intérêt porté envers les entreprises d’ici. S’il y a bien une absence commune aux néolibéraux, c’est bien l’attachement « irrationnel » à la production locale : le marché avant tout! Cette croyance aux mécanismes du marché les amène à écrire n’importe quoi, par l’ignorance volontaire de ce qui est en dehors du domaine économique. Pour Minardi et ses semblables, l’économie explique tout, alors il est peu courant de les voir s’intéresser aux autres points de vue. On a qu’à lire de dénigrement systématique qu’ils font des sciences humaines, dans leurs publications, pour se convaincre de leur attachement quasi-religieux à leur dogme.

L’argumentaire néolibéral tient rarement compte de l’histoire ou encore de l’aspect contextuel, sauf quand ça arrange les choses. L’économie, en tant que science « exacte » pour les néolibéraux, n’a rien à faire avec les faits. Dans le cas de l’analyse de notre expert frasérien (excusez le néologisme, ça me tentait de l’amener, celui-là), il n’a jamais fait mention du contexte de la naissance de ces festivals. Il n’a pas non plus tenu compte des possibilités de financement par le secteur privé, qui est vraisemblablement au maximum de ce qu’il peut contribuer. Rappelons-nous de la crise occasionnée par le retrait des entreprises du tabac de la Formule 1, à Montréal. L’événement a failli ne pas s’en remettre. La légèreté avec laquelle Minardi analyse la question des principaux festivals démontre son ignorance des coûts de production et de logistique. Un événement comme le Festival international de Jazz de Montréal, s’il devait se passer la part de financement gouvernemental, devrait réduire largement sa programmation extérieure, de même que le nombre de spectacles. Il aura beau être très bien établi, ce n’est pas demain la veille que mes patrons feront la même confiance au marché pour se lancer ainsi dans le vide. Le financement gouvernemental est essentiel au maintien du FIJM comme les autres, dans leur forme actuel.

Un des aspects que Minardi et ses pairs des instituts économiques dont il est rarement question est le retour sur l’investissement, de la part de l’État. Les différents paliers de gouvernement auraient déjà signifié leur refus de subventionner les grands festivals, avec les explications de notre pseudo-analyste. On retrouve bien dans ces officines des administrateurs ayant un cursus similaire à d’autres administrateurs dans le secteur privé, pourtant ils sont ouvert à subvenir aux différents événements culturels. L’investissement public rapporte plus que la mise initiale, comme le développement de la scène culturelle locale, ou encore la diffusion d’artiste d’ici. Les retombées d’un festival d’envergure se calculent en millions de dollars de profits indirects, pour de nombreuses entreprises, petites et grandes, proches ou éloignées. L’investissement de l’argent public pour le faire fructifier dans l’économie ne devrait pas être vu comme une dépense injustifiée, mais bien à un stimulant. C’est un rôle dont l’État ne devrait plus justifier, même s’il n’apparaît pas toujours à l’avantage des contribuables. Pour nos experts néolibéraux, gardiens du dogme du libre-marché, c’est une hérésie qu’ils s’efforcent de combattre sur toutes les tribunes, même s’ils doivent ensuite se replier sous le tollé et le « débat qu’ils souhaitaient susciter »…

Il est dommage que sous les pompeuses qualifications « analyste », « économiste » ou « chercheur » des instituts économiques néolibéraux, on retrouve en fait des talibans du libre-marché, dont les connaissances restreintes à leur religion ne devraient pas leur permettre l’importance démesurée que les médias leur accorde, comparativement à d’autres intervenants. Il s’agit de voir la publicité entourant les recherches biaisées et les « palmarès » de l’IEDM et de l’Institut Fraser pour s’en rendre compte. Les déclarations de ce Minardi en sont un autre exemple, parmi tant d’autres.


mardi, juillet 08, 2008

Demain, j’ai 38 ans…

…et oui, c’est des choses qui arrivent, prendre une année supplémentaire. Mon corps change un peu, j’ai moins de poils sur le caillou, j’en ai un peu plus dans les oreilles, ça me prend deux jour à me remettre d’une cuite, je ne vais plus faire de stage-dive aux spectacles où je vais, ni me lancer dans le « mosh-pit », je ne suis plus surpris de me faire appeler « monsieur » par les commis, même avec mon look de freak, je suis rendu à raconter des spectacles métal ou punk qui ont eu lieu il y a vingt ans, pour moi les Bourassa, Mulroney, Chrétien, Bouchard, c’était hier…

Ben merde. 38 ans.

Bah!

Il y a Carcass qui revient à Montréal en septembre, alors… je m’en fout bien, d’avoir 38 ans!


dimanche, juillet 06, 2008

Un an plus tard…

Jeudi 5 juillet 2007, 16h50. Au moment de terminer ma journée de travail, j’apprenais de la directrice des ressources humaine mon renvoi définitif. La direction de Renaud-Bray, échaudée par mes critiques sur ce blogue, s’est débarrassé de moi sans avertissement. Ça faisait des années que je jouais les troublions, notamment lors des deux négociations de 2003 et 2005, en tant que membre de l’exécutif du syndicat. J’avais également contribué indirectement à démontrer l’incompétence de la directrice de la succursale où j’ai été libraire pendant cinq ans et demi, sur la rue Sainte-Catherine ouest. L’appréciation de mon travail et de mon amour des livres n'a pas compté, aux yeux des patrons de l’entreprise, lorsqu'ils ont choisi de me jeter dehors.

Un an plus tard… je travaille avec un meilleur salaire, dans une ambiance agréable, à des conditions que je ne pouvais imaginer auparavant. Certes, je n’ai jamais eu autant de travail à faire, les journées passent très vite mais en retour, les nombreux avantages que je retire sont très importants. Spectacles gratuits, contacts avec le milieu artistique, avantages sociaux considérables, reconnaissance de mon travail et de mon importance pour l'entreprise, etc. Je peux écouter la musique que j’aime, j’ai accès à un ordinateur, je connais la très grande majorité des employés et je vois une de mes grandes amies à tous les jours. Que puis-je demander de plus?

Il m’arrive parfois d’avoir une certaine nostalgie de mon ancien poste. J’ai eu accès aux nouveautés littéraires, j’ai eu droit à un nombre considérable de livres gratuitement, j’ai également travaillé avec des gens extraordinaires et milité dans un syndicat combatif, à qui je dois énormément. La page est tournée, l’arrangement que j’ai obtenu a satisfait les deux parties et je ne crois pas revenir comme libraire quelque part.

Ce que j’ai retiré de cette expérience est l’importance de faire valoir ses droits et de ne jamais laisser tomber. L’an dernier, je ne me suis pas laissé abattre, malgré le choc d’un renvoi après plus de neuf années au service de cette entreprise. Je me rappelle de m’être employé à me trouver un nouveau travail et de revoir ce que je pouvais faire, à défaut de n’avoir pas terminé ma maîtrise et de ne pas avoir de spécialisation, outre mes années d’expérience au service à la clientèle. C’est d’ailleurs cela qui m’a permis d’obtenir mon emploi actuel et le précédent.

Il fait si beau et chaud, je vais célébrer cela avec mes amis, au Piknik Électronique d’abord, puis avec mes vieux chums Raymond et Claude, ce dernier a eu 36 ans l’autre jour. On ne peut manquer des occasions pareilles…


vendredi, juillet 04, 2008

Une question purement idéologique.

J’ai avalé mon café de travers ce matin, quand j’ai lu sur le site du Devoir ce titre : Nouvelle salle de l'OSM: le budget du PPP explose. Pourquoi donc ce matin, il y a bien eu d’autres projets similaires de ce type, en partenariat public-privé (PPP), dont les coûts ont grimpés durant les travaux? En fait, c’est justement cette constante : les coûts augmentent systématiquement, lorsqu’il s’agit d’un projet de construction en PPP! Ça devient une habitude plutôt chère à assumer…

Dès 2004, la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, une dogmatique de l’économisme néolibéral, vantait les possibilités d’économie et l’efficacité accrue de ce type de projets. L’État, selon elle, n’avait pas à s’impliquer autant dans l’élaboration et la construction de ses infrastructures, l’implication du secteur privé allait permettre de réduire les coûts et hausser l’efficacité des travaux et de l’entretien de ces infrastructures. On a donc fondé en grande pompe l’Agence des partenariats publics-privés, cette machine de guerre contre les dépassements de coût et l’inefficacité. Cette agence produit depuis ce jour les contrats spécifiques aux projets dont le cabinet de la ministre ont désignés comme étant digne d’un PPP.

Derrière ces bonnes intentions, madame Jérôme-Forget a dissimulé son leitmotiv idéologique. Pour elle, le secteur privé est toujours plus efficace que le secteur public dans la gestion d’une structure, de par son souci de fructifier son profit. Une entreprise privée met donc tout en œuvre, par logique, afin d’obtenir le maximum de son investissement. Ce préjugé tenace, c’est un des piliers de la pensée néolibérale, dont la ministre s’est fait depuis longtemps l’apôtre. On peut acquiescer comme allant de soi, si on s’en tien à la théorie. Dans la pratique, c’est une toute autre histoire.

Il faut savoir que les PPP sont des projets à très long terme. Les contrats sont de durée allant même jusqu’à cent ans, sont souvent très volumineux et contiennent une foule de détails dont nous avons rarement une idée de ce qu’ils sont. Ces contrats de PPP, bien qu’ils soient liés avec l’État, sont peu disponibles pour une lecture publique et sont constitués dans un vocabulaire très technique, donc très peu accessible. Par exemple, le contrat du PPP pour l’entretien du métro de Londres (R-U) est constitué de milliers de pages. Un contrat aussi important et complexe, peu connu dans le détail par le public, a permis une séries de désaccords qui se sont retrouvés devant les tribunaux, engendrant ainsi des coûts additionnels. Dans ce contexte, la population londonienne est en droit de savoir les raisons pour laquelle l’entreprise Metronet conteste autant de clauses mal interprétées selon elle. Elle est plutôt laissée dans l’ignorance, au nom du principe de l’inviolabilité du secret commercial. Cette même entreprise, un consortium créé pour l’occasion et pourtant la meilleure soumissionnaire, semble incapable de remplir ses obligation et doit constamment s’appuyer sur l’État pour lui garantir une certaine viabilité. Le pari idéologique des idéologues néolibéraux, à la base du projet, en prend ainsi pour son rhume.

Apprendre ce matin que la fameuse salle de l’OSM ne va pas coûter 105 millions de dollars comme prévu par le Premier ministre Charest, mais bien 266 millions, il y a de quoi s’étouffer. Dans mon cas, je devrais peut être me réjouir, c’est une preuve indéniable de l’inanité des espoirs envers ces PPP. Comment peut-on se cramponner à un certain montant de dépense prévu, puis avouer candidement que ça va coûter plus du double, pour permettre à un orchestre symphonique de jouer dans une salle digne de sa réputation? L’aveuglement idéologique de la ministre et ses fonctionnaires de l’Agence des PPP ne peut que confirmer le ridicule de la situation. Je me demande bien comment elle va s’y prendre, pour nous expliquer le retournement du principe même de l’adoption des PPP, soit celui de l’économie et de l’efficacité. Pour ces millions de dollars perdus dans les poches des partenaires du privé, on peut imaginer les pirouette qu’elle va utiliser…

Le 400e de Québec…

Loin de mon ancienne région, j’ai regardé quelques moments des festivités, sur Internet comme à la télé. Ça m’a agacé, pour ne pas dire emmerdé. Puis je suis tombé sur ce texte de Jean-Simon Gagné, qui en a vu davantage mais a confirmé certains trucs que j’ai observé. Des discours pompeux, des militaires qui n’ont pas d’affaires là, un double-standard dans les célébrations (une fête pour les riches, une fête pour les autres…), des références historiques tronquées, de la récupération politique… Encore une fois, je suis bien content de ne plus appartenir à cette région. Je me sens gêné pour les gens de Québec : ça aurait pu être une belle fête populaire, on en a fait un tarabiscotage de protocole et une vitrine pour les vues du gouvernement canadien. Je ne suis pas près de l’oublier, l’imposition de cette parade militaire et tant mieux si les soldats se sont fait huer par des manifestants, ce n’est pas tout le monde qui est dupe de la mission « humanitaire » en Afghanistan. Qu’ils l’avouent donc, à Ottawa, le tracé du grand projet pétrolier doit passer par Kandahar…


Une des dignitaires obligées de se tenir sous la flotte, la gouverneure-générale Mikaël Jean, s’est employée dans son discours à faire des raccourcis historiques pour gommer la division perpétuelle entre le Québec et le Canada. Encore un peu et elle va faire croire que la France a simplement laissé sa colonie aux Anglais, parce qu’ils lui ont demandé. Elle qui se prend désormais pour Élizabeth II en est rendue à imiter jusqu’à son insignifiance et ses façons guindées de salut la foule. Si au moins elle s’en tenait à cela, mais non! Elle a décidé que son rôle est désormais politique. J’espère que ça la rattrapera, cette usurpation de fonction.

Demain…

…je vais souligner un anniversaire, pas vraiment le mien, je suis né un 9 juillet. Je garde la surprise…


















mardi, juillet 01, 2008

La Fête de quoi, déjà?

Ce matin, ce sont les avertissements sonores d’un camion qui m’ont réveillé. Je me suis couché un peu tard et gris, je suis allé voir le show de Public Enemy au Métropolis… En vérifiant dans ma rue, lorsque j’ai ouvert les « stores », il s’agissait du véhicule d’une entreprise de déménagement. Ça m’a aussitôt rappelé que nous sommes le 1er juillet. Ce que je n’ai pas vu sur les balcons de ma rue, ce sont des drapeaux unifoliés rouge et blanc. Ça aurait été une bonne indication de la journée mais dans mon quartier, c’est plutôt rare. Je suis quand même dans l’extrémité est d’Hochelaga-Maisonneuve. La fête du Canada, comme partout au Québec, c’est une journée de congé, rien de plus. Tout le contraire à l’ouest de l’île, dans les secteurs et municipalités avec de fortes concentrations d’anglophones ou d’allophones tendant vers l’anglicisation. Et puis oui, je travaille aujourd’hui, le Festival de Jazz exige que je sois là au poste, même si les messagers et les facteurs sont en congé.

Pour l’avoir vu lors d’une randonnée en vélo un 1er juillet, ça se fête beaucoup chez les Anglais, mais ça n’a rien à voir avec la Saint-Jean-Baptiste, la fête nationale du Québec. Oui, on peut voir quelques spectacles mais en général, on se retrouve dans des fêtes de quartiers bien tranquilles, avec des gens bien élevés et propres sur leur personne. Des monsieurs et des madames qui jouent au boulingrin, habillés en rouge et blanc. Des fanfares de militaires, des cadets en uniformes et des anciens combattants avec leur béret et leurs médailles. Des membres de communautés culturelles qui se font des grosses bouffes entre eux dans les parcs, parce que dans le fond, ils profitent du congé mais ne le passent pas à déménager. Des membres de clubs sociaux complètement inconnus dans le reste du Québec, qui arborent des chapeaux bizarres et chantent des cantiques. J’ai bien vu quelques bières se faire boire dans les parcs longeant le boulevard Lakeshore, mais ça n’a aucune mesure avec les partys de bières et hot-dogs que je connais, dans mon secteur. Et pour ce que j’en sais, ça ne se termine pas tard.

C’est précisément cette journée et ces événements qui me maintiennent dans mes convictions indépendantistes. Je n’ai aucun sentiment d’appartenance à ces gens qui fêtent ainsi Je ne suis pas du genre à dire « maudits Anglais » ou encore à les dénigrer pour tout et pour rien. Je n’ai absolument rien à reprocher aux Canadiens, (sauf quelques morons qui leur font honte à eux-aussi, on a bien les nôtres…) ce sont leurs institutions que j’exècre. Les fonctions de gouverneur général et de lieutenant-gouverneur, l’attachement à la monarchie britannique, les faux-semblants de bilinguisme de la fonction publique, la GRC, l’armée canadienne, la Cour Suprême, le sénat canadien et tant qu’à faire, le drapeau canadien. Ces symboles suscitent chez moi aucun attrait, pour me faire changer d’avis sur le pays. C’est simple, je ne m’y reconnais pas. Tout comme à la fête du Canada.

Ça doit être pour ça, que je porte mon t-shirt avec un fleurdelisé dessus, précisément aujourd’hui.


lundi, juin 30, 2008

Quand le navire coule, que font les rats?


J’ai eu énormément de plaisir à lire cet article, dans le Devoir du 28-29 juin. Je suis quelque peu étonné de cette réaction véhémente de la part de cette droite néolibérale, envers leur parti et son chef. L’Union nationale créditiste (ADQ) vient de se voir fortement critiqué par ses plus ardents défenseurs, au point que certains se dissocient d’elle. La raison est fort simple, le parti a pris une tournure pragmatique et délaisse son programme économique hérité du néolibéralisme le plus dogmatique (et imbécile). À mon humble avis, il s’agit de la voie normale pour ce type de parti politique, une fois rendu aux portes du pouvoir. Basé sur la seule personnalité de son chef et fondateur ainsi que d’une recherche vaine à démarquer une troisième voie sur la question nationale, l’ADQ a donc un sérieux problème d’identité qu’elle cherche à mieux définir, alors que son électorat s’est évaporé. Si son aspect le plus repoussant est mis de côté, c’est pour mieux se situer devant un électorat déçu de ses piètres performances comme Opposition officielle. Le maintien du programme, tel que le souhaitaient les Geloso et compagnie aurait été suicidaire.

Cette frange néolibérale est donc orpheline de son parti politique, à moins bien sûr qu’elle se réajuste au programme, malgré l’apport indésirable à leurs yeux de tous ces députés et militants ne partageant pas leur dogme du libre-marché omnipotent. Ça ne peut que me réjouir, devant la frustration de tous ces zigotos qui grenouillent pour ramener le Québec à l’ère de Duplessis, l’Église en moins mais l’IEDM en plus.

Révolte contre Dumont parmi la droite de l'ADQ

Québec -- Mario Dumont a renié ses positions de droite depuis qu'il est devenu chef de l'opposition. C'est ce que dénoncent des blogueurs «droitistes» qui ont milité et travaillé pour l'ADQ et avaient défendu ses positions sur le Web depuis 2005.

«Il existait autrefois un parti en faveur du libre-échange, de la libre-entreprise et de la libre-concurrence au Québec. Ces temps sont révolus...», écrit Vincent Geloso, un de ces blogueurs les plus connus.

«Je ne suis absolument plus un adéquiste et je n'ai pas honte de le dire. J'ai honte de dire que je l'ai été», pestait M. Geloso, 21 ans, lors d'un entretien téléphonique hier avec Le Devoir. Il se décrit comme un ancien «officier jeune» du parti. «Conseiller régional jeune» de la Montérégie en 2003, il a eu, à partir de l'année suivante et jusqu'à 2007, le titre de directeur des communications de la Commission des jeunes. En cette qualité, il a signé plusieurs communiqués de l'ancien président de la Commission des jeunes, Simon-Pierre Diamond, actuel député de Marguerite-d'Youville. M. Geloso avait été très actif sur Internet pendant la campagne de 2007 puisqu'il avait contribué à former la «Coalition des esprits libres», un regroupement de blogues de droite favorables à l'ADQ, sur le modèle des «Blogging Tories». M. Geloso avait travaillé à cette coalition avec Pierre Morin, alias «Mister P.», devenu par la suite chef de cabinet du vice-président adéquiste de l'Assemblée nationale, Marc Picard.

Depuis quelque temps, M. Geloso se dit ouvertement découragé par les positions de l'ADQ qui promeuvent l'interventionnisme de l'État et remettent en question le libre-échange. Le comble, selon cette vision des choses, c'est lorsque Mario Dumont, à la fin de mai, a réclamé du gouvernement une politique d'«achat local».

«Depuis le 26 mars 2007, tout a changé... L'ADQ est devenue le parti qui défend le protectionnisme, des dépenses accrues de l'État, rejetant l'idée de privatiser plusieurs organes de l'État, comme la Société des alcools, du dégel des droits de scolarité, des réglementations additionnelles sur le commerce, pour se jeter dans une orgie de subventions et de faveurs électorales.» La semaine dernière, M. Geloso a même ressorti un discours prononcé par Mario Dumont en 2001, qu'il dit être «digne de Frédéric Bastiat, de John Stuart Mill, de David Ricardo, de Richard Cobden, d'Adam Smith et de Milton Friedman», tous des penseurs du libéralisme, du néolibéralisme et des courants libertariens.

Dans un des derniers articles de son blogue («100 % libéralisé», vincent-geloso.blogspot.com), M. Geloso s'en prend au député adéquiste de Joliette, Pascal Beaupré. Ce dernier a, lors d'une allocution au Congrès des jeunes de l'ADQ, ouvertement pourfendu «tous les blogueurs» qui ont dénoncé les politiques d'achat local de l'ADQ. Le Devoir a tenté de joindre le jeune député de 25 ans hier. Mais au moment où nous avons entrepris nos démarches, le service des communications de l'ADQ nous a fait savoir que M. Beaupré était à l'aéroport, où il s'embarquait «incessamment» pour... Cuba.

D'autres blogueurs de droite ont des sentiments analogues à ceux de M. Geloso. Le 12 mai dernier, Bryan Breget, qui tient les blogues lavoiededroite.blogspot.com et suburbainlucide.net, écrivait: «j'ai été adéquiste, j'ai milité pour ce parti». M. Breget soutient qu'il ne le ferait plus aujourd'hui puisque «l'ADQ s'est transformée, s'est dénaturée. Passant d'un parti pro-marché de droite, il est maintenant un parti ultranationaliste, interventionniste et autoritaire». Un autre blogue de droite jadis plutôt favorable à l'ADQ, Antagoniste.net, dédiait récemment un extrait vidéo du penseur de l'École de Chicago Milton Friedman «à Pascal Beaupré et à sa bande de joyeux naufragés. Friedman a dû être déclaré persona non grata par Mario Dumont depuis que l'ADQ c'est gauchisée», écrivait-il.

Johanne Marcotte comprend

Aux yeux de Johanne Marcotte, qui a représenté l'ADQ au comité Castonguay sur le financement du système de santé et qui a travaillé en 2006 au cabinet de l'ADQ, la réaction des jeunes blogueurs est compréhensible. «De voir Mario Dumont prendre des positions de nationalisme économique, c'est effectivement surprenant», reconnaît celle qui a réalisé le documentaire L'Illusion tranquille, pamphlet contre le modèle québécois. «La sortie [de Mario Dumont] sur la caisse de dépôt, ça nous a extrêmement surpris», soutient-elle. En octobre 2007, M. Dumont, se disant inquiet de la vente de fleurons québécois à des intérêts étrangers, avait souhaité que la CDP intervienne. Sur la campagne d'achat local, Mme Marcotte croit que l'ADQ «ne fait pas suffisamment confiance» aux produits québécois, lesquels «vont réussir à se tailler une place par leurs qualités intrinsèques et non parce qu'ils sont aidés».

Bien qu'elles lui semblent justes, les critiques des blogueurs ne la conduisent pas à rompre avec le parti. L'afflux de nouveaux membres a changé la formation, estime-t-elle, et ceux-ci ne connaissent pas toujours «la culture» et les idées de la formation. «Ça viendra», dit-elle, confiante. À ses yeux, au sommet, de nouveaux conseillers ont aussi fait évoluer le discours. Une des influences est le nouveau président de la commission politique, Stéphane Le Bouyonnec, un ancien péquiste qui avait travaillé au projet Métaforia, centre de divertissement qui a fait faillite en 2001 en engloutissant une aide de 12 millions de dollars de la Société générale de financement. Mais tout compte fait, estime Mme Marcotte, le type de débat soulevé par les blogueurs est «sain» et démontre qu'il y a une vie à l'ADQ.

ADQ = Ligue du Nord?

Pour M. Geloso, actuellement stagiaire à Toronto pour le journal The National Post, le problème n'est pas que l'ADQ renie ses positions passées. «Le problème est plus profond que ça. C'est que ce parti n'en a jamais eu, de positions.» Il dit aussi qu'en tant que fils d'immigrant italien, il a été profondément insulté par les publicités électorales dans Bourget et Pointe-aux-Trembles, qui proposaient un «gel du seuil de l'immigration» comme solution au «déclin du français». Des pubs qu'il compare à celles d'Umberto Bossi, de la Ligue du Nord, en Italie, un parti hostile à l'immigration.

«Dire que j'ai déjà été membre de l'Action démocratique quand ce parti disait qu'il fallait déréglementer le marché du travail pour aider à l'intégration des immigrants et qu'il fallait reconnaître les acquis des immigrants, ou quand ce parti était rempli d'immigrants italiens, français, arabes, libanais ou hispanophones... [soupir] Existe-t-il encore des libéraux, des vrais, au Québec?», écrivait-il récemment sur son blogue.




Pascal Beaupré, posant en Roi du Bel Habit et Vincent Geloso, en poète maudit.

mardi, juin 24, 2008

Joyeuse Saint-Jean Baptiste, Fête nationale de tous les Québécois!

Après une fin de semaine mouvementée au festival Heavy MTL, qui avait lieu au parc Jean-Drapeau, me voici en congé (pour une fois, je travaillais habituellement cette journée chez Renaud-Bray…) le 24 juin, jour de la Saint-Jean, comme on se dit habituellement. Pour ceux de l’extérieur du Québec qui me lisent parfois, il s’agit de la journée de la Fête nationale du Québec. Le Québec n’est pas encore un pays, mais nous avons une longue tradition nous liant à cette journée. Cette année, nul doute que l’accent a été mis sous le signe de la diversité. Si je me fie à ceux que j’ai vu fêter cette année, la fête a pris tous les accents et toutes les couleurs, un signe des plus encourageants pour l’avenir de ma nation. Même le quartier chinois, habituellement peu préoccupée par cette journée, s’est paré du fleurdelisé. D’une certain manière, la fête de la diversité culturelle du Québec est un peu la suite de ce que j’ai vu dans le documentaire Global Metal la semaine dernière. Quand je vois des fans de métal partout à travers le monde, du Brésil au Japon, en passant par l’Inde, les Émirats Arabes Unis et la Chine, je me sens au sein d’une grande famille, autant diversifiée que la mienne au Québec.

Je m’en vais tout à l’heure fêter au Parc Maisonneuve. Je vous souhaite donc à vous tous une excellente fête du Québec!



jeudi, juin 19, 2008

Fin de semaine métal en vue…

Tout plein d’événements liés avec le métal s’annoncent! Ce soir, je vais aller voir le nouveau film des réalisateurs de Metal- A Headbangers’ Journey. Mon ami Pascal a obtenu des billets pour une avant-première du film, qui va apparaître sur les écrans la semaine prochaine. Cette fois-ci, le documentaire s’intéresse aux centaines de milliers de fans de métal à travers le monde et plus particulièrement ceux en dehors du monde occidental. D’après la bande-annonce, je sens que nous allons être grandement étonnés. Étant un fan de métal depuis l’âge de 13 ans, nul doute que je vais pourtant en apprendre beaucoup ce soir. Le titre du film est Global Metal.





Je viens de l’apprendre tout à l’heure… je vais être là toute la fin de semaine, pour l’événement Heavy MTL! Moi et Judyth, on en n’espérait pas autant, nous n’avions demandé que pour la première journée, avec Iron Maiden, du fait que les groupes que nous voulions voir sont à l’affiche pour la journée de samedi. Ouais… merci à notre patron! Je vais certainement revenir là-dessus.

mardi, juin 10, 2008

La F1: beurk!

Ce n’est pas d’hier, je n’ai jamais eu d’affection pour ce cirque médiatique appelé le Grand Prix de la Formule 1. En fait, non seulement j’en ai rien à foutre de cette course d’auto bruyante, la course elle-même me laisse froid, mais tout ce qui entoure cette période m’est antipathique. Cette année, c’est encore pire et il a fallu que ça me concerne un peu plus directement pour me faire détester l’événement.

Des semaines avant l’événement, on se fait remplir d’informations à ce sujet, surtout sous le thème de l’argent. On nous rappelle de tout côté l’importance des retombées, en nous ramenant les profits perdus lorsque la F1 a passé son tour, il y a quelques années. On rappelle en jouissant d’avance combien les amateurs de cette course vont laisser en argent. Déjà que le prix d’entrée pour voir des voitures faire leurs tours est loin d’être accessible pour le commun des Montréalais, le beau monde de la F1 dépense sans compter. Je devrais me réjouir? Pffrt! Ça fait dix ans que j’habite cette ville, je n’en vois jamais directement, des retombées. Même du temps où je travaillais à la défunte succursale de Renaud-Bray au centre-ville, on ne pouvait voir la différence dans nos chiffres. Bon, il est vrai qu’on était éloigné dans le domaine avec les livres, mais nos ventes d’objets ne connaissaient pas vraiment de hausse. Notre ancienne gérante, celle avec qui j’ai eu maille à partir pendant des années, manquait tellement de sens du commerce que nous étions le seul commerce de la rue Sainte-Catherine à n’avoir aucune décoration liée au Grand Prix dans la vitrine… bon, ça aurait dû faire mon affaire, mais tant qu’à travailler en ces beaux dimanches de juin…

La course elle-même est une débauche de dépense honteuse. Chaque voiture vaut environs trois à cinq millions de dollars, dépendamment de sa qualité et de ses performances. Une voiture de course, est-ce vraiment utile à quelque chose d’autre qu’être un bête panneau publicitaire? Outre la marque de la voiture, on doit bien retrouver une vingtaine de logos d’entreprises sur les voitures, les casques et les combinaisons des pilotes. Ce n’est rien d’exceptionnel dans le monde du sport, mais cette course fait preuve d’une surenchère assez dégoûtante. Au moins, quand on regarde le hockey, on oublie assez vite les publicités sur les bandes et on n’en retrouve pas encore sur les maillots des joueurs. Et que dire des dépenses sur la piste elle-même, sur les infrastructures du circuit Gilles-Villeneuve, sur les voitures, le gaspillage d’essence, etc.? Une honte, considérant les besoins immédiats qu’ont les rues de la métropole. Je sais, j’ignore si la ville a une quelconque autorité sur le circuit, mais quand même, quand on manque de se planter en vélo dans les nids-de-poule de nos rues (comme moi samedi, sur la rue Clarke…), on en vient rapidement frustré de l’intérêt porté envers le pavage réservé aux fous du volant.

Que dire de plus sur les fans de ce genre de course? Je les méprise! En fait, je me demande quels sont vraiment les amateurs de cet événement, tant on n’est plus certain de l’engouement réel des spectateurs pour la course. En effet, on n’aura jamais eu autant de m’as-tu-vus dans les rues du centre-ville, c’est à se demander si eux-mêmes sont là pour voir des véhicules tourner en rond. En particulier, il faudrait m’expliquer pourquoi nous retrouvons à cet événement des centaines de poupounes siliconées, vêtues comme des porn-stars ou des starlettes de revues à potins (en fait, dans certains, cas, il s’agit bien de porn-stars et de starlettes!). Une honte à la cause de l’égalité de la femme! Pas étonnant que le Conseil du statut de la femme s’inquiète de la dérive particulièrement imbécile de la publicité, où les modèles féminins sont cantonnés à des rôles dépassés et à suivre aveuglément ce qu’il appelle « l’idéologie de la séduction ». Ainsi, le cirque de la F1 devient le cirque du clinquant et du kitsch, entre la casquette rouge Ferrari et les mocassins Gucci, les talons hauts et les robes au ras du pompon, on se la joue entre faux experts de la course automobile et en vrais voyeurs et exhibitionnistes. J’imagine facilement les affaires d’or des agences d’escortes, cette fin de semaine, dans des conditions où l’honnête célibataire endurci se fait harceler par ces images fantasmatiques de jeunes femmes peu vêtues, ces « glamour-girls » accompagnant les équipes de commanditaires.




Deux anecdotes viennent compléter ma diatribe envers la F1. Je suis allé voir le spectacle de Kataklysm et Martyr, accompagné de ma chume Judyth, samedi soir au Medley. Le show n’a pas fini tellement tard, nous sommes allés profiter du temps chaud de cette soirée pour aller boire de la belle bière sur la terrasse des Foufounes Électriques. Après avoir dépassé la fermeture des lignes de métro, on s’est entendu pour prendre un taxi. Las! Avec cette nuit des M’as-tu-vus, il fallait s’y attendre : pas de taxi disponible! L’amateur réel ou figuré de la F1, prévoyant comme il se doit, laisse sa voiture à la maison. Bien souvent, celle-ci est très loin du centre-ville. Le temps d’un voyage vers les extrémités de l’île, c’est une voiture de moins pour les autres. Deux heures et quelque à attendre un taxi sur le bord d’une rue, à voir déambuler les M’as-tu-vus et les autres fausses starlettes avec toutes les difficultés du monde à marcher avec leurs beaux souliers à talon aiguille, ça n’aide pas à être tolérant envers cet événement…

L’autre anecdote, c’est arrivé chez moi. Prévoyant que le Piknik Électronique devait être déplacé quelque part sur le parc Jean-Drapeau, j’ai eu la mauvaise surprise d’apprendre, en vérifiant sur Internet, que le Piknik faisait relâche ce dimanche. Misère! Plus tard, en allant à l’épicerie, « un imbécile-né aux gros tires, au cul jacké »* a fait un assourdiaant départ en faisait crisser ses pneus, au coin de Ste-Catherine et St-Clément. N’allez pas me faire croire qu’il n’était pas sous l’influence du bruit provenant de l’Île-Sainte-Hélène!

La F1 rend con. Voilà.


*Je dois cette expression à une chanson de Plûme Latraverse, « Le Fermier Jean ».